, Face à la mairie d’Achères, le jeune club de foot crie à « l’injustice » : le torchon brûle

Face à la mairie d’Achères, le jeune club de foot crie à « l’injustice » : le torchon brûle

, Face à la mairie d’Achères, le jeune club de foot crie à « l’injustice » : le torchon brûle

Entre la Ville d’Achères (Yvelines) et l’Association sportive jeunesse d’Achères (ASJA), ce n’est pas la grande histoire d’amour. Loin de là. Les rapports sont même devenus conflictuels

Créée en octobre 2020, l’ASJA est née avec une ambition : monter un club compétitif de futsal et de football avec la performance au centre du projet. Et aussi une nouvelle offre.

« On est des amis passionnés de football, présente le président Yosri Ben Fekih. Dans notre ville de 20 000 habitants, il n’existe pas de structure pour faire de la grande compétition et développer des talents. L’autre club de foot, historique [FC Achères], est plus orienté loisirs. Et dans toutes les catégories, il est dans les derniers échelons. »

Pas de deuxième club à Achères ?

« Ce qui se passe, c’est que les meilleurs joueurs de la ville vont dans les communes voisines, voire dans d’autres départements, constate Yosri Ben Fekih. On connaît des parents qui font quatre heures de route dans la semaine pour les entraînements dans d’autres villes, et des petits de 12 ans qui prennent le train pour aller ailleurs. C’est la réalité. »

En plus, les dirigeants de l’ASJA ont toujours eu l’intention de développer un volet social, avec une aide aux devoirs, des actions de citoyenneté, des ramassages de déchets…

Alors qu’ils pensaient avoir fait bonne impression, auprès de la municipalité, rien ne se passe comme prévu.

« La mairie nous a bloqués, ce qui est contraire à la liberté d’association et l’égalité de traitement avec les associations. Elle ne veut pas de deuxième club à Achères. »

Yosri Ben Fekih, président de l’Association sportive jeunesse d’Achères

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Des conditions imposées

« Depuis 5 ans, on a sans cesse des conditions [à remplir] », s’agace le président, sans pour autant se décourager. Le club ne peut toujours pas faire de compétition. « Pour s’inscrire au district, il faut une validation d’un terrain officiel pour accueillir les matchs. C’est à la mairie de le faire, sauf qu’elle a décidé de ne pas nous mettre de terrain à disposition le week-end. »

La Ville impose aussi au club qu’il ne reprenne qu’au maximum 10 % des licenciés du FC Achères. Autre problème : l’ASJA ne bénéficie d’aucune subvention de la part de la municipalité et d’aucun local administratif.

« Je pense que lorsqu’ils ont vu l’engouement pour notre club, ils ont eu peur que l’historique disparaisse et que les licenciés viennent chez nous. Et ils ont essayé de nous décourager. On n’est pas là pour être contre ou pour prendre la place d’une structure. On veut juste proposer une alternative. »

Yosri Ben Fekih

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Le football à Achères : des problèmes par le passé

Contactée, la Ville confirme qu’elle ne souhaitait pas à l’époque qu’un second club de football arrive si précipitamment dans le paysage sportif local.

L’explication trouve ses raisons dans une vieille histoire. « Pour remettre dans le contexte, pendant la période 2018-2019, le FC Achères a connu plusieurs problèmes liés à la consommation de substances illicites et de violence avec des descentes de la police nationale », pose Olivier Casenaz, directeur général des services de la Ville.

« On veut stabiliser la situation » répond la Ville

Il poursuit. « La mairie a agi pour retrouver un club propre et sans délinquance. Ça a pris deux ans. Le club était dans une situation de reconstruction et l’ASJA est arrivé à ce moment-là. On a d’abord voulu que la situation se stabilise avant de voir un autre club arriver, sachant que certains membres de l’ASJA étaient issus du FCA. C’était un équilibre fragile. On ne voulait pas de désordre. »

La Ville a finalement accordé des créneaux, en gymnase, pour la pratique du futsal. « Mais pas de 11 contre 11. L’ASJA a alors préempté les terrains des créneaux libres, ouverts à tous, affirme Olivier Casenaz. Il y a des familles qui venaient avec leurs enfants et qui se retrouvaient sans rien, car il y avait tout le terrain de pris pour un entraînement de l’ASJA. »

De nouvelles règles, la situation se tend

Cette dernière année, des créneaux ont officiellement été accordés sur le terrain du complexe Georges-Bourgoin. « On a déplacé les buts pour qu’ils aient un demi-terrain pour les jeunes catégories U8 à U12, pour une offre type académique, sans championnat », décrit Olivier Casenaz.

L’ASJA peut donc désormais utiliser le terrain le lundi de 18 h à 20 h. Mais avec des règles strictes. Pas de compétition. « Et on ne doit pas dépasser 62 licenciés. Il est aussi interdit d’avoir des adhérents de plus de 12 ans », dénonce Yosri Ben Fekih.

« On n’est pas respectés. C’est discriminatoire ! »

Yosri Ben Fekih, président de l’ASJA

En dehors de ce temps, et pour mener à bien la somme de leurs entraînements, les dirigeants se débrouillent par eux-mêmes. « On joue sur les city-stades de la ville avec notre propre éclairage de fortune, explique le président. On utilise aussi le terrain Leraillé inutilisé le mercredi après-midi. On ne lâchera pas. »

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« Des intimidations sur les agents de la Ville »

Pourquoi cette stratégie de la mairie ? Elle fait part d’événements récents. « On a des soucis avec des membres de l’ASJA qui ont intimidé des agents de la Ville entre septembre et octobre 2024, soutient Olivier Casenaz. Ils sont venus par dizaines tous les jours devant la mairie pour leur mettre la pression. Ils ont bloqué des voitures à la sortie. Un dirigeant dormait même dans sa voiture sur le parking. Des agents se sont inquiétés d’une possible escalade. »

« Là, ça s’est tendu. L’ASJA se dit que la Ville cédera. On leur a dit soyez patient, ils n’ont pas voulu. On souhaite avancer progressivement, en étant vigilants face à des comportements. Oui, on a peur de retrouver certaines dérives à Achères. »

Olivier Casenaz, directeur général des services

« Les membres du club sont effectivement partis à la mairie pour savoir pourquoi l’ASJA n’avait pas le droit à la compétition, rétorque Yosri Ben Fekih. Cependant, il n’y a jamais eu de blocage des agents, ni de problèmes avec les salariés de la mairie. »

Une pétition pour faire bouger les lignes

Une pétition, qui compte 282 signatures, a été lancée par l’ASJA pour recueillir des soutiens. Le club y fait état de « 22 refus de partenariat en cinq ans, avec un accord sous pression ».

Il dénonce également « l’injustice » qui « favorise un club historique en déclin au détriment d’un projet dynamique et prometteur ».

À ce jour, l’ASJA compte 150 adhérents, une dizaine d’équipes et douze éducateurs.

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