, En Seine-et-Marne, cette mairie s’oppose à la création d’un centre d’hébergement d’urgence en ville

En Seine-et-Marne, cette mairie s’oppose à la création d’un centre d’hébergement d’urgence en ville

, En Seine-et-Marne, cette mairie s’oppose à la création d’un centre d’hébergement d’urgence en ville

Dans l’ancien Ehpad Eleusis, rue Marc Chagall à Saint-Thibault-des-Vignes (Seine-et-Marne), des travaux sont en cours. Adoma, opérateur de la Caisse des dépôts et consignations (CDC Habitat) a racheté les locaux après le départ de la maison de retraite médicalisée, en juillet 2023. Un centre d’hébergement d’urgence (CHU) d’une centaine de places doit prochainement ouvrir. Pourtant, la mairie fait part de son opposition depuis bientôt un an.

Malgré de nombreux échanges depuis mai 2024, chacun reste sur ses positions. D’un côté, la mairie, contre ce CHU, de l’autre, la préfecture et la sous-préfecture, pour qui cette installation est un « projet d’intérêt général de premier ordre ».

Christian Plumard, maire de Saint-Thibault, explique :

Nous ne nions pas les besoins et nous ne sommes pas contre ce type d’établissement, mais pas à cet endroit.

Christian Plumard, maire de Saint-Thibault

L’ancien Ehpad est situé juste en face de la place Claude Monet, secteur fraîchement réaménagé, souligne-t-il, en lisière d’un quartier résidentiel.

Une incompréhension de départ au moment du rachat ?

Pourtant, comme l’a souligné l’opposition en conseil municipal le 13 février dernier, la ville avait délivré un Permis d’Aménager qui précisait bien la finalité des travaux le 29 avril 2024. Refaisant l’historique, le maire actuel, qui était alors 1er adjoint, a expliqué : « Quand Adoma a racheté l’établissement, il nous avait été indiqué que le lieu allait accueillir des femmes en danger. Ce fléchage était tout à fait louable ».

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Ce n’est qu’en mai 2024 que la mairie aurait eu des échos discordants évoquant l’hébergement « de familles défavorisées, de personnes isolées, en réinsertion, voire en attente de carte de séjour », poursuit Christian Plumard. « Il y a eu un changement de destination. »

L’hébergement d’urgence : de courts séjours encadrés

Débutent alors les échanges avec la sous-préfecture. Si chaque partie entend les arguments de l’autre, personne ne semble vouloir céder. « C’est un projet de longue date », commence le sous-préfet François-Claude Plaisant. D’après Adoma, les discussions remonteraient même à 2021. « De nombreuses situations génèrent des besoins d’hébergement d’urgence, il peut s’agir de femmes victimes de violences, de personnes précaires expulsées de chez eux… Les situations sont diverses et Adoma est un opérateur de l’État, sérieux », ajoute le sous-préfet, cherchant à « rassurer ».

D’après lui, il est courant que ce type d’établissement suscite des inquiétudes. Mais « ils ne génèrent ensuite jamais de difficultés », évoquant un « fort taux d’encadrement ».

On parle de séjours très courts, de quelques jours à quelques semaines, pour des personnes et des familles qui se retrouvent en difficulté et que la priorité est de mettre dans un logement pérenne.

François-Claude Plaisant, sous-Préfet de Torcy

« Nous restons opposés à cette installation à cet endroit »

Bien que ces précisions aient été données à la mairie, celle-ci maintient son opposition, sanctuarisée dans une motion, votée à l’unanimité en conseil municipal le 13 février. « Nous restons opposés à cette installation à cet endroit », réitère Christian Plumard. Sur les réseaux sociaux, les amalgames vont vite : « Insécurité (drogue et alcool, je suppose), insalubrité à venir aux alentours et perte de valeur de nos logements… », écrit un habitant quand une autre défend : « J’ose espérer que vous ne serez jamais dans cette situation dans un autre pays. L’humain est terrible… ».

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Pour calmer les inquiétudes, la sous-préfecture envisage une campagne d’information précise. Car nonobstant l’opposition de la mairie, le projet a toutes les chances de se faire. La municipalité le sait : « Sauf s’ils sont hors cadre juridique ou urbanistique, nous ne pouvons pas nous y opposer à une décision qui vient de la Préfecture d’Île-de-France », souffle Christian Plumard, rappelant que le CHU était jusque-là installé à Noisy-le-Grand avant d’être jugé « gênant », cite-t-il, dans le cadre des aménagements du Grand Paris. Avec l’impression qu’on impose à la mairie un projet au nom de ce projet d’aménagement de la métropole.

Des gages de sécurité donnés par Adoma

« Si l’on ne peut l’empêcher, on peut discuter des modalités d’information, d’encadrement et de sécurité », nuance-t-il. Contacté, Adoma assure être « soucieux d’assurer un accueil adapté aux hébergés, tout en préservant l’équilibre du quartier ».

L’organisme précise :

Le futur centre sera doté d’un système de vidéosurveillance et d’un service de gardiennage.

Adoma

De plus, le site accueillera quotidiennement une équipe engagée de travailleurs sociaux, chargée d’un accompagnement sur-mesure auprès des personnes hébergées, afin de favoriser leur insertion durable. Ces précisions seront-elles suffisantes pour rassurer la mairie et les habitants inquiets ?

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