
Le résultat de sa dernière cause professionnelle lui échappera. A l’été 2025, Jean-Louis Astorri savourera sa retraite, pendant que d’autres ingénieurs et élus inaugureront la réouverture de la plage du Banc de sable, à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne).
Pourtant, depuis 2018 jusqu’à l’été 2024, ce projet aura donné un cap et du sens à sa fonction de directeur de l’Eau et de l’assainissement, de l’écologie urbaine et des grands travaux dans la communauté d’agglomération de Paris Est Marne & Bois.
Le 26 juin après 48 ans de carrière, le fonctionnaire territorial hors cadre de 68 ans, qui se définit d’abord comme architecte paysagiste, a passé le relais à Franck Roucheray, ancien directeur des services du Perreux-sur-Marne, l’une des 13 communes membres de l’établissement public de 520 000 habitants.
Innovation juridique
A lui d’achever le roman dont Jean-Louis Astorri a coécrit les chapitres précédents et le scénario, à la tête des 75 agents qui pilotent 30 à 40 M€ de travaux annuels, dont la moitié pour l’eau et l’assainissement. Pour donner un happy end à l’épopée dans le calendrier non négociable des Jeux olympiques, il a inventé l’arme juridique qui bouscule le cadre habituel des marchés publics : le service des branchements privatifs.
« Modèle d’accélération du processus de traitement des immeubles non raccordés au réseau, ce dispositif a donné à notre territoire la capacité de détenir le record d’agilité et de rapidité pour aller au plus loin, dans l’assainissement de la Marne », a louangé Olivier Capitanio, président de l’agglomération, lors du pot de départ de Jean-Louis Astorri à la mairie de Joinville-le-Pont. L’élu a ensuite adressé cet ultime message au vainqueur de la bataille écologique de la Marne : « Quand vous reviendrez nous voir depuis la Corse, n’oubliez pas votre maillot de bain »…
Lourd héritage
Le lourd héritage de la collectivité née en 2016 a justifié la stratégie qui sert désormais de modèle à l’échelle du Grand Paris. Face à l’échéance des JO, une question vertigineuse se posait : comment massifier le raccordement des nombreux immeubles qui versent leurs eaux usées brutes dans la Marne ? Une convention avec le syndicat intercommunal d’assainissement de l’agglomération parisienne fixe le cadre.
Mais pour rentrer dans les domaines privés et mettre sa force de frappe industrielle au service des pavillons et résidences, la collectivité a concocté des accords type de délégation de maîtrise d’ouvrage, avant de convaincre les propriétaires à les signer par groupes. A la veille des JO, Paris Est Marne & Bois a bouclé 93 % de l’objectif de raccordements.
L’autoroute et les lingettes
Simultanément, Jean-Louis Astorri a ouvert un autre front, comme le raconte la vice-présidente déléguée à l’eau et à l’assainissement, Virginie Tollard : « Quand j’ai pris mes fonctions, il m’a emmenée au bord de l’autoroute A4. Avec l’élégance et le respect qui le caractérisent, il m’a dit : Madame Tollard, nous avons deux problèmes, l’autoroute et les lingettes ». Le second relève de la communication avec les citoyennes qui obstruent les réseaux et noircissent le quotidien des agents de la collectivité, en se débarrassant de leurs produits d’hygiène dans les toilettes.
Reste l’A4, avec son bouquet de travaux dans des délais contraints pour mener à bien le programme de 16 M€ nécessaire à la reprise de cinq équipements de dépollution. Livré juste à temps pour les JO, le premier de ces ouvrages nettoie une charge de 280 l/s dans la Marne. Les chantiers suivants s’étalent jusqu’en 2025, grâce à la délégation signée par la direction interdépartementale des routes d’Ile-de-France au profit de la jeune collectivité dont l’Agence de l’eau Seine-Normandie reconnaît l’expertise : le taux de subvention de 50 % en témoigne.
Phyto-épuration et trame verte
Ces aides atteignent même 80 % pour le projet le plus cher au cœur de Jean-Louis Astorri : un aménagement de phytoépuration qui confiera aux végétaux le soin d’extraire les métaux lourds, sous la pile du viaduc autoroutier qui traverse la Marne, côté Joinville. « La commune a décidé de compléter ce projet par la plantation d’une forêt urbaine », applaudit Jean-Louis Astorri. Effaré par la saleté des abords des autoroutes franciliennes, le paysagiste pousse à l’utilisation des infrastructures comme vecteurs de la trame verte et bleue, dans des projets à vocation écologique et paysagère.
