, Seine-Saint-Denis: le maire insoumis Bally Bagayoko élu à la présidence d’une puissante intercommunalité face au maire socialiste Karim Bouamrane

Seine-Saint-Denis: le maire insoumis Bally Bagayoko élu à la présidence d’une puissante intercommunalité face au maire socialiste Karim Bouamrane

, Seine-Saint-Denis: le maire insoumis Bally Bagayoko élu à la présidence d’une puissante intercommunalité face au maire socialiste Karim Bouamrane

Un mois après avoir ravi la mairie de Saint-Denis au PS, l’insoumis Bally Bagayoko a été élu ce mardi 21 avril à la tête d’une des premières intercommunalités de la région parisienne, que lui contestait l’édile socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane.

À l’issue d’une séance d’installation assez tendue, au siège de Plaine Commune, à Saint-Denis, les conseillers territoriaux ont élu Bally Bagayoko, avec une majorité de 46 voix sur 79 suffrages exprimés.

32 sont allées à Karim Bouamrane et une à la communiste Sofia Boutrih (pas candidate).

« Je ne concours pas à devenir président insoumis »

À la tête de la deuxième plus grande ville d’Île-de-France après Paris, Bally Bagayoko présidera donc également un puissant outil d’aménagement urbain. C’est une première pour le parti auquel il appartient, La France insoumise.

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« Je ne concours pas à devenir président insoumis », mais le président d’une coopérative de villes, a insisté Bally Bagayoko dans son discours de candidat, applaudi par des soutiens qui ont ensuite parfois hué son rival, Karim Bouamrane, et d’autres discours.

À la veille du vote, Karim Bouamrane s’était porté candidat en sonnant l’alarme: une fois Bally Bagayoko élu, il disait redouter que le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon « préempte » cet outil pour en faire « une caisse de résonance » de sa candidature à la présidentielle de 2027. Il avait menacé, lundi, de retirer plus de 26 millions d’euros de contributions financières de sa ville si Bally Bagayoko présidait l’instance.

« Saint-Ouen a sa place dans l’EPT »

Les deux rivaux ont cependant esquissé un rapprochement mardi soir, juste après l’élection.

« Bien sûr chacun des maires sera respecté », « Saint-Ouen a sa place dans l’EPT (établissement public territorial), j’entends les inquiétudes », a publiquement déclaré Bally Bagayoko, avant d’inviter Karim Bouamrane à une rencontre pour travailler ensemble, lui qui quelques heures plus tôt était remonté contre son rival qu’il avait indirectement traité de « lâche » ou « d’irresponsable ».

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Karim Bouamrane l’a finalement remercié pour sa « main tendue sincère », tout en réclamant « le respect ».

Plaine Commune est l’un des établissements publics territoriaux créés il y a dix ans dans le périmètre de la métropole du Grand Paris. Il emploie plus de 2.200 agents pour un territoire de plus de 450.000 habitants.

Réagissant à l’élection auprès de l’AFP, le député LFI Éric Coquerel a estimé: « c’est important de montrer qu’on peut diriger un cadre collectif et transpartisan, pour ceux qui veulent nous marginaliser ».

Bally Bagayoko succède à la tête de Plaine Commune au socialiste Mathieu Hanotin, maire de sortant de Saint-Denis, qu’il a battu aux municipales dès le premier tour.

Des décisions « assez fermes en direction de l’État »

Outre la mastodonte Saint-Denis-Pierrefitte aux 150.000 habitants, l’établissement englobe six autres villes de Seine-Saint-Denis dirigées par des maires de gauche (fraîchement élus à Aubervilliers et La Courneuve, ou réélus à Saint-Ouen-sur-Seine, Stains, Villetaneuse, L’Île-Saint-Denis) et une septième dirigée par un édile de droite, Épinay-sur-Seine.

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Bally Bagayoko a fait valoir que sa candidature avait « reçu le soutien d’un nombre important » de ces maires ayant eu « le courage d’assumer une ligne politique sans jamais trembler ».

Il faisait allusion aux nouveaux maires d’Aubervilliers, Sofienne Karroumi (DVG), et de La Courneuve Aly Diouara (LFI), ainsi qu’à deux édiles réélus: le maire écologiste de l’Ile-Saint-Denis, Mohamed Gnabaly, et le dirigeant communiste de Stains, Azzedine Taïbi.

Bally Bagayoko a déjà annoncé que l’établissement public territorial prendrait des décisions « assez fermes en direction de l’État ». Il souhaite en faire « un outil politique mais dans l’intérêt des habitants du territoire », citant prioritairement les questions de l’eau, du service public, de l’aménagement du territoire, en rejetant « une logique de divisions entre différents quartiers et différentes villes ».

La séance avait débuté par une déclaration du président sortant Mathieu Hanotin, vantant son bilan. Le socialiste a évoqué en particulier l’action « contre l’urgence climatique, « une politique de lutte contre l’habitat indigne exemplaire », ou les « 14 projets de renouvellement urbain » à poursuivre, avant d’invoquer le nécessaire « esprit de compromis » devant animer ce collectif…

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Aly Diouara s’est lui chargé de porter l’estocade contre le bilan de Mathieu Hanotin, qu’il a estimé « désastreux » notamment en matière de logement social, l’accusant aussi d’avoir « opposé » les communes.

Des maires de différentes étiquettes ont déploré le climat parfois tendu de la séance. « Il ne faut pas huer les gens », a souligné Mohamed Gnabaly, qui soutenait la candidature de Bally Bagayoko mais a remercié Mathieu Hanotin pour « le bon travail » fait ensemble.

Article original publié sur BFMTV.com

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