, « Il faut savoir partir » : après 37 ans de mandat, ce maire de Seine-et-Marne passe la main

« Il faut savoir partir » : après 37 ans de mandat, ce maire de Seine-et-Marne passe la main

Quand on parle de lui, il nous est souvent arrivé de dire qu’il est devenu père et maire la même année. Toutefois, il serait mieux de corriger quelque peu cette tournure, afin de souligner encore plus sa particularité. Il faudrait donc dire qu’il est encore et toujours père et maire, et ce, depuis 1989. Celui qui se cache derrière cette présentation n’est autre que Dominique Rodriguez, le maire de Presles-en-Brie.

Du haut de ses six mandats de maire consécutifs, il figure dans la short list des édiles ayant l’une des plus belles longévités en Seine-et-Marne. Mais en cet hiver 2026, il s’apprête à en finir avec ce qu’il appelle « son sacerdoce ». « Ça fait 37 ans que je suis maire, et j’ai aujourd’hui 74 ans. Il est temps pour moi d’arrêter. Il faut savoir partir comme on dit », philosophe-t-il. L’occasion de revenir avec lui, par le biais de ses souvenirs, sur la fonction de maire qui sera dans quelques jours au centre de l’attention, avec les prochaines élections municipales.

À lire aussi

Arrivé par hasard

Locataire de la mairie depuis près de quatre décennies, il ne se destinait cependant pas à enfiler l’écharpe de maire. Loin de là. « C’est arrivé tout à fait par hasard ! J’étais à la tête d’une association qui se battait contre le tracé du TGV. On avait fait quelques manifestations et on avait bloqué des trains, se remémore-t-il. Quand les élections sont arrivées en 1989, on avait monté une liste en espérant avoir trois ou quatre élus pour suivre ce dossier. Mais finalement, nous avons eu 17 sièges sur 19 ».

Dirigeant d’une entreprise de mécanique de précision spécialisée dans le tournage-fraisage, il a dû épouser cette nouvelle vie, « sans rien n’y connaître en matière de gestion d’une collectivité », souffle-t-il en esquissant un sourire. L’entrepreneur d’alors 37 ans a ainsi mis de côté une partie de son activité professionnelle. « Quand je m’engage dans une mission, je ne peux pas faire les choses à moitié. J’ai donc plongé dedans », confie-t-il.

À lire aussi

Vidéos : en ce moment sur Actu

J’ai accompagné le développement de la commune avec sagesse.

Dominique Rodriguez

Pleinement investi dans les affaires de sa ville, il va prendre goût au développement de son village. Et les projets se sont vite enchaînés entre la création de l’école Maurice André, grande de 14 classes, puis l’aménagement d’une station d’épuration, sans compter la livraison du terrain synthétique de football, par ailleurs inauguré par Bixente Lizarazu en 2017. De quoi ravir ce fan invétéré de ballon rond, et notamment du PSG. « Quand j’étais jeune, je m’occupais d’entraîner les enfants au foot. Il m’arrivait même de tondre moi-même le terrain avec ma propre tondeuse afin d’éviter qu’ils ne jouent dans une herbe trop haute », se souvient-il.

L’un des points qui l’a le plus marqué, c’est d’avoir permis à la commune de retrouver une bonne santé financière. « Et pourtant, ce n’était pas gagné, avance-t-il. On a dû faire de grosses coupes dès notre arrivée à la mairie. Même en 1990, nous avons dû augmenter les taux d’imposition. Mais ça a été la seule fois au cours de mes mandats. Ça nous a permis de retrouver une capacité d’investir ». Une maîtrise des finances qui lui a permis de construire un complexe multimodal près du stade, de nouveaux locaux pour la boulangerie ou encore la maison de santé, sa dernière réalisation. « J’ai accompagné le développement de la commune avec sagesse, en faisant en sorte de rester à taille humaine et de conserver notre âme de village », juge-t-il, en citant que Presles-en-Brie n’a grossi que de 700 habitants en 37 ans.

