, Aux assises de Seine-Saint-Denis, l’impuissance des autorités face à un féminicide annoncé

Aux assises de Seine-Saint-Denis, l’impuissance des autorités face à un féminicide annoncé

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En 23 ans de métier à organiser la protection de victimes de conjoint violent, la juriste de l’association SOS Victimes 93 n’a connu qu’un seul épilogue tragique, un de trop : le féminicide retentissant de Bouchra Bouali en novembre 2021, jugé cette semaine aux assises de Seine-Saint-Denis.

Khalid Fahem, 54 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre par dix-sept coups de couteau de sa femme, neuf jours après sa sortie de prison où il purgeait une peine pour violences conjugales. Une libération anticipée de trois semaines dont la justice avait oublié d’informer Bouchra Bouali.

En ouverture de cette deuxième journée d’audience mercredi, la juriste de l’association SOS Victimes 93 revient sur l’impuissance des autorités à empêcher ce drame annoncé, malgré trois plaintes, deux incarcérations, une salve d’interdictions judiciaires et l’activation de protocoles de protection des personnes vulnérables.

« Vous savez, de toute façon il va me tuer »

« Je sentais chez (Bouchra) une grande peur, qu’elle me manifestait à chaque fois que je l’avais au téléphone. Cette phrase que j’entends malheureusement assez régulièrement mais qui parfois résonne autrement, et là résonnait autrement : + vous savez, de toute façon il va me tuer + », témoigne à la barre Nathalie M., ample chemisier blanc sur un jean.

En ce début d’été 2021, Khalid Fahem est en détention provisoire en attendant son procès suite à deux plaintes pour menaces de mort déposées par son épouse de 44 ans, qui vient de lui annoncer leur rupture.

Inquiet de ce profil menaçant fasciné par les couteaux, le parquet de Bobigny transmet avant même l’audience le dossier à SOS Victimes 93 pour se prononcer sur d’éventuelles mesures de protection de Bouchra Bouali.

« Ce qui m’a fait basculer dans (la qualification de) grave danger, c’est les menaces de monsieur, son profil psychologique, sa consommation de cannabis, et le fait qu’il n’accepte pas la séparation », détaille la juriste.

Prête à se défendre

Quelques jours avant le procès, le parquet et l’association remettent donc à cette propriétaire d’un commerce de prêt-à-porter un téléphone grave danger, qui permet d’alerter les services de police en cas de violation par le conjoint violent de l’interdiction de contact.

Un dispositif que déclenche Bouchra Bouali lorsque Khalid Fahem se présente à son domicile début octobre, à peine sorti d’un premier séjour derrière les barreaux suite à sa condamnation en juillet. Son sursis probatoire révoqué à hauteur de deux mois, il retourne aussitôt en prison.

Or dans sa cellule, Khalid Fahem rumine toujours. « Il avait le projet de tuer sa femme. Il n’avait aucun autre projet. Juste la tuer et retourner en prison », rapporte un de ses anciens co-détenus à Fleury-Mérogis, entendu en visioconférence par la cour d’assises.

« Elle a même acheté un gilet pare-balle »

Bouchra vit aux aguets. Dans la rue, elle se retourne sans cesse. Elle installe à son domicile une caméra de vidéosurveillance, change la serrure, s’équipe pour se défendre en cas d’agression par son mari.

«J’accompagne plusieurs victimes qui ont soit un téléphone grave danger, soit un bracelet antirapprochement. Mais des protections comme un taser et une bombe lacrymogène, je crois qu’en trois ans (de poste) c’est la seule que j’ai vue », rapporte l’intervenante sociale au commissariat d’Epinay, qui la suit également.

« Elle a même acheté un gilet pare-balles. J’étais choquée avec mes sœurs. Mais elle a dit + c’est un lâche, il peut me poignarder dans le dos + », sanglote à la barre Rahma Bouali, grande sœur de la victime.

Le 17 novembre, bénéficiant d’une réduction de peine de trois semaines, Khalid Fahem sort à nouveau. Mais l’information n’est transmise ni à Bouchra Bouali ni à ses interlocuteurs – ce qu’un décret du ministère de la Justice pris dans la foulée du drame rendra obligatoire.

« Je me souviens d’une dame qui avait peur mais se battait constamment », dit la juriste. « Et le 26 novembre 2021, j’ai appris son décès par le parquet de Bobigny ».

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