, La justice ne trouve rien à redire à l’édito de Noël du maire d’Asnières et son image de la Nativité

La justice ne trouve rien à redire à l’édito de Noël du maire d’Asnières et son image de la Nativité

, La justice ne trouve rien à redire à l’édito de Noël du maire d’Asnières et son image de la Nativité

Un nouveau désaveu pour deux défenseurs de la laïcité. Il y a deux ans, dans l’éditorial du journal Asnières Infos (décembre 2023), le maire, Manuel Aeschlimann (LR), déplorait que « la société de consommation a[it] fait de Noël une fête commerciale ». S’il reconnaissait que « ce moment de partage [était] une occasion d’échanges, de cadeaux et de gastronomie », il demandait à ne « pas oublier que cette fête [venait] avant tout célébrer la naissance de Jésus-Christ ». Son propos était illustré par un dessin de la Nativité : dans une étable surplombée de l’étoile du Berger étaient représentés Joseph et Marie, au loin, les Rois mages. Cette publication a valu à la ville d’Asnières d’être attaquée en justice, deux élus considérant qu’elle dérogeait au principe de laïcité et de neutralité des services publics.

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Un jugement sur la forme, non pas sur le fond

Pierre Ouzoulias, sénateur (PCF) des Hauts-de-Seine, et Nino Schillaci, opposant communiste local, avaient en effet saisi le tribunal administratif de Cergy-Pontoise afin que le texte et l’image de la Nativité soient retirés du site Internet de la commune, et que le jugement qui devait intervenir leur soit substitué. Mais les juges avaient débouté les deux requérants – sur la forme, et non pas sur le fond.

Déjà à l’origine d’une procédure censée défendre le principe de laïcité – elle portait sur la cérémonie de Hanouka organisée à l’Élysée en décembre 2023 – Pierre Ouzoulias ne s’était pas avoué vaincu et avait interjeté appel de la décision du tribunal administratif aux côtés de Nino Schillaci. Il y a quelques jours, le 20 novembre 2025, la cour administrative d’appel de Versailles a rendu public son arrêt, qui réserve aux deux hommes la même issue.

Pour les juges, bien qu’il soit sénateur d’une circonscription dont relève Asnières, Pierre Ouzoulias « ne justifie pas d’un intérêt personnel suffisamment direct et certain lui donnant qualité pour contester la légalité de la décision litigieuse ». Ce qui n’est pas le cas de Nino Schillaci, qui réside bel et bien à Asnières. Et si le parlementaire fait valoir qu’il est « très investi sur les questions de laïcité, en tout état de cause, il ne l’établit pas », peut-on lire dans l’arrêt. Quant à l’argument de l’excès de pouvoir, avancé par les deux hommes, « il ne ressort du contenu éditorial incriminé qu’il révélerait d’une décision expresse ou implicite, le simple fait de rédiger et de publier un texte n’ayant aucun caractère décisoire ».

La cour « vient de confirmer le jugement de première instance et rejette l’appel des deux extrémistes », a rapidement salué Manuel Aeschlimann sur les réseaux sociaux.

« Aucune exclusion des autres religions n’a été opérée »

« Le principe de laïcité n’interdit pas à un maire de rappeler l’origine religieuse d’une fête ou d’une cérémonie », insiste l’édile. À ses yeux, est-il contextualisé dans l’arrêt de la cour d’appel de Versailles, l’éditorial « présentait de manière factuelle et historique les fêtes de Noël, sans aucun caractère prosélyte ni ostentatoire ». De plus, le bulletin municipal fait apparaître « un grand nombre d’activités et de célébrations de Noël, dénuées de tout caractère religieux ». Enfin, « aucune exclusion des autres religions n’a été opérée ». 

Conforté dans son action, Manuel Aeschlimann rééditera-t-il cette année dans le bulletin municipal, certainement sur le point d’être bouclé ? « La question n’est pas tranchée », indique son cabinet.

La justice n’a peut-être pas encore clos le dossier de la mairie d’Asnières. Dans les colonnes du Parisien, tout juste débouté par le tribunal administratif, Pierre Ouzoulias indiquait qu’il n’excluait pas d’aller jusqu’au Conseil d’État pour obtenir gain de cause dans cette affaire. Affaire qui n’est pas sans rappeler les polémiques passées au sujet de l’installation de crèches dans les bâtiments publics comme les mairies. Faute de loi claire encadrant la pratique, les usages et les décisions de justice varient d’une région à l’autre.

En septembre, par exemple, le tribunal administratif de Nîmes a donné raison à l’ancien préfet du Gard qui avait demandé le retrait de la crèche installée à la mairie de Beaucaire. Pour la juridiction, elle ne représentait pas de caractère culturel ou artistique. Elle ne revêtait pas non plus de caractère festif. Il ne s’agissait pas d’une exposition et elle ne correspondait pas à un usage local, mais à un mouvement revendicatif. Enfin, le tribunal jugeait que les propos tenus par le maire qui avait procédé à son inauguration conféraient à l’installation une dimension religieuse.

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