, Yvelines : le chantier du « paquebot » exaspère déjà les riverains

Yvelines : le chantier du « paquebot » exaspère déjà les riverains

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Les quelques ouvriers s’affairant autour de la base vie du chantier de la nouvelle résidence de la route de Saint-Corentin, à Septeuil (Yvelines), le 1er octobre 2024, ont suffi à alerter tout le quartier. Malgré les multiples recours lancés contre sa construction, l’arrivée du « paquebot », comme on le surnomme, ne fait cette fois plus de doute.

Les riverains, une dizaine, rencontrés trois jours plus tard, se disaient surpris de ne pas avoir été prévenus par la mairie. « Avez-vous reçu un plan de voirie ou un arrêté concernant la circulation », a demandé le conseiller municipal d’opposition Philippe Ozilou aux gendarmes venus s’assurer que le rassemblement ne causait pas de troubles.

« Il n’y a aucun plan de sortie, pas de voie de décrottage prévue pour les engins de chantier, aucun document réglementaire pour ce chantier. »

Philippe Ozilou, conseiller municipal d’opposition à Septeuil

L’absence d’informations disponibles ne fait qu’ajouter à l’inquiétude des habitants. « J’ai été un peu surprise en voyant la rubalise cet été, assure une proche voisine du chantier. J’ai eu très peur qu’il ne détruise mon entrée avec le va-et-vient des camions. Mais étant donné la position de la base vie, cela devrait aller. »

Un manque de communication

Contacté, le maître d’ouvrage Les Résidences Yvelines Essonne n’a pas souhaité répondre à nos questions. Horaires, durée des travaux ou conditions de stationnement autour du chantier ? Autant d’informations que les habitants n’ont toujours pas, eux aussi, ce qui ne fait qu’ajouter du ressentiment à un projet déjà décrié.

« Nous souhaitons que la résidence soit construite selon la norme RT 2020 (le permis de construire a été validé pour les 26 logements à venir avec une norme antérieure – N.D.L.R.), réclame Isabelle Thiebault, l’une des habitantes. Cela ne coûte pas plus cher de se mettre autour d’une table pour revoir le projet dans le respect de l’environnement, du cadre de vie et des futurs habitants. »

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Un soutien de poids

Sur ce point, les Septeuillais peuvent compter sur un soutien de poids, celui de la sénatrice Ghislaine Senée. « C’est incroyable qu’on puisse utiliser une norme antérieure alors que tous les artisans sont passés à une norme plus récente », s’étonne-t-elle.

« Je déplore aussi que l’on intègre du collectif dans une rue 100 % pavillonnaire sans concertation et sans intégration paysagère. Cela amène forcément des crispations. »

Ghislaine Senée, sénatrice des Yvelines

Un projet « que financier »

L’orientation du futur immeuble laisse là encore les habitants dubitatifs. « Quand j’étais petit, on construisait les immeubles avec des fenêtres donnant sur la rue, observe un riverain. Comment peut-on permettre à tous ces gens de regarder dans mon jardin depuis les étages. »

« Nous allons planter des tilleuls, nous n’avons pas le choix même si cela va couper la lumière aux nouveaux venus. »

Un riverain

À l’argument disant que c’est l’arrivée de logements sociaux qui leur posent avant tout problème, les riverains répondent que, dans ce cas-là, ils ne se préoccuperaient pas autant du bien-être des futurs locataires. « Ce projet n’est que financier, parole de comptable, assure Romuald Graindorge. Il y a eu trop de mensonges et de fausses informations. »

La question des trottoirs

Dernier point de crispation : les infrastructures du village de 2 300 habitants qu’ils estiment sous dimensionnées. « On va ajouter des enfants empruntant la route de Saint-Corentin pour prendre le bus alors qu’il n’y a pas de trottoir », insistent les riverains. La question a déjà été maintes fois débattue sans aboutir à une solution.

« Le matin, il fait noir et les voitures roulent très vite. »

Un collégien empruntant la route de Saint-Corentin pour prendre le bus

En 2018, la municipalité demandait dans le magazine municipal « que toute nouvelle construction comprenne un trottoir devant la propriété ». Las, à la lecture des plans figurant dans la demande de permis de construire, aucun trottoir, seulement de nouvelles clôtures. « Rien n’est adapté pour cet immeuble, même pas le parking du centre-ville pour déposer les enfants à l’école, prévient Anna Godefroy qui vit à deux pas. Le matin, c’est un concert de klaxons, de refus de priorité et de disputes. »

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Un « centre de polarités » à marche forcée ?

Septeuil a pourtant été désigné par la Région Île-de-France comme un « centre de polarités ». « Cela signifie que c’est une ville avec un fort potentiel de développement permettant d’attirer les commerces et les habitants des villages voisins plutôt que de se rendre à La Défense, par exemple », explique Ghislaine Senée.

La stratégie n’est pas forcément du goût de tous. « Qui leur a donné l’autorisation de prendre cette décision ?, s’insurge un riverain. Si je voulais vivre dans une ville, j’aurai acheté un appartement. »

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