, Val-d’Oise. Une exposition pour se souvenir des déportés à Eaubonne

Val-d’Oise. Une exposition pour se souvenir des déportés à Eaubonne

, Val-d’Oise. Une exposition pour se souvenir des déportés à Eaubonne

Eaubonne (Val-d’Oise) ravive la mémoire des déportés de la Seconde Guerre mondiale.

« Ils étaient Eaubonnais – déportés juifs et politiques » : c’est l’exposition à retrouver sur les grilles du square Mourre, entre l’hôtel de ville et la médiathèque.

Créée par le service Archives et documentation et la direction de la communication de la Ville, cette exposition en 28 panneaux (et 31 noms)  est présentée depuis le 27 avril, journée du souvenir des victimes de la déportation.

80e anniversaire de la libération des camps

2025 marque aussi le 80e anniversaire de la libération des camps de concentration et d’extermination.

L’exposition qui se tient jusqu’au 30 juin est le fruit d’un minutieux travail de recherches pour reconstituer la biographie des victimes : fonds d’archives municipales, dossiers des déportés, listes figurant sur le monument aux morts et les plaques commémoratives…

31 portraits

Elle présente les portraits des 31 Eaubonnaises et Eaubonnais ayant connu l’horreur des camps, pour des raisons politiques ou parce qu’ils étaient juifs.

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« L’interrogation de bases de données en ligne a également été d’un précieux atout, notamment Mémoire des Hommes, MemGenWeb, Geneanet, la Fondation pour la Mémoire de la déportation, le Mémorial de la Shoah, les archives Arolsen ou encore Yad Vashem », souligne la municipalité.

Tout a été fait pour la liste soit la plus complète possible

Celle-ci précise qu’il se peut que des déportés aient pu être oubliés, même si « tout a été fait pour que [la liste] soit la plus complète possible ».

C’est quoi la déportation ?

La Ville rappelle ce qu’est la déportation : un déplacement forcé, par les autorités, d’êtres humains. À partir de 1933, la déportation est un système organisé par le régime nazi. Des millions de personnes seront arrêtées et transférées dans des camps de concentration et d’extermination.

Les individus ciblés par les nazis sont les juifs, les tziganes, les homosexuels, les résistants et opposants politiques, mais aussi les handicapés et malades mentaux, les témoins de Jéhovah, les apatrides, les criminels et les « asociaux » (vagabonds, ivrognes…).

Les camps seront libérés par les Soviétiques et les Alliés à l’hiver et au printemps 1945.

« 80 ans, cela parait loin. C’est pourtant si proche. Nous marchons dans leurs pas »

Alors que que les témoins survivants de la déportation sont de moins en moins nombreux, la maire (Ps), Marie-José Beaulande a souhaité cette initiative

« unique et forte. 80 ans, cela parait loin. C’est pourtant si proche. Nous marchons dans leurs pas, certains vivent dans la maison qui a été la leur. D’autres méconnaissent cette page sombre de notre histoire. Et quand une poignée la nie… Il nous a paru important de donner à voir un aperçu de qui ils étaient. Si semblables à nous. Pour ne pas oublier. Pour ne pas les oublier. » 

Lazare Blaustein et sa fille, juifs, morts en déportation

Parmi tous ces noms, celui de Lazare Blaustein, qui vivait 1, place Danton (actuellement 12, place Danton). Naturalisé français, marié et père de trois enfants, cet entrepreneur qui avait créé le cinéma Trianon Palace à côté de sa maison familiale, s’était réfugié à Saint-Raphaël, où il fut dénoncé le 22 février 1944 avant d’être déporté de Drancy le 15 avril vers un camp en Lituanie où il meurt le 20 mai suivant à l’âge de 54 ans.

Sa fille Jeanne mourra aussi en déportation. Leurs noms figurent sur les plaques de l’église du Sacré-Cœur et de l’hôtel de Mézières ainsi que sur le monument aux morts.

Jeanne Robillon, résistante, morte en déportation

Jeanne Robillon, institutrice à l’école Sainte-Marguerite d’Eaubonne, avait intégré la Résistance. Agent P2, elle donne des renseignements aux services spéciaux militaires français. Arrêtée en 1943, cette déportée politique meurt à Ravensbrück (Allemagne) le 28 février 1945 à l’âge de 47 ans où elle avait été envoyée le 31 janvier 1944. Une plaque, qui semble disparue, avait été apposée sur l’école. Une rue porte son nom à Eaubonne. Il figure aussi sur le mémorial des services spéciaux à Ramatuelle.

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