
Du vert et des logements. « Construire ensemble le front de Seine », tel est le vœu affiché par la mairie d’Argenteuil (Val-d’Oise) depuis l’abandon en juillet 2024 du projet Cap Héloïse/Promenades d’Argenteuil.
Ce programme, annoncé par le maire en 2016, consistait à raser la salle des fêtes Jean-Vilar et à construire un multiplexe de neuf salles, une salle de spectacles de mille places assises, 150 logements, des commerces, des restaurants, soit 40 000 mètres carrés de construction. Pendant huit ans, le comité Jean-Vilar s’y est opposé avec des Argenteuillais et d’autres associations.
« Nous voulons la plus grande écoute possible »
Mais huit ans plus tard, ce projet, qu’il avait pourtant défendu bec et ongles, n’était plus, selon le maire (Lr) d’Argenteuil, Georges Mothron. Place à la concertation pour un nouveau projet.
Après celle de janvier dernier, une nouvelle réunion publique était organisée le 24 juin dans l’auditorium de l’hôtel de ville au sujet de l’avenir du front de Seine, qui part de l’îlot Héloïse jusqu’au pôle gare.
Questionnaire en ligne, balade urbaine, ateliers divers et variés : « Nous voulons la plus grande écoute possible », a insisté Georges Mothron.
« Il s’agit de co-construire un projet comme on l’a fait avec l’avenue Gabriel-Péri », a insisté Camille Gicquel, adjointe (Lr) à l’urbanisme.
La Ville entend aujourd’hui, dans la continuité du parc des Berges, faire de l’île Héloïse « un poumon vert » et « renforcer la vocation familiale, ludique et sportive du site ».
« Possible extension verte de la Plataneraie »
La mairie l’avait annoncé dans son communiqué annonçant l’abandon de Cap Héloïse. La Seine pour Horizon évoquait la « possible extension verte de la Plataneraie vers l’est sur l’île Héloïse », avec l’idée, dans la foulée du réaménagement de l’avenue Gabriel-Péri, de « créer un noyau vert en cœur de ville ». Des logements étaient prévus côté gare.
Un montage photo de l’agence Michel Desvigne Paysage montre une île Héloïse verte, de la Plataneraie au pont. Le marché Héloïse et le stade Alain-Mimoun sont conservés et un rond figure à la place des salles Jean-Vilar/Pierre-Dux. Camille Gicquel parle d’une destination « événementielle » pour cette île avec « des activités de loisirs ».
Durant la phase de concertation, « on nous a cité l’île Marante (à Colombes, Ndlr) », a noté Marine Boisset, de l’agence Ville ouverte, qui mène la concertation pour la Ville. Selon Cyril Berard, de l’agence Ville ouverte, il ressort des entretiens le souhait d’un cheminement d’est en ouest permettant de parcourir l’île à pied dans la continuité de la plataneraie. Ils veulent aussi un « lien direct à la Seine ».
Déplacer le conservatoire
Boulevard Héloïse, le conservatoire à rayonnement départemental devra être déplacé, mais le bâtiment doit « conserver sa vocation culturelle ».
L’ancien hôtel de ville, pourrait, c’est une piste, accueillir le musée d’Argenteuil, auparavant dans l’ex-hôtel Dieu, occupé par le Musée sauvage. La phase trois du programme vise à développer une nouvelle offre de logements. L’argent étant le nerf de la guerre, le projet doit être « soutenable financièrement ».
Les logements, « c’est ce qui finance le projet »
Et les logements, « c’est ce qui finance le projet ». Ils sont envisagés derrière la sous-préfecture, « au plus proche de la gare ». Le bâtiment précédemment occupé par des gendarmes, géré par AB habitat, pourrait être rasé et reconstruit ailleurs, tout comme le foyer Adoma. L’ensemble de ces pistes donnera lieu à des études techniques aboutissant à une décision politique. Les décisions finales devraient être annoncées lors d’une réunion publique le 15 octobre.
L’avenir de la salle Jean-Vilar reste incertain
Que va devenir la salle Jean-Vilar ? Le sujet a été » très discuté » lors des consultations, affirme l’agence Ville ouverte.
» La décision n’est pas prise. Nous avons besoin d’une infrastructure qui nous permette d’assurer des spectacles de qualité, ce qui n’était plus possible avec la salle Jean-Vilar en raison de contraintes techniques « , a expliqué Georges Mothron.
» On est très attachés à cette salle mais on n’est pas fermés à une évolution. Pour nous convaincre qu’il faut la détruire, il nous faudrait une étude. On peut la faire évoluer sans faire un Zénith, ça coûterait peut-être moins que la reconstruire « , a souligné Jean-Christophe Solard, cofondateur et animateur du comité Jean-Vilar.
Georges Mothron lui a fait la promesse de lancer à ce sujet » un chiffrage sérieux « .
Le comité Jean-Vilar reste vigilant
« Après huit années de lutte et de mobilisation avec l’aide des Argenteuillais, nous sommes venus à bout de l’entêtement du maire d’Argenteuil et avons obtenu l’abandon du projet Fiminco (…) Naturellement, le comité s’interroge sur ce que va proposer la municipalité. C’est la raison pour laquelle nous avons participé à toutes les réunions de concertation proposées par le maire aux Argenteuillais. Aucun compte-rendu promis par les animateurs aux participants n’a été donné. Au cours de ces réunions, la démolition de la salle Jean-Vilar n’a jamais été proposée. La proposition d’une réhabilitation a été unanime avec possibilité d’extension par des cafés. Pourquoi le sort de la salle Jean-Vilar fait-il encore débat ? La construction réfléchie de cette salle en 1970 a permis qu’elle ne soit jamais inondée. Nous nous félicitons qu’enfin le maire d’Argenteuil se soit engagé lors de cette réunion à lancer une étude technique sur ce que coûterait la réhabilitation des salles Jean-Vilar et Pierre-Dux. Le comité a toujours souhaité garder, pour le site Jean-Vilar, sa fonction de culture, de loisirs, de lien social en accueillant les associations dans une salle communale. »
Quid des berges ?
Concernant l’idée de renouer le lien avec la Seine, la Ville souligne que les choses évoluent dans le bon sens, « comme on a pu le voir lors de la fête du 1er mai » avec la réfection d’une partie du chemin de halage. Georges Mothron a annoncé la signature d’une convention entre la Ville d’Argenteuil, Fayolle et Haropa pour récupérer une bande près du fleuve, « d’environ 10 mètres, sécurisée, [qui] pourra être réempruntée », par les vélos et les piétons en venant d’Épinay, jusqu’alors » privatisée » par le port à sable. Soit plus 6 000 mètres carrés en tout.
RD311 : une partie en boulevard urbain ?
En lien avec le Département, reste aussi le projet de la transformation d’une (petite) partie de la RD311 en « boulevard urbain ». La Ville a obtenu du Département le débouché direct et non plus en baïonnette, du boulevard du Général-de-Gaulle sur la départementale et jusqu’au rond-point de la sous-préfecture, une piste cyclable.
Une première étape. « Cela a été long car il y a eu des effets contraires, mais c’est phasé et budgété », assure le maire.
« Nous avons l’écrit du Département », a complété le 1er adjoint Xavier Péricat.
Des liaisons piétonnières doivent permettre de traverser la deux fois deux voies.
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