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Ce nouvel investisseur va-t-il briser la malédiction qui entoure depuis de nombreuses années le château d’Acqueville ? Cette vaste demeure de Villennes-sur-Seine (Yvelines), bâtie en 1598, a été adjugée pour 921 000 € durant l’été 2024 aux enchères judiciaires, après une première offre à 451 000 € quelques mois avant. L’acquéreur, désormais propriétaire d’une grande partie du domaine, va devoir s’accorder avec la trentaine d’autres copropriétaires avant de pouvoir redonner à ce patrimoine son lustre d’antan.
D’investisseurs peu scrupuleux en longues procédures devant les tribunaux, le château et ses dépendances sont à la merci des pillards et des vandales depuis la fin des années 2000. Si bien que ce petit bijou du patrimoine local, niché dans un écrin boisé de neuf hectares, est désormais en ruine. La remise en état du site nécessiterait plusieurs millions d’euros de travaux. Entre 12 et 15, selon certaines sources, beaucoup moins selon d’autres.
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Qui est le nouvel acquéreur ?
Le nouvel acquéreur, un Francilien d’une quarantaine d’années à la tête de plusieurs entreprises spécialisées dans l’immobilier et le médical, a fait part de ses ambitions pour le château aux représentants de la municipalité rencontrés récemment. Il souhaite y réaliser un complexe à destination des entreprises, comprenant bureaux, salles de réunion et tout le nécessaire pour organiser des séminaires.
« On a déjà acquis des propriétés abandonnées que l’on a restaurées. On sait faire. On est en train de mettre tout en place pour éviter de nouvelles intrusions. »
En 2010, un premier promoteur avait racheté le tout pour 4,5 millions d’euros, avec la promesse d’y aménager un complexe hôtelier. Un investissement financé par la vente de lots dans la propriété à trente-quatre particuliers. En réalité, une escroquerie pour laquelle cinq personnes ont été condamnées par la justice en septembre 2023. Le domaine a ensuite été racheté par un second promoteur qui a fait faillite avant d’entreprendre les travaux. Des plaintes ont également été déposées contre lui.

La difficile équation à résoudre avec les copropriétaires
Comme l’ont expliqué plusieurs acteurs du dossier, ce nouvel investisseur devra composer avec ces trente-quatre copropriétaires floués. Ils n’ont jamais réussi à se délester de cet investissement qui leur a fait perdre au total autour de 5,5 millions d’euros et gardent un pouvoir décisionnaire au conseil syndical.
« Conscient » de cette difficulté, il attend de s’entretenir avec eux afin d’affiner son projet. C’est pourquoi, impossible d’obtenir des détails sur le calendrier pour le moment. « Rien ne pourra se faire sans notre accord », confirme l’un des copropriétaires, originaire de la région lyonnaise.
La rumeur de l’implantation d’une école cultuelle agite le microcosme local
Cette affaire prend également depuis peu une tournure étrange. Un bruit se répand dans cette commune cossue de 5 000 habitants. Sous couvert d’anonymat pour la plupart, simples riverains, acteurs associatifs et même politiques affirment, avec même beaucoup de convictions pour certains, que le nouvel acquéreur envisagerait de transformer le château en « école coranique ». Le dernier bulletin d’information de la société d’histoire locale l’évoque à demi-mot.
Sans vraies preuves, ces personnes convoquent des sources en mairie, un témoin présent lors de l’adjudication judiciaire, des projets similaires dans des villes voisines ou le faible capital social de l’entreprise acquéreuse, pour tenter d’étayer leurs affirmations. Avec, en toile de fond, un discours commun sur « la sauvegarde du patrimoine local » : « Ce genre d’infrastructure ne serait pas en adéquation avec l’identité du lieu et de la commune », estime l’un d’eux.

Le maire : « La campagne des élections municipales a commencé avant l’heure »
Le principal intéressé « dément formellement » tout projet de cet ordre et y voit là des préjugés racistes. « Je n’en avais pas entendu parler et c’est totalement infondé », insiste-t-il. Le maire, Jean-Pierre Laigneau, pense à une manœuvre de son opposition : « La campagne des élections municipales a commencé avant l’heure », tonne-t-il.
« L’investisseur est une personne très sérieuse que j’ai rencontrée avec son avocate. Il ne m’a pas paru avoir des intentions cachées, ni de lien avec une institution religieuse quelconque. Cette rumeur s’appuie sur des inquiétudes malsaines autour de l’Islam », balaie Olivier Daeschner, adjoint en charge du dossier.
Le sujet pourrait en tout cas s’inviter ce jeudi 10 octobre 2024 à la table du conseil municipal, où sera votée la mise en place d’un périmètre d’étude environnemental sur le domaine d’Acqueville. Cette délibération, « sans lien » avec le récent changement de propriétaire, devrait être l’occasion pour chacun d’exprimer ses inquiétudes sur l’avenir du site.
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