, Crèches dans les mairies : c’est interdit, la raison est vraiment très simple à comprendre

Crèches dans les mairies : c’est interdit, la raison est vraiment très simple à comprendre

Crèches dans les mairies : c'est interdit, la raison est vraiment très simple à comprendre Après que le maire d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) a installé une crèche de Noël dans sa mairie, la justice a exigé de lui qu’il la retire rappelant que l’installation est contraire à la loi.

Les marchés de Noël et autres décorations s’invitent dans toutes les villes de France à l’approche des fêtes de fin d’année. Si ces installations participent à la « magie de Noël », d’autres sont plutôt source de polémique. C’est le cas des installations de crèches dans les mairies. Chaque année, certaines municipalités prennent l’initiative de mettre en scène la Nativité dans leurs locaux alors que la présence de ces installations à la connotation chrétienne évidente est contraire à la loi. La mairie d’Asnières-sur-Seine l’a appris du tribunal de Cergy-Pontoise qui, saisi par la Ligue des droits de l’Homme, a notifié à l’édile l' »urgence à retirer cette crèche de Noël » de l’enceinte de la mairie le 18 décembre 2025.

Si le maire LR de la ville, Manuel Aeschlimann, s’est plaint d’une « attaque d’activistes zélés qui veulent gommer notre histoire et les racines chrétiennes de la France » auprès du Figaro, il était bien en infraction avec sa crèche. L’installation d’une scène de la Nativité dans un bâtiment de la fonction publique, comme une mairie, va à l’encontre du principe de laïcité prévu par l’article 1er de la Constitution de 1958. Si la laïcité implique une liberté de conscience permettant à chacun d’exercer sa foi sans subir de discrimination, elle impose aussi une neutralité de l’Etat à l’égard de tous les cultes, y compris de la religion catholique n’en déplaise au maire d’Asnières-sur-Seine.

Cette neutralité vis-à-vis de la religion chrétienne est précisément prévue par la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Laquelle dispose dans son article 2 que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » et prévoit à l’article 28 l’interdiction « d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ». L’installation d’une crèche de Noël représentant la naissance de Jésus-Christ dans une mairie contrevient à ces deux mesures. Elle met en avant une tradition chrétienne dans un espace public obligé à la neutralité. De la même façon que la laïcité s’applique aux agents publics et leur interdit le port de signes religieux ostentatoires comme un voile, une kippa ou une croix trop visible, elle s’applique aux institutions publiques dont les mairies font partie.

Des crèches interdites dans d’autres mairies

La justice a prévu des exceptions considérant que la crèche de Noël, qui est un symbole religieux incontestable, peut aussi être un élément traditionnel de décoration associé aux fêtes de fin d’année sans signification religieuse particulière indique le docteur en droit David Biroste dans une fiche juridique sur l’installation de crèches de Noël dans des bâtiments publics. Dans les cas où la crèche revêt plus un aspect culturel que cultuel, son installation dans un emplacement public peut être possible à condition qu’elle présente un caractère culturel, artistique ou festif, sans exprimer la reconnaissance d’un culte ou une préférence religieuse. A l’occasion d’un événement culturel ou de la mise en avant d’un savoir-faire local à l’instar des santons de Provence, l’installation d’une crèche dans des institutions publiques a pu être autorisée.

Reste que cette exception n’a jamais été retenue pour justifier l’installation d’une crèche dans une mairie. Les municipalités de Melun, de Béziers ou encore d’Hénin-Beaumont qui avaient également représenté une scène de la Nativité par le passé s’en souviennent. Désormais, le mairie d’Asnières-sur-Seine le sait aussi.

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