Quand on a pas de sous, on a des idées ! L’adage est particulièrement pertinent à Saint-Pierre-lès-Nemours (Seine-et-Marne), où la municipalité regorge d’initiatives pour innover, malgré une situation budgétaire en situation de redressement. Annoncée à grands renforts de communication, ils étaient nombreux à être curieux, et à avoir hâte de découvrir la toute nouvelle Maison des arts de Saint-Pierre-lès-Nemours. Située dans le parc de la mairie, elle a ouvert ses portes avec une ambition claire : offrir un espace d’expression culturelle accessible à tous. Ce projet semble déjà répondre à une véritable attente du public, en témoigne le succès rencontré lors de la première exposition. » On a accueilli plus de 1500 personnes sur les premiers jours de l’exposition, on ne s’attendait pas à ce que cela marche aussi bien, il y a une vraie demande. Toutes les écoles sont passées cette semaine découvrir le lieu », a déclaré Bruno Landais, maire de la commune.
Pendant une semaine, le public s’est rué pour découvrir les œuvres de trois artistes bien différents : Géraldine Theurot pour la gravure, Christophe Thiry pour la peinture et Isabelle Carabantes pour la sculpture. Avec un résultat bien au-delà des attentes : plus de 8 000 euros d’œuvres ont été vendues par les artistes !
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Un départ canon, qui a surpris tout le monde en mairie par son ampleur. Conçue comme un espace modulable, la Maison des arts accueillera donc des expositions, ateliers et résidences d’artistes, ainsi qu’un bâtiment dédié au numérique ouvert aux scolaires. Et entre les expositions, les habitants pourront assister à des conférences autour de l’art, des projection d’opéras, des pièces de théâtre ou encore visiter les musées du monde entier virtuellement.
Les petits Saint-Pierrois ont déjà pris leurs marques
Au-delà de son aspect artistique, la Maison des artistes ambitionne de devenir un véritable carrefour de rencontres et de médiation culturelle pour les jeunes. Ainsi, les classes de la ville se sont rendues cette semaine dans le nouveau lieu pour découvrir les œuvres et participer à des ateliers avec les artistes. L’ancien garage qui jouxte la maison des artistes accueillera bientôt le « fablabl », avec imprimantes 3D, découpeuse laser, robots de codage. Un matériel qui sera mis à disposition des élèves dans le cadre d’ateliers.
» On veut en faire un cocon pour l’art, pour l’expression artistique, multi-artistique. On va avoir des peintres, des sculpteurs. Il pourrait y avoir aussi des ateliers d’écriture et, bien évidemment, des poètes », a précisé le maire. Et parmi les bonnes fées du projet, Bernard Auchère a offert à la commune l’imposant tableau de son grand-père Henri Auchère, une œuvre de 1924 qui a été présentée au Salon des Indépendants de Paris, et désormais en bonne place à l’étage de la maison des artistes.
On fait le choix de recycler les espaces disponibles pour leur donner une nouvelle vie
Le lieu s’articule autour de plusieurs espaces distincts, pensés pour favoriser la diversité des pratiques artistiques. Une grande salle d’exposition, baignée de lumière naturelle qui accueille les œuvres et les performances artistiques, et l’étage en mezzanine qui permet aux artistes d’animer des ateliers avec les enfants des écoles.

Un nouvel espace qui s’inscrit dans une politique plus large d’optimisation des infrastructures existantes. » Il est difficile à Saint-Pierre d’envisager l’avenir des bâtiments publics sans une approche pragmatique. Nous avons donc fait le choix de recycler les espaces disponibles pour leur donner une nouvelle vie », explique Bruno Landais, qui se définit plus comme un « rénovateur », qu’un bâtisseur. C’est ainsi que l’ancienne maison de fonction a été rénovée et transformée en un lieu dédié à la culture.

La première exposition, qui a suscité un vif engouement, n’est qu’un début. » Nous organiserons une deuxième exposition avant l’été, nous prenons le temps de mettre en place une vraie programmation, entre les expos et les ateliers. Nous allons recruter une médiatrice », a annoncé le maire.
L’enjeu désormais est de transformer cet engouement initial en une dynamique durable. Si l’expérience fonctionne, la Maison des arts pourrait même inspirer d’autres communes à repenser leurs espaces inoccupés pour en faire des lieux de culture et de partage.
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