
Après 24 ans et demi à la tête de la Ville, il a jugé qu’il avait fait son temps. Jean-Christophe Poulet, 58 ans, maire (centre gauche) démissionnaire de Bessancourt (Val-d’Oise), a respecté ce qu’il avait annoncé en 2020 en lançant sa campagne : ce serait son dernier mandat. Il n’est officiellement plus maire depuis le 24 septembre, le préfet ayant accepté sa démission.
Jeudi 3 octobre à 20h30, salle Paul-Bonneville, les élus éliront lors d’un conseil municipal leur nouveau premier magistrat, Nathalie Derveaux (centre gauche), l’actuelle première adjointe.
C’est elle d’ailleurs qui a signé la convocation du conseil « pour le maire empêché ». Il faudra aussi élire de nouveaux adjoints. Farid Lazaar (adjoint à la sécurité depuis 2020) sera proposé comme 1er adjoint et Jean-Christophe Poulet comme adjoint aux finances. Un point concernera aussi la demande auprès du préfet pour que le maire démissionnaire devienne maire honoraire.
« Le non cumul dans le temps, c’est une bonne chose »
Ce n’est donc pas vraiment un départ de la politique pour celui qui, à 34 ans, totalement inconnu ou presque, avait remporté en 2001 ses premières élections municipales face à un maire sortant de droite. Il était alors le premier maire en Île-de-France du parti Les Verts (c’était avant Eelv et Les Écologistes).
Premier maire Vert en Île-de-France en 2001
Quatre mandats (un record pour un maire à Bessancourt) sont passés et il a souhaité passer le relais pour préparer la suite. Et c’est la suite, ce sont d’abord les élections municipales des 15 et 22 mars.
Une campagne dans laquelle il compte s’impliquer fortement, dans un contexte politique tendu, marqué par la dissidence d’une adjointe qui conduira sa propre liste, Laurianne Danguilhen.
Il compte rester vice-président de l’agglo
Il sera sur la liste et compte bien être réélu afin de continuer de siéger à l’agglomération Val Parisis comme vice-président en charge de l’environnement. « J’y tiens beaucoup », dit-il. Par ailleurs, il souhaite aussi, en tant qu’élu, suivre de près le renouvellement urbain aux Brosses-et-Malais, un dossier « qui a pris du retard ».
« Clarifier » ou mettre sur orbite Nathalie Derveaux ?
« Quand je militais chez Les Verts, c’était notre slogan, pas plus de trois mandats, afin de renouveler la vie démocratique et pas de cumul des mandats. J’ai toujours pensé que le non cumul dans le temps, c’est une bonne chose. Au bout d’un moment, c’est bien, même si cette fonction est passionnante, formidable. Difficile aussi. Je ne suis ni usé, ni déçu, mais je ne veux ni devenir usé ni décevoir ».
« Ce n’était pas une décision facile à prendre »
Il souligne cependant que « ce n’était pas une décision facile à prendre » car il y a toujours « beaucoup de raisons de ne pas préparer une transition et de se représenter : les chantiers non achevés, la situation du pays… Il me fallait résister au mirage de l’indispensabilité ».
Certains y verront un tour de passe-passe démocratique (pratique assez courante quand un maire décide de passer la main) pour mettre le ou la future candidate en l’occurrence, sur orbite. Jean-Christophe Poulet affirme pour sa part qu’il s’agit « de clarifier » les choses, « d’assurer une transition solide et transparente ».
La première femme maire de Bessancourt de l’histoire
Et puis il est fier et heureux qu’une femme soit maire de Bessancourt, « une première dans notre histoire ! ».
Adjointe à la culture depuis 2014, première adjointe depuis 2020, Nathalie Derveaux, âgée également de 58 ans, dirige une entreprise de marketing digital.
Divorcée, mère de trois grands enfants, cette élue assez discrète a été élue par ses pairs. « On a fait un appel à candidature en interne en juin 2023 et Nathalie, qui était la seule candidate, a été élue, à bulletin secret », insiste Jean-Christophe Poulet. « Tout le monde pouvait se présenter, même les élus d’ouverture, ceux qui ne sont pas forcément de sensibilité de centre gauche », souligne-t-il, faisant allusion à Laurianne Danguilhen, qui faisait partie de la liste de Francis Balland (Dvd) en 2014 avant de rejoindre celle de Jean-Christophe Poulet en 2020.
Une dissidence qui agite la majorité
Sa candidature surprise agite la majorité. Jean-Christophe Poulet, qui rappelle avoir gagné « les quatre élections municipales au premier tour » l’assure, il n’y a « pas d’inquiétude » dans son camp, même s’il avoue avoir été « surpris. Je n’ai rien vu venir ! Ça a beaucoup choqué l’équipe, mais ça l’a resserrée. La méthode n’a pas plu non plus. J’ai fait une réunion chez moi en juillet pour décliner notre stratégie et Laurianne n’avait émis aucun désaccord ».
Nathalie Derveaux tacle déjà ses futurs adversaires : « Ça va être compliqué pour eux (quatre élus ont quitté la majorité) parce qu’ils ont tout voté ».
Née à Eaubonne, la future maire de Bessancourt a grandi à Saint-Prix, vécu à Saint-Leu-la-Forêt et Franconville, avant d’arriver à Bessancourt en 2001. Elle a été active à la Fcpe pendant dix ans. C’est d’ailleurs dans ces circonstances qu’elle a rencontré le maire de Bessancourt qui l’a pris sur sa liste en 2014. « On s’est d’ailleurs rendus compte en discutant qu’on avait été dans la même classe, en seconde, à Bury (Ndlr, Notre-Dame-de-Bury, un lycée privé, très côté, à Margency), mais aucun d’entre nous ne s’en souvenait ! » rigole Jean-Christophe Poulet.
Après s’être totalement remise d’un traitement lié à ce qu’on appelle pudiquement une « longue maladie », Nathalie Derveaux sait qu’elle sera désormais en première ligne et qu’il lui faudra prendre des coups, « mais il y a une belle équipe autour. Il faut entrer dans le costume. Je suis assez fière d’être la première femme maire de Bessancourt », confie celle qui estime avoir « plein de choses à apporter à la ville ».
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