
Ce sont les suites politiques de cette désormais fameuse vidéo dont on a tant parlé. Celle d’un échange sexuel virtuel privé entre le maire (Dvd) de Sannois, Bernard Jamet, et une autre personne. Une vidéo enregistrée à l’insu de l’élu et diffusée sur les réseaux sociaux. Un conseil municipal exceptionnel se tenait, mardi 27 mai, à Sannois (Val-d’Oise), pour mettre fin aux fonctions de Nicolas Flament (dvd), adjoint au maire. Une manifestation de protestation (« L’exemplarité n’est pas une option », affichaient les mécontents) était organisée devant l’hôtel de ville, ce soir-là, appelant également le maire de Sannois à démissionner.
Les élus de la majorité, exceptés Nadia Toumi, conseillère municipale, qui a « rendu son mandat », selon Nicolas Flament, et Gabriel Boulignac, conseiller municipal délégué, « qui a quitté la majorité », ont voté sa destitution. Le 7 mai, Nicolas Flament évoquait sur les réseaux sociaux cette « vidéo à caractère sexuel impliquant le maire de Sannois [qui] circule dans les foyers, les écoles, les collèges ».
Le 7 mai, Nicolas Flament s’était exprimé sur ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire de la vidéo.
Via un post sur Facebook et X, Nicolas Flament évoquait cette « vidéo à caractère sexuel impliquant le maire de Sannois [qui] circule dans les foyers, les écoles, les collèges ».
« Cette affaire dépasse le cadre privé »
Parce que cette affaire « dépasse largement le cadre privé », Nicolas Flament a estimé que le maire ne pouvait plus « incarner l’autorité morale que requiert sa charge », qu’il devait « en tirer les conséquences » et qu’il se « désolidarisait » de lui, appelant ses collègues à « poursuivre ensemble le travail engagé ».
« Le 15 mai 2025, M. Nicolas Flament a fait savoir par voie de presse qu’il se désolidarisait de l’équipe municipale. C’est son droit le plus strict. De ce fait ce jour-là je lui ai enlevé ses délégations et de ce fait aujourd’hui nous allons voter pour le non maintien de son poste d’adjoint », a déclaré Bernard Jamet.
Nicolas Flament a répété qu’il assumait tout et ne regrettait rien.
« Le 26 avril nous sommes, la majorité municipale, réunis ici et vous nous avez expliqué, monsieur le maire, la situation difficile dans laquelle vous vous êtes retrouvé. J’en profite pour rappeler que j’étais parmi les premiers à vous soutenir, vous et votre épouse et à m’inquiéter pour vous. »
Il a parlé d’une
« ligne rouge : si l’affaire devait arriver aux oreilles de ma fille, je me désolidariserai. C’est ce qui s’est passé deux semaines après. Dans les cours d’école, sur le marché et même lors de rendez-vous professionnels en province on ne me parlait que de ça. »
L’élu a estimé qu’ « à tout le moins un retrait provisoire était nécessaire. » Il regrette qu’il n’en est rien été et aussi d’avoir été vu « comme l’opportuniste qui voulait la place. Mais c’est faux ! Monsieur le maire m’avait désigné comme son futur premier adjoint (…) Pourquoi aurai-je tenté un coup de poker, si je n’avais qu’à attendre. Une chose est sûre, il ne fait pas bon d’être le dauphin annoncé de Bernard Jamet. Ce fut d’abord notre collègue Nicolas Ponchel. Viré. Ensuite Célia Jacquet-Léger. Virée. Et aujourd’hui, moi, viré. À qui le tour ? »
« J’étais au fond du trou il y a un mois et demi »
Célia Jacquet-Léger a expliqué qu’elle ne prendrait pas part au vote. Elle a dénoncé une forme de
« redite, dans votre souhait de museler. C’est la marque de votre autoritarisme et du déclin de votre légitimité ».
François Lamarche, élu d’opposition, a reconnu que c’était
« une affaire privée, mais le problème c’est que ça rejaillit énormément sur la commune. C’est dommage qu’à aucun moment vous n’ayez dit, je suis désolé pour l’image de la ville ».
La réponse de Bernard Jamet
« Je suis admiratif d’avoir devant moi des parangons de vertu », a ironisé le maire. « Des gens ont violé ma vie privée. La victime, c’est moi. » Il a ensuite confirmé qu’il n’était pas question de démissionner et qu’il serait bien candidat aux municipales en 2026. « Il est hors de question que je ne me présente pas, avec mon équipe, devant les électeurs, en mars 2026. Je ferai campagne. Les électeurs seront les maîtres du jeu ».
Dans un registre plus personnel, il a reconnu avoir été
« il y a un mois et demi, au fond du trou » mais qu’il en était sorti grâce à « mon épouse exceptionnelle, ma fille, mon fils, mes petits-enfants », mais aussi « les élus de ma liste qui m’ont dit, »Bernard, c’est une affaire privée, nous, on est derrière toi ».
Il a également remercié les cadres et les agents « qui tous les jours me soutiennent. C’est grâce à eux que je suis reparti ».
Une élue de Sannois au coeur (le groupe de Nicolas Ponchel, absent) a évoqué le cas d’habitants qui s’étant exprimés sur « l’affaire » ont été « victimes de menaces ».
Une plainte a été déposée. « Il n’y a eu aucune pression de la part de qui que ce soit dans mon équipe », a tenu à lui répondre Bernard Jamet.
Un vote à bulletin secret pour le non maintien de son poste, réclamé par Nicolas Flament a été refusé par la majorité. François Fabre a ensuite été élu nouvel adjoint au maire. Il a été félicité par Nicolas Flament.
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