
C’est le député Karl Olive, ancien maire de Poissy (Yvelines), qui avait remis le sujet sur la table. Le 22 mai 2025, lors d’une réunion publique d’information sur les travaux du tram 13, la maire Sandrine Berno Dos Santos avait annoncé que le bâtiment de l’ancienne gare Grande Ceinture serait détruit, car il se serait « révélé très dégradé et irrécupérable ». Le 14 octobre 2025, le parlementaire a relancé le débat, et même davantage.
L’élu du Palais Bourbon fait savoir sur les réseaux sociaux que sa destruction n’était, pour l’heure, plus d’actualité, lui qui a fait au passage de la sauvegarde de ce patrimoine un élément phare de sa campagne pour les élections municipales de 2026.
« Je suis très heureux d’annoncer que l’ancienne gare de la Grande Ceinture ne sera pas détruite comme cela fut envisagé ces derniers mois. […] Charge aux futurs élus de transiger. »
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Propriété de la SNCF
Le bâtiment de l’ancienne gare Grande Ceinture appartient à la SNCF. Il était question d’une vente à Île-de-France Mobilités pour en faire une zone de compensation écologique, en marge du chantier du tram 13. Contactée par 78 actu, la compagnie ferroviaire n’évoque plus de discussions aujourd’hui avec le syndicat des transports de la région francilienne.
« En raison des travaux de réalisation du T13 phase 2 et des travaux nécessaires à l’éventuelle réhabilitation du bâtiment, aucun projet n’est pour le moment prévu. Les échanges se poursuivent entre la mairie, SNCF Réseau et SNCF Gares & Connexions. »
Karl Olive, de son côté, en dévoile plus. « [L’ancienne gare Grande Ceinture] reste, pour l’instant, la propriété de la SNCF. Cela ouvre la possibilité pour la Ville de Poissy d’en faire l’acquisition et ainsi de préserver ce bâtiment à haute valeur patrimoniale. Je souhaite que les futurs élus puissent lui donner une véritable destination, à la hauteur de son histoire. »
Une gare inactive depuis 1943
Mise en service en 1882, cette branche de la ligne de la Grande Ceinture permettait de relier Versailles Chantier et Achères. La gare de Poissy Grande Ceinture se situait entre celles de Saint-Germain-en-Laye et d’Achères-Grand Cormier.
Depuis la destruction des deux ponts-rails à l’été 2025 dans le centre de Poissy, l’ancienne gare est l’un des derniers vestiges de cette ligne ferroviaire historique.
Vers la fin des années 1930, la municipalité a compris que le passage à niveau encombre la circulation du boulevard. Le service de voyageurs de cette branche de la Grande Ceinture cessera le 15 mai 1939. C’est finalement en 1943 qu’elle a définitivement fermé ses portes et a été laissée à l’abandon.
Une réhabilitation est-elle possible ou impossible ?
La municipalité actuellement aux affaires avait pensé à une réhabilitation du lieu. Cependant, après expertises, cette option lui est apparue impossible. « Les murs ne sont plus en état de supporter une quelconque rénovation, nous avouait la maire Sandrine Berno Dos Santos en juin 2025. Il y a plusieurs années, une proposition de reprise avait été envisagée, mais les négociations ont échoué notamment en raison du coût d’acquisition et du montant trop élevé des travaux (plus de 2 M€). »
Des propos qu’elle confirme aujourd’hui. Karl Olive, lui, semble moins définitif : « Quand on a voulu rénover la Maison de Fer (inaugurée en 2020), tout le monde disait que c’était impossible. Et on a démontré le contraire. »
« Certaines parties de l’ancienne gare devront être reconstruites, c’est sûr. Mais peut-être que d’autres pourront être réutilisées. Il nous faut un diagnostic précis. »
L’ancien maire s’attelle déjà, par ailleurs, à trouver « des aides institutionnelles » pour mettre en place « un système de financement et de cofinancement ».
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« Ce lieu mérite d’être utile aux Pisciacais »
L’avis des habitants sur le sujet est partagé. La plupart, à lire les réactions sur les réseaux sociaux, semblent apprécier la perspective d’une sauvegarde. « Une ancienne gare a souvent un charme architectural unique. La réhabiliter permet de préserver l’histoire du lieu », relève-t-on ainsi. « Ce lieu mérite d’être utile aux Pisciacais. Il est plaisant et à fort potentiel », souligne un autre. « Super nouvelle », peut-on noter également. Une pétition citoyenne allant dans ce sens avait été lancée en mai 2025. Elle cumule actuellement plus de 300 signatures.
D’autres Pisciacais émettent cependant quelques doutes : « Pourquoi garder un bâtiment en ruine ? », s’interroge ainsi celui-ci. « C’est une ruine… On rase pour éviter les accidents et les dealers, et on utilise l’argent pour quelque chose de plus utile, école, crèche… », réclame un autre.
« L’un des problèmes des monuments historiques après la restauration, c’est leur devenir et leur entretien. Que pouvons-nous faire de cet espace ? »
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Quel avenir ?
Si ce lieu n’est pas détruit, que va-t-il devenir ? C’est la question que tout le monde se pose. Karl Olive, s’il est élu en 2026, aimerait en faire un tiers-lieu. « Pourquoi pas un café, un espace pour les associations ou un lieu autour de l’environnement ? Quoi qu’il en soit, on réfléchira la chose avec les habitants », assure-t-il.
Il faudra auparavant qu’une vente se concrétise entre la SNCF – qui ne s’est pas exprimée sur le dossier – et la mairie, sachant que « la politique immobilière de l’entreprise est de vendre au prix du marché ».
« Nous sommes évidemment en discussion avec la SNCF, sans communiquer, sans attendre les élections pour s’y intéresser. Nous avons travaillé à un véritable projet pour le quartier. Mais les contraintes du bâtiment actuel ne sont peut-être pas en adéquation avec le projet. Tout est donc encore ouvert. »
« Ce n’est pas la posture qui m’intéresse, mais ce qu’on veut y faire »
« Ce n’est pas la posture qui m’intéresse, mais ce qu’on veut y faire, en l’inscrivant dans une vision ambitieuse et globale pour le quartier que nous avons déjà programmé : requalification de la rue de la Bruyère, du parking de la Charmille et enfouissement des réseaux aériens, faisant de cet axe central un lien entre la forêt et l’ancienne voie de chemin de fer », souligne la maire de Poissy.
« Cette dernière servira de compensation écologique et je souhaite que ces futurs aménagements soient ouverts aux riverains. Tout cela sera présenté lors d’une réunion de quartier dans quelques semaines, le 17 novembre », conclut l’édile.
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