
Trente-six ans que la gauche a opéré une OPA sur Cergy. Mars 1989. Vieillissante, la droite locale, qui tenait les rênes de la ville sans discontinuer depuis 1945, tombe au champ d’honneur électoral. Aux dernières nouvelles, elle ne s’est toujours pas relevée.
Rassemblement
Trente-six ans de règne. Un sacré bail. Un héritage que Jean-Paul Jeandon, 67 ans, dernier descendant d’une lignée socialiste tracée à la force du poignet par Isabelle Massin (maire Ps-Dvg de 1989 à 1996), puis méthodiquement bétonnée par Dominique Lefebvre (maire Ps-Dvg de 1996 à 2013), refuse de dilapider. Un héritage qu’il s’agit surtout de faire fructifier pour six ans de plus.
Fin novembre, le maire Ps de Cergy a lancé sa campagne depuis un café du quartier préfecture. Micro en main et mantra en bandoulière : rassembler. Selon le principe, qu’il a toujours fait sien : pour l’emporter, la gauche doit partir unie. De facto, sa liste Cergy c’est nous ! agrège (presque) toutes les composantes de la gauche : Ps, Génération. s, Grs, Mrc, Prg, Les Écologistes, Pcf, Place publique.
Une seule nuance manque au tableau de chasse : la gauche radicale incarnée par La France insoumise. À Cergy, Lfi fera bande à part avec pour tête de liste Daisy Yaïch, ex-adjointe débarquée de la majorité en septembre 2024. Une excommunication pour mélenchonite aiguë. De celle qui donne des boutons et quelques suées à cette gauche plurielle à la mode cergyssoise.
Élu en 2013 par le conseil municipal à la faveur de la démission de Dominique Lefebvre, Jean-Paul Jeandon avait transformé l’essai en 2014 devant les Cergyssois avant de récidiver en 2020 lors d’un scrutin enrhumé par le Covid. Deux mandats et puis s’en va : craché, juré, le socialiste avait promis de raccrocher les crampons en 2026, but atteint, matchs aller et retour remportés. Le sentiment du devoir accompli.
Mélenchonite aiguë
L’amateur de football a changé d’avis. Pourquoi replonger ? Parce que dans une époque incertaine, il faut, assure-t-il dans sa lettre de candidature, de la « stabilité ». Un capitaine dans la tempête.
Son bilan, le maire de Cergy ne le défend pas. Il le brandit. Comme un étendard qu’on agite devant ses assaillants. Cette union de la droite et du centre droit assoiffée de revanche que cornaque Armand Payet (Horizons). Et cette France insoumise à l’ambition déclarée : surfer sur les scores obtenus lors de la présidentielle et des européennes (48 % au premier tour de la présidentielle de 2022 et 35 % aux européennes de 2024 où Lfi était en tête dans 31 des 35 bureaux de vote).
Dans un document de campagne distribué aux Cergysssois, Jean-Paul Jeandon et ses soutiens affichent ainsi les principales mesures prises depuis 2020. Mise en place d’une brigade de tranquillité nocturne, « mobilisation contre la désertification médicale », création « de plus de 4 000 emplois avec l’arrivée de nouvelles entreprises », « sanctuarisation » de tous les espaces verts, végétalisation des cours d’école, hausse du nombre de kilomètres de pistes cyclables…
« En redonnant 800 000 euros par an aux familles avec la baisse des tarifs de cantine et des activités périscolaires ainsi que la refonte du quotient familial, nous avons amélioré votre pouvoir d’achat », scande l’équipe du maire sortant.
Pour le prochain mandat, la feuille de route est tracée. « Nous agirons pour la progression du pouvoir d’achat de toutes et tous en baissant les tarifs périscolaires, en développant un tarif social pour les transports de bus et en limitant la croissance des charges de logement », promet la liste Cergy c’est nous !.
Lutter « plus efficacement » contre les points de deal et les squats, favoriser l’accès aux soins, améliorer la desserte de Cergy via le Rer A avec des rames « plus nombreuses » et « plus sûres » figurent également au rang des priorités. Tout comme l’éducation, l’attractivité, la propreté des rues, ou encore « l’engagement climatique ». À Cergy, la gauche n’a pas l’intention de se laisser dépouiller de son héritage.
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DMJ Archives : Préservation de l’histoire locale à travers les sites d’archives
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