Une église Saint-Jean-Baptiste de Nemours (Seine-et-Marne) en travaux, sauvée des eaux… Le plus important a été assuré, avec l’important chantier de restauration extérieure commencé il y a plusieurs années. Le clocher, les façades et les toitures sont l’objet d’un vaste chantier en plusieurs phases. Mais déjà se dessine une autre étape, encore plus ambitieuse : la rénovation intérieure.
L’histoire de cette renaissance avait pourtant mal commencé, avec une église sous l’eau en 2016 à cause des inondations historiques, alors que le chantier allait commencer : « On a perdu une petite année, reconnaît la maire Valérie Lacroute. Il a fallu faire venir des experts, les assurances, pour bien séparer les dégâts causés par les inondations et les réparations que nous avions entamées ».
Des millions à trouver
La première phase, engagée en 2018, a permis de consolider la structure et de sécuriser les maçonneries. La deuxième, en cours, concerne principalement les façades et le clocher. Le coût global de cette opération se chiffre à plus de 3 millions d’euros pour cette tranche, financée par l’État, la Région, le Département, la Fondation du patrimoine, la Ville de Nemours et l’association de sauvegarde. Cette dernière a déjà collecté 80 000 euros en treize ans, preuve de l’attachement des habitants à leur église.

Saviez-vous que l’église de Nemours abrite deux joyaux ?
L’orgue
Le premier est son orgue, construit en 1653 et classé monument historique. Restauré au fil du temps, il a retrouvé son état du XVIIIe siècle et reste aujourd’hui l’un des plus précieux instruments du département. » C’est un stradivarius de l’époque, intact, dans son état du XVIe siècle « , explique Fernando Giraldo, président de l’association Musique et Orgue. » On a fêté en 2023 les 370 ans de l’orgue, c’est l’un des plus anciens de France « , rappelle Valérie Lacroute.
Concerts et événements permettent régulièrement de mettre en valeur cette pièce unique, chouchoutée par l’association et son organiste Pippa Schonbeck.
La Piéta
Autre chef-d’œuvre : La Piéta de Justin-Chrysostome Sanson. Réalisée en 1869, cette sculpture en pierre, présentée dans le déambulatoire, exprime la douleur de la Vierge tenant son fils après la crucifixion.
Récompensée à plusieurs reprises au XIXe siècle, elle demeure l’une des œuvres les plus significatives de l’artiste nemourien, grand prix de Rome.
Il existerait quelques rares copies de cette oeuvre, dont l’originale est à Nemours.
« L’église Saint-Jean-Baptiste est une composante essentielle de notre identité. Elle est au cœur de la ville et constitue un repère patrimonial et touristique majeur », a rappelé la maire Valérie Lacroute lors du point d’étape organisé en présence du préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory, mais aussi de Florence Portelli, vice-présidente chargée de la culture, du Patrimoine à la Région, de Daisy Luczak, vice présidente du Département de Seine-et-Marne, et du père Frédéric Desquilbet.
Un chantier exemplaire
Le préfet en profitait pour saluer « l’importance d’un chantier exemplaire qui associe l’ensemble des partenaires ».
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Pour autant, le défi est loin d’être terminé, avec une échéance redoutée : celle de la restauration intérieure. Les voûtes présentent de fortes altérations, les peintures murales se sont dégradées, et le mobilier liturgique nécessite une remise en état complète, tout comme une grande partie des vitraux. Ces interventions seront beaucoup plus lourdes et coûteuses que celles menées jusqu’à présent. La maire l’a souligné : « L’intérieur reste à traiter, et ce sera encore plus complexe à financer ».

Au-delà de l’effort technique, la question financière pèse en effet de tout son poids. Pour l’intérieur, il faudra convaincre à nouveau l’ensemble des partenaires publics, mais aussi chercher des fonds privés et des mécènes. Le budget de la prochaine phase sera tranché par l’équipe qui sera aux commandes de la ville après les futures élections municipales, mais il est déjà question de plusieurs millions d’euros supplémentaires.
Le défi ne sera pas seulement architectural. Il sera avant tout financier.
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