
Une révolution. L’an prochain, le spectacle historique de Meaux va complètement changer. Celui qui est né en 1982 et qui est joué par une grosse équipe entièrement bénévole, se tient d’habitude dans la cour de la cathédrale. Mais comme des travaux de réfection importants vont commencer l’an prochain, il fallait trouver une solution de repli.
« Il est hors de question de supprimer le spectacle historique », prévient Jean-François Copé (LR), le maire de Meaux. Mais comment faire ? « Il a fallu imaginer un nouveau concept qui mobilisera les 424 figurants bénévoles. Le spectacle intitulé Meaux remonte le temps sera décomposé en plusieurs parties immersives ».
Puisque le spectacle ne pourra plus se tenir dans la cour de la Cité épiscopale, alors il va déménager, investissant chaque week-end un nouvel espace. Et ce sera l’occasion pour les habitants, à chaque fin de semaine, de changer d’époque. Fini le spectacle qui embrasse à chaque représentation l’entièreté de l’Histoire. Désormais, ce sera un week-end, une époque.
Les représentations s’égrèneront du 30 mai au 4 juillet 2026. Le premier rendez-vous sera consacré au Moyen Âge et se déploiera dans le jardin Bossuet, dans la cité épiscopale. Ce sera une plongée totale avec, par exemple, des initiations à l’artisanat médiéval.
La séquence suivante, dans le même parc, sera consacrée au Grand Siècle. N’oublions pas qu’une des très grandes plumes du règne de Louis XIV était justement Jacques-Bénigne Bossuet, évêque à Meaux. Raison pour laquelle le jardin porte son nom.
On change de lieu et d’époque pour la séquence suivante, le 14 juin. Direction le parc du Pâtis pour se plonger dans la Belle Époque. Les deux derniers épisodes de ce spectacle historique diffracté seront consacrés à une fresque de l’Antiquité à la Seconde Guerre mondiale avec 300 reconstituteurs, au jardin des Trinitaires, et à l’époque du disco sur la place Henri-IV transformée en piste de danse.
Le maire prévient, les différents épisodes « ne seront pas juste des petites animations déguisées. Ce sera un gros truc ! Il y aura un vrai travail d’écriture. »
Directeur général adjoint en charge de la Culture, du Tourisme, des Événements, de la Jeunesse et des Sports, Pierre Corbel complète le panorama : « Sur chaque week-end, il y aura des temps forts. Par exemple, il y aura l’élection du roi des fous, comme au Moyen Âge. Et un grand bal masqué se tiendra dans le jardin Bossuet pour le week-end du Grand Siècle. »
« Nous serons immergés au milieu du public »
Cette profonde modification du spectacle historique n’est pas du goût de tout le monde. Ainsi André Moukhine-Fortier, élu d’opposition au conseil municipal de Meaux, sur sa page Facebook, aurait « préféré que le spectacle historique se poursuive sous sa forme actuelle afin de maintenir la dynamique de groupe et la périodicité ». Et d’ajouter : « Le jardin des Trinitaires, avec la Marne en miroir ou le Mémorial américain, à côté du Musée de la Grande Guerre sont deux sites faciles d’accès qui auraient pu accueillir le spectacle durant toute la durée des travaux ».
Bénévole depuis quatre ans au sein du spectacle, Stéphane Portal, 62 ans, a été « très agréablement surpris » par cette annonce. « Je ne m’attendais pas à cette nouvelle formule. C’est une excellente remise en question. » Même si cet acteur amateur comprend les réactions des détracteurs, il reçoit avec enthousiasme cette nouvelle formule où les comédiens « seront immergés au milieu du public ».
Les travaux de rénovation de la Cité épiscopale, qui sont à l’origine de ce grand chambardement, font l’objet d’un contrat entre l’État et la Région et s’élèvent à 12,5 millions d’euros et se termineront en 2030. Le palais épiscopal, classé aux Monuments historiques, et qui héberge l’actuel Musée Bossuet, sera totalement rénové et repensé.
Les remparts seront consolidés et la cour de la cathédrale refaite. « Ce sont des travaux lourds », commente Pierre Corbel. Une seconde phase, pour le moment hypothétique et qui ne pourra de toute façon pas démarrer avant les élections municipales de 2026, consistera à refaire tout le chemin sur les remparts.
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