À lire aussi

La présidence du Sietom

Les mandats de maire se sont donc naturellement suivis. Tout comme ceux à la tête du Sietom, le syndicat de traitement des ordures ménagères qui oeuvre sur 39 communes du bassin. « J’ai pris sa présidence en 1995 et je vais la quitter en mars prochain également », renseigne-t-il. Là aussi, il a agi avec passion au sein de ce syndicat. « À la base, j’étais seul avec une secrétaire à mi-temps. Aujourd’hui, il y a 146 employés », souligne-t-il, preuve du travail effectué. Et pourtant, la tâche s’annonçait ardue au départ, puisqu’il a dû « assainir les pratiques ». « Quand j’ai pris la présidence, j’ai découvert qu’une entreprise escroquait le syndicat. Il y en avait pour 12 millions de francs de préjudices », liste-t-il.

L'une de ces premières campagnes
Ici lors de sa campagne de 1995, il est réélu ©Photo transmise à la RSM77

Vous l’aurez compris, les années de mandats de Dominique Rodriguez n’auront pas été de tout repos, mais elles ont souvent été marquées par un alignement des planètes. « J’ai quand même dû forcer quelques fois pour qu’elles puissent l’être », rigole-t-il aujourd’hui. À quelques jours de cette retraite bien méritée – il ne figure sur aucune liste pour les municipales – il confie partir avec des « regrets », ceux de ne « pas avoir pu faire plus pour les riverains ». Mais il assure n’avoir aucun remords. « J’ai tellement donné de ma personne pendant ces années. Ce qui m’a plu le plus, c’était d’être au service des gens. C’est de voir une ville vivante avec un nombre incroyable d’associations. Il y a 1 650 adhérents à nos associations alors que notre ville compte 2 400 habitants, c’est dire ! », martèle-t-il, une pointe d’émotion dans la voix.

C’est aussi grâce à elle.

Dominique Rodriguez

D’ici quelques jours donc, il laissera l’écharpe de maire à son successeur. Un moment qui risque d’être riche en émotion. Mais le septuagénaire sait déjà ce qui rythmera ses prochaines années : la marche, le vélo, les voyages et la famille. « C’est le moment de profiter de mes enfants et de ma compagne, Brigitte. On dit que derrière un homme, il y a une femme. J’ai cette chance de l’avoir. C’est aussi grâce à elle que j’ai pu réaliser tout ça. Être maire, ce n’est pas une chose facile au quotidien, on ne compte pas ses heures. J’ai perdu le fil du nombre de soirées où je devais rentrer tôt qui se sont terminées bien plus tard que prévu ».

Enfin, l’écriture l’occupera, lui qui a déjà écrit quatre romans en autant d’années dont un sur les origines espagnoles de sa famille. Peut-être que l’un de ses prochains ouvrages sera consacré à la fonction d’élu ? Qui sait…

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.

En conclusion, DMJarchives.org incarne une véritable bibliothèque virtuelle de l’histoire locale en Île-de-France, offrant un accès inestimable à une multitude de trésors d’archives numériques. Grâce à son engagement à préserver la richesse culturelle et patrimoniale de la région, DMJ Archives comble les lacunes laissées par les documents historiques disparus. L’organisation méthodique des archives par territoire permet une exploration approfondie de l’histoire de chaque ville et commune. De la reconstitution des sites internet locaux à la compilation d’une photothèque exhaustive, en passant par la mise à disposition de documents variés, DMJarchives.org constitue une ressource inestimable pour les chercheurs, les étudiants et les habitants de la région francilienne. En somme, en offrant un accès facile et organisé à ces archives numériques, DMJarchives.org joue un rôle crucial dans la préservation et la diffusion de la mémoire collective de l’Île-de-France. Explorez cette riche plateforme pour plonger dans l’histoire fascinante de chaque territoire, et découvrez ainsi les trésors cachés de la région à travers les âges.