Du parc animalier de l’Emprunt à Souppes-sur-Loing (Seine-et-Marne) qui faisait la joie des enfants, il ne reste plus grand chose. Le panneau d’accueil, défraîchi, affichant les sponsors est encore debout, tout comme le petit cabanon de la billetterie de l’époque. En entrant, on devine les anciens enclos, et un panneau qui ne date pas d’hier annonce l’ouverture « partielle » du site, tout en annonçant qu’il allait bientôt s’agrandir. S’il n’était pas ouvert au public, le site pourrait même faire le bonheur des amateurs d’Urbex (exploration de lieux abandonnés NDLR). Les seuls animaux encore présents sont les chats, nourris par les riverains. Ici, il y a presque 10 ans, le Parc de l’Emprunt était un petit bout de paradis, entre ferme pédagogique et mini zoo, dans un cadre de verdure, avec ses sources, son plan d’eau et son petit château. Aujourd’hui, il offre un spectacle plutôt triste.
Le déclin a commencé un funeste jeudi 1er juin 2016. La crue exceptionnelle du Loing transforme le parc en piège mortel. Si 70 animaux ont pu être sauvés par les agents municipaux et les pompiers, de nombreux cadavres d’ânes, de biches et de sangliers sont emportés par le courant. Ce drame marque la fin du parc animalier tel qu’il existait.
En 2018, un espoir de renaissance naît avec le » Parc médiéval des Sources « . Porté par des bénévoles, le projet propose tir à l’arc et ateliers de forge. Mais la dynamique est brisée net par la pandémie de Covid-19. Après l’annulation de grands événements comme le Festi Viking, le site ferme définitivement ses portes en 2022, désormais transformé en lieu de promenade.
C’était un gros truc qui nous est tombé dessus
Depuis, le parc est donc ouvert aux habitants, entretenu « a minima » par les employés municipaux. On y trouve une petite aire de jeux et un potager pédagogique pour les enfants.
Pour le maire sortant, Pierre Babut, qui a décidé de ne pas se représenter, la réouverture d’un espace animalier était devenue irréalisable. » C’était un gros truc qui nous est tombé dessus puisque la remise en état nécessitait, avec les normes, de doubler les clôtures, d’avoir un véhicule spécial, une bétaillère », explique-t-il.

Au-delà de l’équipement, c’est le coût humain qui a pesé dans la balance. Selon l’élu, le projet exigeait » un personnel en plus qualifié. Ce n’était plus dans les moyens de la commune ».
Un audit avant un « parcours santé »
Jean-Michel Capelle, candidat aux municipales et successeur désigné, prône aujourd’hui la prudence avant toute relance d’envergure : » On veut faire un audit sur tous les services de la commune avant d’annoncer les grands projets », nous répond-il.
L’histoire agitée d’un « petit paradis »
À l’origine simple parc communal, le site devient sous l’impulsion de Victor Prudhomme, vétérinaire et maire, un refuge pour animaux blessés. Étendu sur 6 hectares au pied des vestiges du Boulay, ce « petit bout de paradis » a compté jusqu’à 400 pensionnaires : sangliers et biches y côtoyaient lamas, rennes et autruches.
Mais le destin du parc bascule à cause des aléas climatiques. Éprouvé par des tornades en 2004 et 2008, le site est terrassé par la crue de juin 2016. Malgré le sauvetage héroïque de 70 bêtes, dont la jument Santana, plus de 100 animaux périssent noyés. Ce traumatisme signe la fin du zoo. La parenthèse du « Parc médiéval » (2018-2022), portée par des bénévoles, ne survivra pas à la crise du Covid-19, laissant aujourd’hui le site à l’abandon. Aujourd’hui, le petit château « La villa des sources », qui peut accueillir des groupes sur deux étages et 44 couchages, est indiqué comme « temporairement indisponible » sur le site de la mairie.
Si sa liste affiche des » ambitions », les projets concrets restent à définir. Une certitude toutefois : le retour des animaux n’est pas à l’ordre du jour. L’idée forte serait plutôt de transformer l’espace en » parcours santé « . Le probable futur maire souligne la nécessité de faire des choix budgétaires : « On ne pourra pas tout faire. Il y a des choses dont on se sépare et d’autres sur lesquelles il faudra investir ». Le parc de l’Emprunt, rebaptisé « parc des sources », en fera-t-il partie ? Dix ans après le drame, la page n’est pas totalement tournée.
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