Mercredi 3 juillet, matinée ordinaire sur la place du Marché, à Coulommiers. Entre les stands de fromage, les marchands de légumes et autres vendeurs de fripes, ça papote gentiment. Parmi les badauds, « l’enfant du pays », comme ils disent. Il est peut-être ministre, côtoie les plus hauts dirigeants, Franck Riester (Ensemble pour la République) n’en reste pas moins « ce gamin aux chaussettes de foot trop grandes pour son âge », dixit son ancien entraîneur qui l’a connu « quand il était même pas haut comme ça (parenthèse, il était bien meilleur au basket qu’au football (rires)) »
Son fief
Le candidat aux élections législatives anticipées est ici chez lui. Coulommiers, c’est son fief, sa ville, depuis toujours. Alors, forcément, entre gens du cru, pas de chichi. Ça se tape la bise, ça se tape l’épaule, ça s’accolade. « Tiens, bonjour, comment tu vas ? ». Et bien sûr, ça se tutoie.
Rien d’étonnant pour le prétendant au siège de député. « Quand on a grandi dans une ville, qu’on a été le maire pendant 9 ans, qu’on est élu depuis 1995 au conseil municipal et député depuis 2007, on connait les gens, commente-t-il. Être un homme politique, c’est aussi ça, c’est être enraciné dans un territoire, l’aimer, aimer les gens qui y habitent et défendre des projets. »
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Columérien depuis la culotte courte, Franck Riester a marqué l’esprit de ses professeurs. À commencer par Bernadette Bouché, son institutrice de CM1/CM2 à l’école Charles-de-Gaulle. « C’était un très bon élève, se rappelle cette enseignante aujourd’hui à la retraite. Quand il a été nommé ministre, bien qu’il avait la tête dans les étoiles, il a su garder les pieds sur terre. Il a su rester simple, comme le lui ont inculqué ses parents. »
Bernard Pontier, son professeur d’anglais au lycée Jules-Ferry aussi garde le souvenir d’un « élève curieux de tout, intéressé par l’Histoire et les civilisations ». « C’est quelqu’un de bien, j’espère qu’on va le garder. »
Franck Riester est proche des gens
Pourtant ici aussi l’extrême droite gagne du terrain. Dans cette commune, le rassemblement national arrive même en tête au premier tour du scrutin du 30 juin dernier avec 38,27 % contre 32,61 % pour Franck Riester. Un écart qui se creuse sur l’ensemble de la circonscription avec un RN qui monte à 41,77 % contre 31,43 % pour le ministre.
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Si le Nouveau Front Populaire a décidé de se retirer et d’appeler à voter contre l’extrême droite, le duel est loin d’être gagné d’avance pour l’enfant du pays. Et ça, il en a bien conscience. Alors, l’équipe sortante vient serrer quelques pinces, tenter de convaincre. « – Salut chef, la forme ? – Ça va, je compte sur toi dimanche, hein ?! – Bien sûr ! J’espère que ça va bien se passer. »
Et une administrée de l’interpeller : « – Samedi soir, tu vas avoir les oreilles qui sifflent, je pars à Saint-Malo pour faire la fête avec quelqu’un que tu connais. – Benjamin ? Nooon ! Quel comique celui-là. Tu lui feras une bise pour moi. Attends, on va lui envoyer une petite photo…. » Séquence selfie, hashtag sourire colgate.
Ambiance bon enfant donc. Chacun y va de son anecdote familiale. Untel était maçon pour la famille Riester. On se souvient des croque-monsieur que « Frankie » venait déguster avec sa mère à la brasserie de la rue du Marché. « C’est moi qui t’ai appris à lasser tes chaussures », se remémore même une connaissance de longue date.
Mais alors, si beaucoup ici semblent apprécier le duo que forme Franck Riester avec Patricia Lemoine (l’actuelle députée et candidate suppléante), certains même « au-delà des clivages politiques », que se passe-t-il dans le secret de l’isoloir ? Plébiscité sur le terrain, pourquoi le ministre a-t-il été relégué à la seconde position lors du premier tour ?
« Le territoire compte 54 communes, si on me connaît bien à Coulommiers, ailleurs, on me connaît moins, commente le ministre. Alors, je vais aussi à la rencontre de ces populations pour montrer mon engagement sincère. » Et puis, certains observent cette montée de l’extrême droite comme un vote sanction.
