
Avec Daniel Maurey, il n’y a jamais un mot plus haut que l’autre. Toutes les décisions sont pesées et celle de ne pas se représenter en mars 2026 à Boinville-en-Mantois (Yvelines) l’a été forcément.
« Ce n’est pas quelque chose qu’on décide comme ça un matin en se levant brutalement, assure-t-il. Il y avait deux colonnes : une pour, une contre. À un moment donné, on tire un trait horizontal et on fait le décompte. Mon choix est fait, je ne repars pas. Je n’ai aucun regret sur ce joli parcours. »
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« Quand on flirte avec les 80… »
À 78 ans, il ne voulait tout simplement pas faire le mandat de trop. « Le mandat de sept ans (au lieu de six ans, comme cela est envisagé – N.D.L.R.), c’est une particularité. Sept ans de plus quand on en a 30, de quoi parle-t-on ? Quand on flirte avec les 80, ça n’a plus tout à fait la même importance. Je ne voulais pas souscrire à cette idée d’arrêter en cours de parcours, par honnêteté vis-à-vis des électeurs. »
Conseiller municipal dès 1983, maire depuis 1989, Daniel Maurey s’apprête à refermer un sacré chapitre de sa vie. « Je suis déjà en train de réfléchir à l’après. Du jour au lendemain, il n’y a plus rien. Il ne faut pas le subir, il faut se préparer. »
Il se souvient au passage des paroles de son prédécesseur en 1989, quelques semaines après le passage de témoin : « Il m’avait raconté qu’il avait du mal à comprendre que les gens ne lui disent plus bonjour. »
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« C’est propre, fleuri, agréable »
Arrivé à Boinville-en-Mantois en 1977, après notamment un long passage de vingt ans par Guerville, Daniel Maurey est tombé amoureux du village. « Les gens qui le traversent disent : c’est propre, fleuri, agréable. »
Il se dit aussi proche de la population.
« Je connais le nom de tous les habitants. Quand il y a des nouveaux qui arrivent, je leur laisse un mois pour s’installer puis je leur rends une visite de courtoisie pour me présenter, pratiquer la main tendue. C’est dans mes gènes de faire ainsi. Les gens sont parfois surpris, mais ils apprécient. Ça leur permet de poser des questions, d’avoir des réponses immédiates. »
Pas d’augmentation de la pression fiscale en 37 années de mandat
De ses six mandats, il retiendra la fierté « de ne pas avoir défiguré le village » ou encore d’avoir maintenu « une compacité immobilière ». Plus récemment, il citera la mise en valeur très réussie du château d’eau de 28 mètres de hauteur. Il insistera surtout sur le fait qu’il y a eu « 0 % d’augmentation de la pression fiscale » sur l’ensemble de ses mandats.
Au rayon des moments difficiles, il évoquera les décès de Boinvillois. « Annoncer la mort de quelqu’un ou constater qu’un brave homme s’est pendu chez lui, on s’en passerait volontiers. »
« Mes ennemis, je les compte sur les doigts d’une main »
De manière plus générale, il avoue ne jamais avoir cherché à faire carrière en politique. « Sinon, j’aurais fait construire ailleurs. J’ai beaucoup d’amis dans le milieu. Mes ennemis, je les compte sur les doigts d’une main. »
Une telle longévité à la mairie de Boinville-en-Mantois n’aurait pas été possible sans l’accord de sa femme.
« Elle ne m’a jamais empêché de faire quoi que ce soit. Je n’ai pas dû choisir entre elle et la mairie. Je lui rendrai hommage en temps voulu. J’ai peut-être eu trop le réflexe de privilégier la commune à ma vie familiale. Je vais évacuer cette contrainte et ça va m’ouvrir des horizons. »
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« Je n’exclus pas de verser une larme »
La suite, il l’espère « avec un capital santé qui soit là le plus longtemps possible ». Pour continuer à visiter les départements français comme il le fait depuis une quinzaine d’années avec des amis, à chaque fois une semaine en septembre.
Imagine-t-il déjà son dernier jour à la mairie et la pointe d’émotion qu’il risque de ressentir ? « Pour l’instant, j’évite d’y réfléchir. J’ai cru comprendre qu’on m’organisera quelque chose. Comme je suis quelqu’un de sensible, je n’exclus pas de verser une larme. »
Dans tous les cas, il pourra partir avec la fierté du devoir accompli et le soulagement d’avoir trouvé un successeur.
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