, Val-d’Oise : mystère et indignation après la découverte de stèles de soldats de 14-18 abandonnées dans l’Oise

Val-d’Oise : mystère et indignation après la découverte de stèles de soldats de 14-18 abandonnées dans l’Oise

Mystère sur les berges de l’Oise. Sur la rive gauche de la rivière, à hauteur de la zone d’activités de la rue Saint-Roch, à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), deux stèles funéraires de soldats morts pour la France durant la Première Guerre mondiale gisent à demi immergées.

Des pierres abandonnées là depuis plusieurs années et utilisées comme simple remblai.

Émotion et indignation

Cette découverte a suscité l’émotion et l’indignation de Xavier Renou, élu d’opposition (Dvg), lors du dernier conseil municipal, jeudi 22 janvier 2026.

À l’occasion d’une question diverse, l’intéressé, également candidat aux prochaines élections municipales, a interpellé la majorité, dénonçant une situation qu’il juge choquante.

Il a été rejoint par son collègue minoritaire Pierre Foirest, qui affirme, lui, avoir alerté la municipalité sur la présence de ces stèles… il y a déjà trois ans.

Comment ces pierres ont-elles pu se retrouver sur les berges de l’Oise ? Et surtout, où reposent les corps de ces Poilus dont les noms sont gravés dans la pierre ?

Deux identités ont pu être établies : Alphonse Lefèvre pour l’une des stèles, Leroux pour l’autre.

Pas de traces

Henri Alphonse Lefèvre est né à Beaumont-sur-Oise en 1878. Il est décédé le 7 octobre 1916 à Châtillon-sur-Marne (Marne), des suites d’une maladie contractée au front. Il avait 38 ans.

Son nom figure sur le monument aux morts de la commune, place Guy-Môquet. Pourtant, aucune trace formelle de sa sépulture n’a pu être retrouvée.

« Selon mes recherches, le soldat Lefèvre n’est pas enterré à Beaumont mais au prieuré de Binson, dans la Marne, avance Xavier Renou. Il n’a pas eu de descendant direct, mais nous avons retrouvé son arrière-petit-neveu, qui vit aujourd’hui à Chambly et nous a fourni plusieurs informations sur son aïeul. »

Cas énigmatique

Le cas du soldat Leroux semble tout aussi énigmatique. Des éléments ont pu être recoupés grâce au site Mémoire des hommes du ministère des Armées.

Il s’appelait Jean Marceau Leroux, était né en 1897 à Rethel (Ardennes) et a été tué à l’ennemi le 5 avril 1918 à Thory, dans la Somme. Il n’avait que 20 ans.

Son acte de décès a été transmis à la mairie de Beaumont-sur-Oise le 1er juillet 1918. Lui aussi figure sur le monument aux morts communal.

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Selon le site Mémoire des hommes, le soldat Lefèvre est mort en 1916, d’une maladie contractée au front. ©Mémoire des hommes

Durant la Première Guerre mondiale, de nombreux soldats morts pour la France étaient inhumés provisoirement près des champs de bataille.

Après le conflit, leurs corps ont parfois été regroupés dans de grandes nécropoles nationales ou des ossuaires, comme à Verdun.

Faute de rapatriement, certaines communes ont érigé des stèles symboliques – des cénotaphes – afin d’honorer leurs enfants disparus.

Ces soldats morts pour la France sont identifiés, mais aucune source ne permet, à ce stade, de localiser leurs sépultures.

Marlène Herlem, adjointe au maire déléguée à la culture

Au lendemain du conseil municipal, les deux pierres ont été récupérées par les services techniques et mises à l’abri. Pour la municipalité, un long travail de recherches débute.

« Nous sommes en contact avec les associations d’anciens combattants, qui regrettent comme nous que cette affaire prenne une tournure polémique à l’approche des élections municipales, confie Marlène Herlem, adjointe au maire déléguée au patrimoine. Ces soldats morts pour la France sont identifiés, mais aucune source ne permet, à ce stade, de localiser leurs sépultures. C’est un véritable travail de fourmi. Nous sommes au tout début d’une recherche longue et fastidieuse. »

L’élue assure également réfléchir à une mise en valeur future de ces stèles. « Nous devons rendre un hommage à la hauteur du sacrifice de ces hommes », affirme-t-elle.

Carré militaire

Ancien maire de Beaumont-sur-Oise de 1989 à 2014, Fabrice Millereau avance une hypothèse pour expliquer la présence de ces pierres sur les berges de l’Oise.

« Durant mes mandats, très peu de concessions d’anciens combattants ont été reprises. En revanche, sous le mandat de Nathalie Groux (maire de Beaumont de 2014 à 2020, Ndlr), de nombreuses tombes ont été récupérées lors de la création du carré militaire, analyse l’ex-édile. Il est possible que des entreprises peu scrupuleuses, chargées de la reprise des concessions, aient jeté certaines stèles dans l’Oise. Si ces soldats ne figurent pas dans le carré militaire, ils devraient être dans l’ossuaire. « 

Retour des corps

Une thèse que réfute Xavier Renou : « Il n’existe aucune trace du retour des corps à Beaumont, et selon le témoignage d’un ancien Beaumontois, ces pierres sont présentes depuis au moins cinquante ans. Leur dépôt est donc antérieur au mandat de Nathalie Groux. Cette situation est profondément choquante. Une pierre est symbolique, mais celles-ci portent les noms de soldats morts pour la France. »

Plus d’un siècle après la fin de la Grande Guerre, ces stèles oubliées rappellent combien la mémoire des soldats morts pour la France demeure fragile.

Au-delà du mystère de leur présence sur les berges de l’Oise se pose une question essentielle  : comment honorer dignement ceux dont il ne reste parfois qu’un nom gravé dans la pierre ?

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