, Pourquoi l’installation d’une supérette enflamme le débat politique dans cette ville de Seine-et-Marne

Pourquoi l’installation d’une supérette enflamme le débat politique dans cette ville de Seine-et-Marne

, Pourquoi l’installation d’une supérette enflamme le débat politique dans cette ville de Seine-et-Marne

Un sujet agite en ce moment le débat public à Pomponne, en Seine-et-Marne. Il s’agit du projet mené par la municipalité d’Arnaud Brunet, rue de Paris. La mairie souhaite en effet créer un local dans lequel elle installera une supérette.
Abordé en réunion publique le 27 novembre dernier, le débat autour a vite fait monter le ton entre l’opposition et la majorité. « Vous voulez régler vos comptes ? Allons-y », s’est agacé le conseiller municipal d’opposition Christophe Prudhomme. « Votre tract est mensonger ! », s’est indigné le maire en retour accusant l’opposition d’avoir « planté » le projet. Pourtant, sur le fond… les deux groupes sont d’accord.

« On n’est pas opposés à l’installation d’un commerce », pose Hervé Guise, désormais candidat pour la liste  » Agir et réussir ensemble  » qui réunit les listes d’opposition. « On s’oppose à son financement par des fonds publics. Si l’installation est rentable, pourquoi un privé n’investit pas lui-même ? Pourquoi est-ce à la commune de porter le risque ? N’y a-t-il pas des projets plus utiles aux Pomponnais à financer ? », interroge-t-il.

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De son côté, le maire défend son projet mordicus : « Il y a des tas de villes qui récupèrent des locaux en pied d’immeuble pour maîtriser ce qui s’y installe. Il n’y a pas de commerce à Pomponne et tout le monde s’accorde pour le demander, alors pourquoi nous empêcher de le faire ? S’ils veulent décourager les investisseurs, bravo, c’est gagné ! », s’agace-t-il.

Débat de coût

Mais le projet, ici, est un peu différent. Il s’agit de créer un local de toutes pièces pour démarrer le projet « cœur de ville », promis par la majorité. Toute la polémique a grossi autour du chiffrage. Dans un tract, les deux listes d’opposition d’Hervé Guise et de Christophe Prudhomme évoquent 700 000 €. « Il y a 620 000 € fléchés dans le projet Cœur de ville, où il n’y a que ce projet de mentionné. Il faut aussi ajouter les 46 000 € d’études et c’est sans compter les 12 000 € – au bas mot – déjà dépensés pour aménager les lieux pour stocker les bennes à déchets et tous les coûts indirects », explique le premier.

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Une estimation contestée par Arnaud Brunet qui a détaillé pendant la réunion : « Aujourd’hui, l’estimation est de 500 000 €, avec 50 000 € d’études. Vu qu’on récupérera la TVA, on est plutôt à 475 000 €». D’après lui, la location du commerce pourrait même rembourser la quasi-totalité de la dépense. « Vu les ristournes promises sur les loyers, ça risque d’être long. Sans compter que CocciMaket, l’enseigne évoquée, semble avoir la manie de fermer au bout de deux ans… », souffle l’opposition. « Au pire, on reste propriétaires du bâtiment et on en fait ce qu’on veut. De toute façon, la commune a le budget pour financer seule », réplique Arnaud Brunet.

Une question de légalité ?

Ses opposants questionnent par ailleurs la légalité même du projet : d’après eux, la désignation indiquée sur le permis de construire – la réalisation d’un bâtiment « d’intérêt collectif » – n’est pas conforme. « Dans le Code de l’urbanisme, une activité commerciale ne rentre pas dans cette catégorie. » C’est pour cela qu’elle a formulé un recours gracieux. « Rien ne va : la désignation n’est pas la bonne, la parcelle désignée n’est pas la bonne, il n’y a pas d’étude de marché… Et rien n’est transparent. On nous dit que le projet a émergé lors d’une marche exploratoire début avril alors que le permis a été déposé le 27 mars et dans un compte rendu le 5 avril, on nous parle déjà de CocciMarket. Tout cela est cousu de fil blanc », pointe Hervé Guise.

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Interrogé sur le déroulement et la désignation du local, le maire assume. « Rapprocher un commerce, c’est rendre service. Nous, on a fait de la démocratie participative, on a interrogé les habitants. Bien sûr, l’idée d’un commerce avait été anticipée, on a travaillé sur cette hypothèse pour être sûr qu’elle était viable. Elle l’est : avec le parking et 7 000 véhicules jours qui passent. On l’a proposée et elle a été validée », réplique Arnaud Brunet. Donc oui, le permis avait été déposé en avant avec un intitulé large pour « couvrir toutes les hypothèses » et oui, il faudra changer la destination. « Ça n’en est pas moins légal. » « C’était surtout pour aller plus vite dans l’instruction… », souffle Hervé Guise.

L’ombre des municipales

Quant à l’enseigne ? « Je ne sais pas quand CocciMaket a été mentionné. En tous les cas, on a été approché par plusieurs, dont un qui s’était engagé. Mais peu importe puisque le projet est planté à cause du recours ! », s’énerve le maire qui n’y voit qu’une tactique électorale pour « empêcher un bon projet d’avancer » quand l’opposition le soupçonne d’avoir voulu aller vite… en vue de la campagne.

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