
Elle est de nouveau au centre de l’attention depuis sa mise en vente il y a quelques semaines. Construite au XIXe siècle par ArjoWiggins, ancienne papeterie située au cœur du hameau ouvrier du Marais à Jouy-sur-Morin, la Chapelle du Marais ne cesse d’alimenter les débats. Vendue dans un premier temps avec l’ensemble des bâtiments de l’ancienne papeterie, la Chapelle a été rachetée seule il y a quelques années. Son propriétaire actuel souhaite néanmoins à son tour s’en séparer. Une nouvelle vente qui interroge forcément du côté des habitants de ce petit village de Seine-et-Marne.
À lire aussi
Un morceau du patrimoine du village
« J’aime me balader et m’arrêter devant pour la contempler, j’aurais aimé la connaître ouverte », lance Mélanie habitante du village avant de commenter sa potentielle vente. « Je trouve cela très triste, car le peu de patrimoine qu’on a sur cette commune part un par un. » Comme pour de nombreux habitants du secteur, cette chapelle représente en effet une partie du patrimoine jouyssien. « Je l’ai visitée quand j’étais enfant ou ado, je ne me souviens plus vraiment. Le papa d’une amie qui était cadre chez Arjo avait récupéré les clefs et nous l’avait ouverte car, avec sa fille, nous nous posions des questions sur cette chapelle », témoigne quant à elle Maud.
Comme elles, plusieurs habitants ou anciens habitants du village n’ont pas tardé à réagir à cette future vente. Cette dernière pourrait néanmoins donner un nouvel élan à un édifice pour le moins laissé à l’abandon depuis quelques années. « Depuis 2003, nous n’avons fait que jouer les gardiens pour empêcher que les gamins n’entrent dedans pour casser », expliquent Philippe et Marie-France, voisins de la chapelle. « C’est malheureux, elle s’abîme, se détériore. Plus on attendra et plus la nature va reprendre ses droits. Nous, ça nous embêterait qu’elle disparaisse. »
Si elle a, depuis peu, été retirée des sites de vente, cette chapelle n’est vraisemblablement pas vouée à disparaître. Les contours du permis de construire installé sur la devanture en disent d’ailleurs un peu plus sur l’avenir qui lui est promis. « Là, c’est un projet d’habitation insolite qui est prévu. Le permis de construire respecte parfaitement les règles d’urbanisme, je n’avais pas de raison de le refuser », affirme Michael Rousseau, maire de la ville, avant d’évoquer à son tour ses souvenirs liés à cette chapelle. « Elle a une histoire, elle fait partie de l’histoire de Jouy-sur-Morin. Des messes étaient notamment délocalisées dans cette chapelle. J’ai même une histoire personnelle de famille qui s’est déroulée dans cette chapelle. »
Pas de préemption en vue
Et alors que l’édifice, mis en vente à 265 000 euros, pourrait prochainement devenir un logement atypique, certains habitants semblent regretter cette destinée. « Cela me désole de voir notre patrimoine culturel devenir une maison », poursuit Maud alors que les plans de transformation prévoient de préserver l’identité extérieure de la chapelle. « En faire un lieu d’habitation, je trouve cela déplacé mais cela reste mon avis personnel », lance à son tour Mélanie, quand, a minima sur les réseaux, plusieurs personnes reprochent à l’ancienne municipalité d’avoir laissé ArjoWiggins vendre cette chapelle à un promoteur immobilier.
Le maire actuel est lui aussi du même avis. « Nous n’aurions jamais dû accepter ça à l’époque. La vente de l’ensemble des bâtiments d’ArjoWiggins était fixée à environ 300 000 euros. La municipalité en place avait le pouvoir de préempter », regrette le premier édile de la ville.
Directement pointé du doigt, l’ancien maire, Luc Neirynck, est loin d’être du même avis. « On m’accuse de ne pas avoir empêché la vente. Comment faire pour empêcher une vente entre particuliers ? Le seul moyen c’est la préemption. Ce n’était pas possible car nous avions d’autres projets prioritaires. Et il faut un projet pour préempter », avance-t-il tout en balayant notamment les rumeurs de démolition présentes sur les réseaux sociaux. « On va bien voir aujourd’hui si M. Rousseau préempte la vente. En tout cas, s’il le fait, qu’il ne fasse pas comme pour la gare », prévient-il alors que la gare est aujourd’hui laissée à l’abandon. « À l’époque, Arjo rapportait plus de 200 000 euros de taxes et d’impôts divers à la commune. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Donc si c’était compliqué avant, ça l’est d’autant plus aujourd’hui. Pas sûr qu’on me soutienne si je souhaite préempter aujourd’hui », conclut le maire pour qui la préemption n’est pas du tout envisageable.
Et si le sort de la chapelle devrait bientôt être scellé, Michael Rousseau assure garder un œil ouvert sur une potentielle vente du reste de la friche de l’ancienne papeterie. Cette dernière n’est, pour l’heure, pas d’actualité.
Contacté, le propriétaire de la chapelle n’a pas souhaité s’exprimer.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.
En conclusion, DMJarchives.org incarne une véritable bibliothèque virtuelle de l’histoire locale en Île-de-France, offrant un accès inestimable à une multitude de trésors d’archives numériques. Grâce à son engagement à préserver la richesse culturelle et patrimoniale de la région, DMJ Archives comble les lacunes laissées par les documents historiques disparus. L’organisation méthodique des archives par territoire permet une exploration approfondie de l’histoire de chaque ville et commune. De la reconstitution des sites internet locaux à la compilation d’une photothèque exhaustive, en passant par la mise à disposition de documents variés, DMJarchives.org constitue une ressource inestimable pour les chercheurs, les étudiants et les habitants de la région francilienne. En somme, en offrant un accès facile et organisé à ces archives numériques, DMJarchives.org joue un rôle crucial dans la préservation et la diffusion de la mémoire collective de l’Île-de-France. Explorez cette riche plateforme pour plonger dans l’histoire fascinante de chaque territoire, et découvrez ainsi les trésors cachés de la région à travers les âges.

