
L’opinion publique a-t-elle réussi à mettre la Ville des Mureaux (Yvelines) face à ses contradictions ? La municipalité, qui vient tout juste de retirer le drapeau ukrainien (en place depuis 2022) de la mairie, a-t-elle fait ce choix pour calmer une petite polémique naissante sur les réseaux sociaux ?
Lundi 22 septembre 2025, jour de la reconnaissance de l’État de Palestine aux Nations Unies par la France et d’autres pays, plusieurs militants locaux, élus d’opposition et habitants, s’attendaient à ce que la commune pavoise le fronton de l’hôtel de ville du drapeau palestinien, comme à Trappes ou à Limay. Leurs espoirs ont été déçus.
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« Deux poids, deux mesures »
Le 23 septembre 2025, la municipalité s’est fendue d’un court billet sur Facebook pour réaffirmer son « soutien pour une solution à deux États et une paix immédiate ». Une déclaration accompagnée d’un visuel mettant en regard les couleurs palestiniennes et israéliennes, reliés par une colombe.
De quoi provoquer l’étonnement de certains internautes, qui ruminent depuis leur déception et taclent François Garay, le maire divers gauche, pour son « manque de courage », et un « deux poids, deux mesures » par rapport à l’Ukraine, dont les couleurs ont été retirées « en début de semaine », précise la municipalité, qui estime qu’il « était temps » de le faire.
Le drapeau de l’Ukraine retiré au pas de course ?
Dans une vidéo publiée le 22 septembre 2025 sur Facebook, on peut voir Fatma Lamir brandir un drapeau palestinien devant l’hôtel de ville des Mureaux. Un rapide coup d’œil au début de l’extrait permet de voir que le drapeau ukrainien flotte toujours.
Deux jours plus tard, il sera remplacé par le drapeau des Mureaux. Hasard du calendrier ? Ou volonté de faire taire les critiques ? « Il était là depuis 2022, donc on s’est dit qu’il était temps de le retirer », nous a-t-on simplement fait savoir du côté de la mairie.
François Garay : « Je suis un légaliste »
Contacté par 78 actu, l’édile éclaire sa position. Il explique que la Ville continuera à défendre et respecter la neutralité des bâtiments publics. La mise en garde du ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau (qui a demandé aux préfets de s’opposer à l’exposition du drapeau palestinien) a été reçue cinq sur cinq par le premier magistrat de la commune.
« Le ministre de l’Intérieur a dit les choses clairement, je les respecte. Je suis assez légaliste là-dessus. Mais le symbole du drapeau palestinien est important. »
François Garay en fait une cause à défendre. Il précise sa position : « J’ai toujours été clair et pour la reconnaissance de deux États, un État palestinien sans le Hamas et un État israélien sans celui qui a été élu démocratiquement, à savoir [Benyamin] Netanyahou. »
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Pourquoi l’Ukraine et pas la Palestine ?
Tout ça en laisse plus d’un perplexe : « Nous l’avons fait avec le drapeau ukrainien, pourquoi pas avec celui de la Palestine ? », se demande ainsi sur les réseaux Thibaud de Fleury-Fagnère, chef de file PCF aux prochaines élections municipales ?
Depuis 2022, l’affichage du drapeau de l’Ukraine sur le fronton de la mairie avait pourtant été salué comme un geste fort de solidarité face à l’invasion russe.
Contactée par 78 actu, Fatma Lamir, conseille municipale d’opposition aux Mureaux depuis 2020, dénonce, elle, une forme de « lâcheté ». « Si on est solidaire pour un peuple opprimé, on doit l’être pour l’autre. Il [François Garay] a eu le courage en 2022 pour l’Ukraine, pourquoi ne pas faire la même chose pour la Palestine ? », interroge-t-elle.
« De la lâcheté et de l’incohérence »
Pour François Garay, confus, les situations ne sont pas tout à fait similaires. « L’Ukraine était un pays attaqué par un autre pays, la Russie. La Palestine vient tout juste d’être reconnue, mais il n’y a quand même pas de réelle organisation par rapport à cet État », analyse-t-il.
Plusieurs militants et habitants fustigent par ailleurs une communication maladroite de la part de la municipalité. « De mettre, le jour de la reconnaissance historique de l’État de Palestine, le drapeau d’un état génocidaire face à celui de l’État victime du génocide est inacceptable. Je suis pour ce message de paix, mais chaque chose en son temps », juge encore Fatma Lamir.
La conseillère municipale estime qu’il y a eu un gros « loupé » dans le traitement de ce dossier. « Je lui ai tendu la main une première fois en conseil municipal en 2024 et en 2025 avec une motion pour un cessez-le-feu et l’application du droit international, rejetée par la majorité. »
« À chaque fois, il [François Garay] me disait qu’il n’y aurait pas de drapeau tant que l’État de Palestine n’était pas reconnu. C’est de la lâcheté et de l’incohérence. Soit on a des valeurs de gauche, soit on ne les a pas. »
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François Garay liste des préalables
François Garay n’exclut pas de hisser un jour le drapeau palestinien sur le fronton de sa mairie. Mais dans ce cas, « je pense que nous mettrons aussi le drapeau de la paix », comme a pu le faire la Ville de Paris sur la tour Eiffel à la veille de la reconnaissance officielle par la France de l’État palestinien.
« Premièrement, il y a la question fondamentale de la libération des otages. Deuxièmement, il faut que Netanyahou arrête ce génocide. Il faut aussi régler la question de l’invasion de la Cisjordanie par les colons israéliens. »
François Garay est très clair : « Ce que fait Israël, c’est un génocide »
Pour le maire des Mureaux, il n’y a pas d’autres chemins que celui qui doit mener à la paix au Proche-Orient. « L’enjeu est de savoir vers quoi on veut tendre, quel type de démocratie et comment on assure la liberté sur place ? », synthétise l’édile.
Mais François Garay n’a pas peur des mots. « Ce que fait Israël, c’est un génocide. Ce qui se passe depuis le mois d’octobre 2023, c’est inadmissible. La vraie question, c’est de savoir comment on arrivera à la paix là-bas. »
D’après nos informations, le sujet doit de nouveau être mis sur la table ce 24 septembre 2025 en conseil municipal.
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