, L’étonnante vie de l’ancienne place centrale de Colomiers, lieu unique où se trouvaient mairie, école et… prison provisoire

L’étonnante vie de l’ancienne place centrale de Colomiers, lieu unique où se trouvaient mairie, école et… prison provisoire

l’essentiel Les souvenirs d’enfance d’Albert Lazerge, né en 1910, révèlent la vie et l’organisation (mairie, école, commerces, fêtes) de l’ancienne place centrale de Colomiers au début du XXe siècle.

La rue Gilet, la place Joseph-Verseille, la rue de l’église et d’autres rues de Colomiers vont bientôt être inaugurées par la maire, Karine Traval-Michelet, à la suite de leur rénovation. Le patrimoine architectural de cet axe historique porte encore aujourd’hui les marques d’un passé oublié.

La place de la mairie en 1908.
La place de la mairie en 1908. Photo SAHLC.

Il est possible de remonter le temps en relisant les écrits des anciens Columérins. Parmi eux, Albert Lazerge avait raconté ses souvenirs d’enfance autour de l’ancienne place de la mairie au début du siècle dernier. La publication n° 13 de la revue de la Société d’histoire et d’archéologie de Colomiers (SAHLC) avait donné carte blanche à cet ancien militaire aérostier né en 1910.

Une mairie, une école et une prison

Il avait 8 ans quand leur instituteur a libéré les écoliers à 3 heures de l’après-midi après leur avoir fait chanter la Marseillaise le jour de la signature de l’armistice. L’école (3 classes de garçons et en face 2 classes de filles) tout comme la mairie étaient au centre du village le long de la rue Gilet. Les « maîtres et maîtresses » y avaient leur logement de fonction au 1er étage. Il y avait deux cours de récréation bien séparées pour les filles et les garçons. Une partie était couverte d’un préau pour se mettre à l’abri de la pluie. L’été les enfants allaient se rafraîchir aussi à la source du lavoir rue Chrestias. La place était herbeuse et toutes sortes d’animaux domestiques y broutaient : chevaux, oies, canards, etc. Autre particularité, dans un coin de la place de la mairie ceinturée d’un haut mur il y avait une prison provisoire où le garde champêtre gardait les délinquants en attendant les gendarmes.

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La place au centre du commerce local

Non loin de la mairie et de la poste de nombreux commerces étaient regroupés. Un boulanger y vendait des « pistolets » (petits pains ronds). Le charcutier était surnommé « le père Saindoux » ! Une mercerie, un magasin de vêtements, une marchande de fruits et légumes, une marchande de volailles et d’œufs (au coin des rues Chrestias et Gilet) mais aussi un marchand de bois de chauffe fournissaient les biens de première nécessité aux Columérins. Le principal lieu de rencontre était, bien sûr, le café de la mairie.

Un lieu de festivités

Le 14 juillet était fêté le dimanche suivant la date officielle de la fête nationale. Courses en sac, balle au pot et autres jeux collectifs faisaient partie des animations préférées. La fête locale durait deux jours autour du 15 août, on l’appelait « la baloche ». Un orchestre d’une dizaine de musiciens – principalement des cuivres – était installé au centre de la place décorée d’oriflammes, de mâts et de falots à bougie pour la nuit. Le café de la mairie installait aussi des tables et des chaises sur la place et une partie de la rue. Les baraques foraines occupaient le pourtour de la place alors que les manèges se trouvaient place de la bascule.

Tous les villageois participaient à ces réjouissances et organisaient des farandoles qui se dirigeaient vers les cafés de la route nationale et bien sûr vers la place Firmin-Pons, l’autre lieu d’animation du village.

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