Trégrom, un mardi d’été. Le Sud de la France transpire. Dans le Trégor rural, il commence juste à faire chaud. Non loin du bourg, une petite route parfois herbue plonge vers le Léguer. La Plage, cul-de-sac, prévient le panneau. C’est là qu’on file. Il est 15 h et déjà une dizaine de véhicules stationnent sur le parking enherbé. Des cris s’échappent. On s’amuse en contrebas. Marie débarque avec son minibus et une palanquée de gamins de Louargat. « Ici, c’est plus rapide (que la plage, la « vraie », NDLR). Vu qu’il faisait beau, on a changé le programme ». Il faut dire que « crêpes party au local », quand il fait chaud, c’est pas l’idéal. « Y’a rarement du monde, ajoute Marie. On peut mettre la musique ».
La Plage de Trégrom n’est pas qu’un endroit pour la baignade mais un lieu-dit indiqué sur les panneaux de circulation. (Le Télégramme/Jérôme Bouin)
Une courte marche nous emmène au bord du Léguer. La plage, c’est là. Un espace enherbé encore, au bord du Léguer. Pas de surveillant de baignade. Attention donc. Des tables de pique-nique, un coin toilettes et même une petite exposition qui rappelle l’histoire du pont de chemin de fer qui enjambe le Léguer plus loin. Ici, explique la mairie, on a filmé une scène de La bataille du rail : le déraillement d’un train allemand au cours de la Seconde guerre mondiale. L’occasion de rappeler le rôle des résistants locaux pendant le conflit.
Trégrom, la plage. Sur place, une exposition photos réalisée par la commune. (Le Télégramme/Jérôme Bouin)
« Ils voulaient aller à la mer mais on avait la flemme »
Revenons au bord de l’eau. Christiane est venue de Bégard avec ses petits-enfants. « Ils voulaient aller à la mer. Mais on avait la flemme, on ira un autre jour. On avait un petit créneau. C’est sympa non ? ». Difficile de la contredire, le cadre est verdoyant, l’eau plutôt claire. Sa qualité ? « Je leur ai promis une bonne douche », sourit la retraitée.
Le maire de la commune n’a, lui, pas de crainte. L’eau potable du secteur est d’ailleurs pompée un peu en amont. Elle est bonne ? « Jacques, est-ce que l’eau est chaude ? », demande Christiane à son mari. L’intéressé hésite. « À peu près pareil » que la mer. « Allez sous le tunnel conseille Christiane, c’est une sensation ».
Le bout du tunnel, sous le pont de chemin de fer, dégage une jolie vue sur le Léguer. (Le Télégramme/Jérôme Bouin)
Au bord du Léguer, un sentier longe en effet la rivière et s’enfonce sous l’ouvrage. Les plus grands sont invités à baisser la tête. Et tous les autres à éviter les quelques flaques d’eau. Au débouché, le tableau est idyllique. Un retraité de Vieux-Marché nous confie qu’il vient ici pour la première fois. On fait demi-tour.
Camille, vacancière de Seine-et-Marne, peine à s’immerger. « En termes de comparaison, nous lance-t-elle, c’est comme mon congélo ». Allons Camille, il ne faut pas exagérer ! Pourquoi choisir ce lieu quand, comme elle, on séjourne à Plestin-les-Grèves ? « Parce que j’aime les rivières ». OK. Et parce qu’on a déjà fait la mer deux jours, complète sa maman. « Une fois qu’on est dedans, c’est bien », se ravise sa fille.
Les joies de l’eau, à l’ombre et dans une eau peu profonde. (Le Télégramme/Jérôme Bouin)
La plage de Trégrom peut vite être prise d’assaut, confie le maire, Jean-François Le Bras. « Jusqu’à 150 personnes dès qu’il fait chaud ». Avec, ponctuellement, quelques débordements. Fin juillet, ses services ont découvert du verre brisé après le probable passage d’un groupe de fêtards. « Mais ça n’arrive qu’une fois par an environ », relativise l’édile.
De notre côté, pas question de partir sans mettre au moins les pieds dans l’eau. D’ailleurs, on conseille de s’équiper de souliers adaptés pour éviter les glissades. L’eau est effectivement fraîche. Mais le cadre est délicieux.
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