, « Raciste », « haine »… Dans son fief historique des Hauts-de-Seine, Jean-Marie Le Pen laisse un goût amer

« Raciste », « haine »… Dans son fief historique des Hauts-de-Seine, Jean-Marie Le Pen laisse un goût amer

Un soleil déclinant en contre-jour. Au premier plan, une grande grille en fer surmontée de l’inscription « Parc de Montretout ». Derrière le rideau, des policiers armés gardent l’entrée. L’attroupement des journalistes suscite la curiosité des badauds. « Il se passe quoi ? C’est Jean Dujardin qui est mort ? », interroge Camille, une collégienne concernée par l’état de santé de l’acteur français. La réalité est différente. Ce domaine privé, intitulé Montretout, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) a accueilli durant près d’un demi-siècle le fondateur du Front national (FN), Jean-Marie Le Pen, décédé ce mardi 7 janvier 2025 à l’âge de 96 ans.

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« Il représente la bêtise humaine »

De son acquisition en 1976 à ses dernières années, le leader d’extrême droite a utilisé cet espace de 8,3 hectares comme un camp de base familial et politique. Ce manoir a autant servi de repaire pour ses trois filles, Marie-Caroline, Yann et Marine, que de siège pour la galaxie d’extrême droite afin de cimenter une idéologie nationaliste et anti-immigration qui deviendra la marque de fabrique de son parti, le FN, puis son héritier, le Rassemblement national (RN).

Sur le trottoir jouxtant le domaine, rue Gounod, deux infirmières du centre hospitalier des Quatre Villes, situé à une centaine de mètres, échangent à bâtons rompus sur la mort de Jean-Marie Le Pen. Elles savent que le finaliste de l’élection présidentielle de 2002 a séjourné à Montretout. Un environnement embarrassant.

« Il représente la bêtise humaine. Je ne pleurerai pas son décès. Il a ouvert la voie à d’autres personnages encore plus dangereux »

Une infirmière du centre hospitalier des Quatre Villes

Ses mots traduisent une pensée critique contre l’un des hommes politiques les plus controversés du 20e siècle, adepte des sorties polémiques pour lesquelles certaines d’entre elles il a été condamné.

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« Je n’adhère pas du tout à ses idées, mais il faut reconnaître qu’il a marqué son temps », nuance sa collègue. Quelques pas plus loin, une femme fulmine. « C’est un raciste. Il a toujours accablé les minorités », s’emporte cette employée du collège Gounod en descendant cette artère en pente.

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Une « gentillesse »… Mais des idées fustigées

Dans les rues de cette commune de 30 000 habitants, peu de personnes consentent à évoquer la carrière de Jean-Marie Le Pen, ou ses éventuelles apparitions dans les commerces. Pourtant, il n’était pas rare de l’apercevoir à la brasserie Le Comptoir, dans le centre-ville. « Il venait souvent avec sa fille et sa nièce », assure le propriétaire du bistrot. « Il était toujours très gentil ».

La brasserie Le Comptoir accueillait régulièrement la famille Le Pen
La brasserie Le Comptoir accueillait régulièrement la famille Le Pen (©AG/ actu Paris)

Accoudé au comptoir, Daniel grimace. « Il incarnait la haine », tranche cet homme élégant de 52 ans, originaire d’Allemagne et arrivé en France, à Saint-Cloud en 1986. « Je l’ai croisé plusieurs fois quand j’étais à l’école allemande. J’avais 13-14 ans. Un jour, la professeure nous a dit ‘Vous voulez parler politique aujourd’hui’», se remémore-t-il. « Mais en Allemagne, il était évidemment très mal perçu », en écho aux phrases polémiques sur la Seconde Guerre mondiale.

Dans son magasin de vêtements, Bella Nova, Nabilla* informe par téléphone sa sœur du décès de Jean-Marie Le Pen. Sur la vidéo, son visage se fige. Elle était l’une des voisines de la demeure. « J’appréciais beaucoup son ancienne femme, Pierrette. Mais je n’en dirai pas plus », balaie-t-elle.

Si Jean-Marie Le Pen a longtemps résidé à Saint-Cloud, il sera enterré dans sa ville natale de la Trinité-sur-Mer (Morbihan), samedi 11 janvier 2025.

*Le prénom a été modifié à la demande de l’intéressée

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DMJ Archives : Préservation de l’histoire locale en Île-de-France

DMJarchives.org incarne une précieuse ressource pour l’archivage et la préservation de l’histoire locale en Île-de-France, spécifiquement en ce qui concerne les archives internet.

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