Le Plessis-Robinson : quartier après quartier, le maire chamboule la ville

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Le 10 juillet dernier, une convention a été signée entre l’Etat, la Ville du Plessis-Robinson et l’OPH Hauts-de-Seine Habitat pour acter le projet de rénovation urbaine du secteur du Plateau. Constitué des quartiers Albert-Thomas et Joliot-Curie, il compte 1 557 logements construits dans les années 1950 et 1960 sur 24,8 ha et qui seront tous démolis. L’enquête sociale en cours a déjà reçu plus de 1 000 réponses. « La grande majorité des habitants est favorable à ce plan, il y a une attente très forte, assure le maire Philippe Pemezec (LR). Je suis fils d’ouvrier et mon objectif est de donner à ces ménages modestes dont je suis issu une qualité de vie qu’ils n’avaient pas quand j’ai été élu en 1989. » A l’époque, la commune comptait 72 % de logements sociaux contre 34 % aujourd’hui sans aucune suppression. Les nouvelles constructions ont fait tripler la densité, avec deux logements privés finançant un social. « C’est une politique continue depuis trente-cinq ans de renouvellement de la ville sur elle-même. Ces quartiers monofonctionnels ont vécu, il faut une mixité sociale et fonctionnelle », explique Yann Chevalier, directeur général de Hauts-de-Seine Habitat. Le bailleur et l’élu reprochent également aux immeubles du Plateau, en R + 3 et R + 4, leur faible isolation thermique et phonique, l’absence d’ascenseurs et le stationnement des voitures à leur pied.

Réserves sur l’artificialisation des sols

L’ancien préfet des Hauts-de-Seine Laurent Hottiaux, qui a été remplacé en octobre 2024 par Alexandre Brugère, avait émis des réserves sur la révision du PLU, face à une densification importante de la commune avec une trop forte artificialisation des sols. Il rappelait qu’une réhabilitation est généralement plus vertueuse écologiquement. Pour le représentant de l’Etat, la qualité du grand ensemble Albert-Thomas venait de l’emprise au sol très limitée du bâti (18 % de l’ensemble du terrain) pour une densité moyenne, la double exposition des logements, la grande place laissée à la pleine terre et la végétation diffuse, la perméabilité de la forme urbaine accessible au public (cheminements, espaces verts, jardins partagés).

« La démolition est un acte fondateur », martèle, de son côté, Philippe Pemezec, qui assimile les opérations de transformation de l’existant à du « bricolage ». Le maire balaie d’ailleurs d’un revers de main l’impact carbone considérable qu’induit son choix. Yann Chevalier justifie, quant à lui, les nouvelles constructions par les importants bassins d’emploi dans les communes avoisinantes et la présence du tramway T10, le Plateau s’étendant le long de la ligne : « Nous favorisons le rapprochement emploi-logements. En limitant les déplacements, le bilan carbone et la qualité de vie s’en trouvent améliorés. »

« La démolition est un acte fondateur », martèle le maire qui assimile la transformation de l’existant à du « bricolage »

Plan-guide à venir

A l’issue d’un groupement de commandes, la Ville et le bailleur ont désigné l’agence Arcas pour mener une étude urbaine avec un plan-guide, puis des fiches de lots. Les architectes envisagés ont déjà signé ici des constructions néoclassiques, néo-haussmanniennes ou néo-normandes : Marc et Nada Breitman, Jean-Christophe Paul, Xavier Bohl, William Pesson. « Je suis contre la stigmatisation par le logement, affirme le maire. Demain, on ne distinguera plus le logement social du privé. Ce sera partout la même qualité architecturale » Les locataires du Plateau seront relogés sur le territoire du Plessis-Robinson, où les logements sociaux seront répartis et non plus regroupés. « Dans les Hauts-de-Seine, il y a depuis longtemps une volonté politique de requalification des grands ensembles incarnée à l’origine par Charles Pasqua, alors président du conseil départemental, avec le Pacte 92 », rappelle Yann Chevalier. Cependant, l’opération du Plateau ne bénéficiera pas du dispositif Anru car elle ne rentre pas dans son cadre normatif.

Une église des années 1960 bientôt rasée

Voisin du Plateau, le quartier des Architectes abrite l’église Sainte-Marie-Magdeleine dont le permis de démolir a été délivré le 14 octobre dernier. Elle a été construite en 1966 par André Remondet (1908-1998), collaborateur de Roger-Henri Expert et membre de l’Académie des Beaux-arts. « Ce projet est mené conjointement par la mairie et la paroisse qui souhaite transformer l’église en centre ecclésial comprenant un presbytère et une salle paroissiale », explique Thomas Lorne, économe diocésain.

« On va raser cette horreur, valoriser le foncier [en le cédant à des promoteurs, NDLR] et, avec l’argent dégagé, on reconstruira une belle et nouvelle église », expose le maire. Le diocèse, maître d’ouvrage, a laissé l’élu choisir lui-même les architectes, sans concours. Et ce dernier d’ajouter : « Marc et Nada Breitman interviennent depuis toujours dans la ville. Ils sont devenus des amis, nous avons la même philosophie. » Pour une meilleure visibilité, l’église sera reconstruite non loin, entre le marché et la Maison des Arts, sur un terrain de Hauts-de-Seine Habitat.

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