« En travaux » et « Ouverture en cours :)», cela fait maintenant plusieurs années que ces mots écrits sur deux feuilles de papier sont affichés sur la devanture du local commercial situé en face du lycée Fustel de Coulanges et du collège Gérard Philippe à Massy (Essonne).
Le lieu qui accueillait un restaurant est laissé à l’abandon depuis de longs mois au grand désespoir de Neves, l’actuel locataire des lieux. Amer, il estime que la municipalité est responsable de la dégradation du local et par ricochet de sa situation de « précarité extrême » dans laquelle il se trouve aujourd’hui.
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Un démarrage d’activité freiné par le Covid-19
« Je suis sans domicile fixe », confie le restaurateur en ouvrant la porte du local. À l’intérieur, une forte odeur d’humidité emplit l’air, le sol est jonché de morceaux de faux plafond, des câbles d’éclairage pendent tout comme les tuyaux de l’aération.
« J’ai acheté le fonds de commerce en 2020 pour environ 55 000 euros. Il y avait un restaurateur indien installé. J’ai alors décidé de changer la carte et de proposer un concept plus dynamique, plus susceptible de séduire les lycéens, avec des sandwichs, des paninis et des burgers », se souvient l’entrepreneur âgé de 38 ans.
Toutefois, le confinement décrété dans tout le pays pour freiner la propagation du Covid-19 a mis un coup d’arrêt à son activité.
« Ma société étant nouvellement créée, je n’avais pas le droit aux aides de l’État. Mais j’ai essayé de faire vivre l’activité en proposant de la cuisine africaine en vente à emporter ainsi que sur les applications de livraison de repas », raconte Neves qui a exploité un restaurant à Longjumeau.
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La mairie a racheté le local commercial et la maison attenante
Propriétaire du fonds de commerce, mais pas des murs, le restaurateur versait chaque mois un loyer au propriétaire qui habitait la maison attenante au local commercial.
Au décès de celui-ci en 2022, son fils décide de vendre l’ensemble de la propriété en un seul lot. Le trentenaire se positionne alors pour racheter le bien immobilier, mais il n’a pas pu aller au bout du processus, faute d’avoir obtenu de prêt bancaire.
« En 2024, nous avions signé un nouveau compromis de vente, j’avais réussi à négocier un super prix et à obtenir un financement de la banque, mais le maire est intervenu pour bloquer cette vente et en faire elle-même son acquisition », certifie Neves.
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La municipalité souhaite choisir la future offre proposée sur place
Contactée, la municipalité confirme avoir acheté le lot comprenant le local commercial et la maison attenante, mais réfute avoir préempté le bien :
« Nous avons acheté à l’amiable sans avoir exercé notre droit de préemption. Comme la loi l’impose aux collectivités territoriales, nous avons acheté le bien au prix de l’estimation des domaines et non au prix négocié entre le propriétaire et le locataire », affirme-t-on.
La municipalité explique ainsi être uniquement intéressée par le local commercial.
Nous souhaitons maîtriser l’activité qui élira domicile dans ce local, car pendant des années, des commerces de mauvaise qualité qui ne duraient pas s’y sont installés. L’activité de ces commerces occasionnait par ailleurs de nombreuses nuisances, notamment nocturnes pour les riverains.

La mairie confirme sa volonté de vendre la maison
En septembre 2024, des premiers échanges ont lieu par mail entre les services de la ville et Neves qui reste locataire du local commercial.
« Je les ai interrogés sur ce qu’ils comptaient faire de la maison, car je projetais d’y vivre avec ma femme et mon fils de deux ans et demi et qu’à la suite de ce non-achat, je me suis retrouvé en grande difficulté et sans logement, mais je n’ai jamais eu de réponse écrite sur ce sujet », se remémore le père de famille.
« Nous lui avons confirmé que nous ne souhaitions pas garder la maison et que nous souhaitions la revendre, mais que pour qu’il l’obtienne, il faudra qu’il formule l’offre la mieux-disante », rétorque la municipalité qui assure « n’avoir aucun souci » avec son locataire.
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« Ils manquent de compréhension et d’humanisme »
La mairie a décidé à ce moment-là, comme elle en a le droit, d’augmenter le prix demandé pour la location du local.
« Il est passé 850 euros avec l’ancien propriétaire à environ 1 200 euros, déplore Neves. Au regard de ma situation, je trouve qu’ils manquent de compréhension et d’humanisme ».
En face, la municipalité déclare que l’accord tacite que le locataire avait avec l’ancien propriétaire pour bénéficier d’un loyer bas, ne s’applique à elle : « Nous n’avons rien à nous reprocher, nous sommes très à l’aise avec cette situation », estime-t-on.
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« Les élèves me demandent souvent quand je vais rouvrir »
Néanmoins, l’état du local aujourd’hui empêche toute exploitation commerciale par le locataire actuel qui, de ce fait, ne paie pas de loyer.
« Je ne vais pas mettre mes économies pour faire les travaux de remise aux normes alors que je ne suis pas propriétaire et que je n’ai pas signé d’avenant au contrat de bail », clame Neves.
« C’est dommage que la mairie laisse le local et la maison à l’abandon. C’est très difficile à vivre, surtout quand les élèves me croisent, ils me demandent souvent quand je vais rouvrir », regrette le restaurateur qui craint d’être expulsé du local sans indemnité.
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Un point de restauration pourrait rouvrir dans les prochains mois
Selon la municipalité, une offre de restauration pourrait rouvrir sur place dans les prochains mois.
« Nous avons une piste sérieuse pour l’ouverture d’une offre de restauration attractive pour les lycéens et les collégiens, autant en termes de prix que de qualité », indique-t-elle sans toutefois fermer définitivement la porte au locataire actuel.
« S’il fait une proposition, nous l’étudierons. La concurrence est toujours une bonne chose, ça pousse les candidats à proposer les meilleures offres pour les consommateurs », conclut-elle.
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