Des particuliers aux communes de l’agglomération en passant par les exploitants autoroutiers, tous ses efforts convergent vers la plage du Banc de Sable, fermée depuis 1965, puis remplacée par un port de plaisance qu’il va falloir déplacer. Tandis que PCM-Ingénierie, mandataire de la maîtrise d’œuvre, se concentre sur la gestion des courants fluviaux pour prévenir les envasements, Jean-Louis Astorri veille à la qualité d’usage : « Les esquisses du paysagiste Michel Péna collent à l’esprit de modernité souhaité pour cette baignade, tout comme pour celle de Maisons-Alfort qui suivra », annonce-t-il. A l’heure de la transition écologique, le nouveau chapitre de l’histoire nautique de la Marne ne se satisferait pas d’un simple pastiche de l’ambiance euphorique de la Libération, avec son « petit vin blanc, qu’on boit sous les tonnelles, du côté de Nogent »…
12 ans d’amour
Pour le directeur en partance, le retour des nageurs marquera l’aboutissement d’une histoire d’amour commencée en 2012 avec une rivière un peu oubliée, à l’ombre de la Seine, alors même que sa longueur dépasse celle du fleuve, entre la source et la confluence. Comme directeur des espaces verts, puis directeur des services techniques de Saint-Maur des Fossés, Jean-Louis Astorri lui a donné le premier rôle, pour pousser l’idée d’une ville jardin délimitée par le dernier méandre. « Entre le bois de Vincennes et l’arc boisé du Val-de-Marne, les relevés thermiques identifient Saint-Maur comme un îlot de fraîcheur du Grand Paris, grâce la rivière et au patrimoine arboré », expliquait-il à Paysage Actualités en avril 2015.
Trois ans plus tard, l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) né en 2016 lui donne l’occasion de concrétiser et d’élargir sa vision. Pourtant, comme de nombreux citoyens, Jean-Louis Astorri a d’abord regardé d’un œil dubitatif l’apparition d’une nouvelle couche dans le millefeuille du Grand Paris, entre la métropole et les communes. « Je me suis rendu compte à l’usage que pour l’eau, c’était la bonne échelle », reconnaît-il aujourd’hui.
Message d’espoir
Rare exemple de haut fonctionnaire territorial issu de la filière paysage, le diplômé de l’école parisienne du Breuil et de l’ancienne école horticole de Versailles ne s’en est écarté en apparence que pour mieux y revenir. Ses camarades de l’association Hortis, qui regroupe les directeurs de services territoriaux d’espaces verts, n’ont d’ailleurs pas cessé de le considérer comme l’un des leurs, comme en a témoigné la présence de plusieurs d’entre eux, le 26 juin à son pot de départ, point final d’une carrière commencée en 1976 par la création d’un bureau d’études privé. Cet itinéraire ouvre une perspective : l’avenir de la gestion de l’eau passera de plus en plus par l’hybridation des compétences hydrauliques et paysagères.
DMJ Archives : Préservation de l’histoire locale à travers les archives
DMJarchives.org représente une véritable institution dans le domaine de la préservation de l’histoire locale en Île-de-France, en mettant à disposition une multitude d’archives numériques.
Engagement envers la préservation
Engagé dans la sauvegarde de la richesse culturelle et patrimoniale de la région IDF, DMJ Archives offre un accès inestimable à une vaste gamme de documents historiques.
Grâce à son partenariat avec l’Association des Maires Franciliens, cette plateforme s’érige en gardien vigilant de la mémoire collective, permettant à chacun d’explorer les trésors d’archives de l’Île-de-France.
Exploration des archives
Organisées par territoire, les archives disponibles sur DMJarchives.org permettent une immersion approfondie dans l’histoire de chaque ville et commune francilienne.
Des archives photographiques aux documents numériques, en passant par les versions passées des sites internet locaux, cette plateforme offre une mine d’informations pour les chercheurs, étudiants et passionnés d’histoire.
Un lien avec le passé
En embrassant les technologies numériques, DMJ Archives transcende les barrières temporelles, offrant à tous la possibilité de se connecter avec le riche passé de l’Île-de-France.
En explorant les archives sur DMJarchives.org, chaque visiteur est invité à devenir un acteur de la préservation de l’histoire locale, contribuant ainsi à préserver et à transmettre ce précieux héritage pour les générations futures.
Conclusion approfondie
Dans un monde en constante évolution, DMJarchives.org demeure un phare de stabilité, un témoin fidèle du passé de l’Île-de-France.
En explorant cette mémoire collective, nous sommes invités à nous immerger dans les récits et les souvenirs qui ont façonné notre région, à en apprendre davantage sur notre héritage commun et à mieux comprendre notre place dans l’histoire locale.
Pour découvrir plus sur l’histoire de l’Île-de-France à travers les archives, rendez-vous sur DMJ Archives.