Deux visions de la vie
« Il fait les frais de la politique d’Emmanuel Macron, c’est clairement un vote de rejet, constate Marc. Je trouve ça injuste par rapport à son travail de terrain. Franck et moi, on se connait depuis toujours quasiment, j’ai connu son grand-père quand j’étais petit. Franck est proche des gens alors que la personne du rassemblement national, personne ne la connaît ! »
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Une analyse partagée par 39 maires du coin qui affichent leur soutien. Et pas que des maires d’ailleurs : Vincent Eblé, Jean-François Parigi… S’il y en a un que le résultat du 1er tour a profondément marqué, c’est Jean Bardet, adjoint au maire de Coulommiers, chargé de la culture. À quatre jours du verdict, celui-ci suffoque dans un sentiment d’injustice. « Si l’on vient vers lui pour lui faire part d’une difficulté rencontrée lors d’un déplacement, il écoute vraiment la personne qui s’adresse à lui et il sait à quelle rue, à quelle place précises elle fait référence. Il a presque la même familiarité dans les autres villes de sa circonscription, raconte l’élu. N’est-ce pas ce qui compte par-dessus tout pour nous, cette proximité avec un territoire et ses habitants ? Face à lui, un candidat parisien, hors sol, au sens propre, qui découvre un département où il ne met les pieds que pour des raisons électoralistes, profitant des rejets d’une politique nationale, mais sans attaches, avec ce pays que nous aimons. »

Pour Jean Bardet, il ne faut oublier « ni les racines, ni les valeurs ».
Et de poursuivre ; « c’est le véritable cadre de ce 2e tour : la confrontation de deux visions radicalement différentes de la vie, de l’espèce humaine. On entend dire souvent qu’ » on n’a pas essayé » le RN, oubliant trop vite ce que des partis ou des mouvements, proches de ce qu’il est, ont déjà donné à vivre, à subir, par le passé. Face à une idéologie clivante qui désigne certains autres comme des coupables, des ennemis, il semble important de faire le choix d’un candidat qui a le goût et le sens du dialogue, de l’échange, qui prône l’ouverture aux différences et non le repli. Il saura tenir compte des avertissements du 1er tour car c’est dans son ADN d’être attentif à ce que ressentent ses concitoyens. »
Front républicain
Alors Franck Riester le répète à qui veut bien l’entendre. Lui, député, il sera ra-ssem-bleur ! Car le candidat veut être digne du geste de Laurie Caenbergs, candidate de gauche qui s’est rapidement évincée.
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« Le fait qu’il y ait un désistement clair et qu’elle dise qu’elle votera pour moi, c’est important, souligne t-il. Tout va dépendre de la mobilisation de la gauche pour faire barrage au RN. J’ai conscience que c’est difficile quand on a des convictions différentes et qu’on a voté NFP, mais on se retrouve sur la République avec ces électeurs. » Et de rappeler : « ce n’est pas une alliance, il n’y a a pas de compromission, juste une candidate qui, avec un collectif de gens qui la soutiennent, ont pris la décision de se retirer. Ce n’est pas simple pour eux. Et, pour moi, c’est être à la hauteur de ce rassemblement. Je me mobilise aussi pour eux face à ce candidat parachuté du RN qui repartira quoi qu’il arrive à Paris, qu’il soit élu ou battu et qui n’a pas honte de se réclamer du Gaullisme alors que le Général de Gaulle a toujours combattu l’extrême droite. »
Les sympathisants de Franck Riester dénoncent « des promesses faciles du rassemblement national, séduisantes mais irréalisables et menant économiquement à la catastrophe », particulièrement pour les petits retraités et les épargnants. Mais ici, chacun sait que la bataille s’annonce rude. Alors le candidat à la députation reste concentré.
« L’affaire n’est pas faite mais la victoire est possible si on est tous mobilisés, conclut-il. Je respecte les gens, je ne trie pas les gens en fonction de leur nationalité, de leur histoire personnelle. Chaque député qui n’est pas du RN c’est autant de risque en moins que d’avoir une majorité d’extrême droite à l’Assemblée. Je vais faire campagne jusqu’au bout. Après les habitants trancheront entre deux regards sur la République, sur des valeurs différentes, sur une éthique d’engagement différente et surtout, une vison de la société. »
Franck Riester en quelques dates
3 janvier 1974 : naissance à Paris
1995 : conseiller municipal de Coulommiers
2007 : député de la 5e circonscription de Seine-et-Marne
2008 : maire de Coulommiers
2008-2009 : rapporteur des lois Hadopi
2013 : président de la communauté d’agglomération Coulommiers Pays de Brie
2018 : ministre de la Culture
2020 : ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité
2022 : ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement
2024 : ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité, de la Francophonie et des Français de l’étranger
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