Des espaces verts, des pavés avec de nouveaux cheminements, un espace de jeux pour enfants, une crêperie et un étang couvert de nénuphars. Bessancourt (Val-d’Oise) a inauguré, samedi 21 juin, son nouveau cœur de ville végétal « métamorphosé », fruit d’un chantier long de deux ans. « Regardez profondément dans la nature et alors vous comprendrez tout beaucoup mieux ». C’est une citation d’Albert Einstein qui a été choisie pour figurer sur la plaque inaugurale dévoilée samedi 21 juin. Soutenu par l’État, la Région, le Département et l’agglomération Val Parisis, ce projet s’élève à 5 millions d’euros. 21 logements avec une surface commerciale de 134 m2 en rez-de-chaussée sont également prévus. Antin Résidences mène ce chantier face à la mairie. La restauration de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais, classée monument historique depuis 1921, est aussi prévue. Elle doit durer cinq ans.

« Cadre de vie plus apaisé »
« Ce projet ambitieux redessine le cœur de la ville pour offrir aux habitants un cadre de vie plus apaisé et attractif », souligne la mairie. Le chantier avait commencé par la rénovation du bâtiment de la mairie, puis la suppression du parking pour créer un espace désartificialisé, permettant de réduire la chaleur autour d’un étang. Une aire de jeux et de nouveaux revêtements de sol font désormais partie du décor.
En face de la mairie, les places de parking ont disparu au profit d’allées végétalisées et arborées. Une crêperie a été ouverte dans l’ancienne Mjc. Trois autres restaurants sont à l’étude dans l’ancienne maison du Ccas, l’ancien bureau de poste qui jouxte la mairie et le bâtiment en cours de rénovation à l’angle de la Grande Rue et rue Madame.
« Un projet qui interroge »
Mais la fermeture d’un tronçon de la Grande rue, obligeant les automobilistes à un détour, tout comme la suppression des places de parking, restent sources de débat. Une manifestation avait même eu lieu avant le démarrage des travaux.
Si pour la mairie, la réussite de ce projet est indéniable, offrant un écrin de verdure « plébiscité par les familles », l’association Mieux Vivre à Bessancourt continue de « s’interroger ». « Nous croyons qu’un autre aménagement était possible : une désartificialisation des sols sans sacrifier le stationnement ». L’association critique la fermeture du tronçon de la Grande Rue, estimant qu’il aurait été préférable de le laisser ouvert avec des fermetures ponctuelles lors des week-ends ou d’événements.
Pour la mairie, c’est un changement de paradigme : « Il ne faut plus aménager et penser la ville par rapport aux voitures », estime le maire écologiste de Bessancourt, Jean-Christophe Poulet, qui rappelle que le parking de la base aérienne, à 200m, est ouvert au public.
Interrogés sur place, les Bessancourtois oscillent entre satisfaction et réserves. « C’est plus agréable, c’est mieux qu’un parking », reconnaît ce père de famille, qui profite avec sa fille de l’ombre d’un arbre, près de l’ancien kiosque à musique.
« Un îlot réussi, harmonieux et joli »
« Certains râlent à cause de la suppression du parking. Moi, ça ne me dérange pas de marcher deux minutes depuis le parking de la base ».
Une riveraine, qui a subi « un chantier permanent depuis deux ans », est contente que ça se termine. « Je ne nie pas que c’est plus joli et plaisant mais cela a aussi un coût, même si ça a été subventionné. De toute façon, on ne nous a pas demandé notre avis. On a manifesté mais ça n’a rien changé ».
« C’est un îlot réussi, harmonieux et joli », confie Dominique, Bessancourtoise depuis 35 ans. « C’est dommage que les arbres aient été abattus (Ndlr, les 12 tilleuls étaient jugés dangereux sur la base d’une étude phytosanitaire). Le problème, c’est la disparation du parking pour les gens âgés ou qui ont du mal à se déplacer. Il faudrait mieux signaler la présence de la crêperie. Je ne sais pas si faire venir de nouveaux restaurants sera viable. Il y a les locaux mais Bessancourt n’est pas non plus un village touristique comme Auvers-sur-Oise ».
Chez A’Ma, le traiteur asiatique situé face à la mairie, la commerçante affiche une satisfaction relative. « Nous avons résisté à la phase de travaux… Parce que nous avons de fidèles clients ! Certains viennent de très loin pour les rouleaux de printemps de grand-mère ! On verra dans l’avenir. Les nouveaux logements peuvent nous apporter une clientèle ».
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