
La guerre des droites connaît son épilogue à Louveciennes (Yvelines). Il n’y aura pas de combat fratricide aux municipales 2026 entre les tenants du centre droit et ceux qui penchent plutôt vers les LR, comme c’était le cas depuis une trentaine d’années dans la commune. Commune à l’histoire politique récente compliquée, faite d’ego, d’inconséquences et de bisbilles.
Élue lors des élections partielles de 2021
Hors surprise, Marie-Dominique Parisot sera seule à droite face au candidat de gauche, Pascal Leprêtre.
Battue en 2020, la candidate avait bénéficié d’un très mauvais casting chez son adversaire Pierre-François Viard qui avait vu son équipe partir en lambeaux, passer pour partie dans l’opposition, et disparaître.
Avaient suivi plusieurs mois dantesques d’une lutte sans merci entre deux fortes personnalités, Pierre-François Viard et Marie-Dominique Parisot.
Le premier avait été finalement privé de majorité. Des élections partielles, le 12 décembre 2021, avaient vu l’opposition reprendre la ville avec 47,85 % des suffrages et 122 voix d’avance.
La maire de Louveciennes a su, en quatre ans, fédérer une équipe, qui repart aux deux tiers lors du scrutin organisé le 15 mars prochain.
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Elle a imposé son style
Une maire qui a imposé son style, bénéficié d’une opposition de droite qui a achevé sa déconfiture, mené une politique résolue pour faire avancer une ville aux atouts évidents et aux contraintes bien réelles.
L’aménagement du plateau Villevert est ainsi toujours au point mort. Ce secteur pourrait accueillir des entreprises et apporter des ressources financières qui font cruellement défaut à la Ville.
Un centre de remisage et d’entretien des rames du futur Grand Paris Express section Versailles Nanterre pourrait s’y installer, sur 7 des 22 hectares, ce qui ne semble pas réjouir franchement la maire.
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Réhabiliter les bâtiments publics
La prochaine mandature verra l’aboutissement du projet de complexe culturel et associatif Doumer qui a donné lieu à de fortes oppositions.
« Ce centre va permettre de créer une maison dédiée aux arts et à la jeunesse, de mutualiser un équipement aux normes, qui permettra à la Ville de réaliser des économies de fonctionnement que ne permettaient pas des bâtiments anciens disséminés dans lesquels étaient installées ces structures. »
Doumer sera le premier bâtiment municipal réhabilité, dans une ville où le bureau de la maire ne possède pas de double vitrage et où la rénovation du parc immobilier municipal est évaluée à « 20 millions d’euros ».
Une capacité d’autofinancement de 1,8 million d’euros dégagée en 2025 laisse entrevoir l’ampleur du défi.
Rénovation de l’éclairage public
La rénovation de l’éclairage public en 2026 mobilise 2,2 millions d’euros, financée en partie grâce au Fonds vert et un emprunt auprès de la Banque des territoires. Ce sera l’un des premiers signes tangibles de la modernisation de la ville, après la réfection de la voirie rue du Général-Leclerc et autour de l’église.
Des colistiers de 19 à 79 ans
« Nous commençons les études pour la réhabilitation du groupe scolaire des Soudanes. Il va nous falloir faire de gros efforts sur les voiries, les trottoirs, réaménager le parvis de la gare. »
Marie-Dominique Parisot souhaite poursuivre, aller plus loin, « pour réaliser un projet pour lequel nous n’avons eu que quatre ans de mandat ».
La candidate s’appuie sur une liste qui représente des profits variés. « De 19 à 79 ans, avec des étudiants, jeunes actifs, jeunes parents, des quadras, quinquas, des retraités ».
Une liste sans étiquette au sein de laquelle les membres « devront ne pas faire état de leurs étiquettes dans l’exercice de leurs fonctions », souligne la tête de liste.
« Il faut être maire à plein temps »
Marie-Dominique Parisot connaît bien les arcanes de la vie municipale, pour avoir occupé tous les postes de la fonction publique territoriale.
Directrice générale des services à la mairie de Louveciennes de 2004 à 2016, elle a appris sur le tas à conduire une équipe d’élus, « rôle très différent de celui de cadre dans la fonction publique », note-t-elle.
Celle qui avait réfléchi à deux fois avant de se lancer en 2020, « ce n’était pas dans mes projets », avoue-t-elle, a jusqu’ici transformé l’essai.
Et de cette vie de maire, souvent 7j/7, de 7h30 à 19h, elle acquiesce, « je savais ce qu’être maire allait représenter comme charge de travail ».
L’ancienne assistante sociale est bien consciente « qu’il faut être maire à plein temps, dans un métier de plus en plus technique. Qu’il faut aimer les gens, écouter, entendre, trouver des solutions, pour protéger, animer, valoriser Louveciennes, c’est le cap fixé pour l’équipe en place et celle que je mène aux élections ».
Emmanuel FÈVRE
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