, Connaissez-vous l’histoire de la mairie de Tende? On vous la raconte

Connaissez-vous l’histoire de la mairie de Tende? On vous la raconte

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La Villa Alpina devenue mairie. Ce magnifique et imposant édifice qui accueille le visiteur en arrivant au centre du village ne laisse pas indifférent. Il interpelle par sa taille, mais aussi par son histoire puisqu’il a abrité une communauté – un passé quasiment tombé dans l’oubli.

Auparavant, la mairie était installée dans un immeuble de la Via Municipio puis Via Vittorio-Veneto, rebaptisée rue de France*. En 1927, elle établit ses quartiers dans la Villa Alpina: 43 ans d’histoire insolite, depuis sa construction jusqu’à cette reconversion, en ont fait un édifice particulier.

Une saga digne d’une série télévisée

Nous sommes en 1880. Friedrich Mader, pasteur luthérien d’origine allemande, réside à Nice. Il souffre d’asthme chronique. Pour s’échapper de la chaleur du littoral qu’il supporte difficilement, il cherche, dans l’arrière-pays, un endroit pour se refaire une santé. Tende lui tend les bras. Friedrich tombe sous le charme de ce havre de paix et de beauté. Cerise sur le gâteau, et attrait supplémentaire, le village n’est qu’à 13 heures de voyage en calèche depuis Nice! Après quelques étés passés en location, avec son épouse Mathilde et ses 6 enfants, sa décision est prise: il se fera construire une villa à Tende. Grâce à un héritage que Mathilde a reçu, l’édifice voit le jour en 1884. La famille y passera tous les étés et il deviendra leur résidence principale en 1905.

Naissance d’une communauté vaudoise

Friedrich n’en oublie pas sa mission première de pasteur: évangéliser son prochain. Dans sa grande maison de 3 étages, il établit une salle de réunion où 30 à 40 personnes, chaque dimanche, assistent au culte. Les ouvriers, embauchés à la minière de Vallauria et à la construction du tunnel ferroviaire entre Limone et Vievola, viennent du Piémont et sont vaudois. Ils implantent et développent leur religion avec le soutien de Käthe et Frida, les deux filles Mader, de Beatrice Symington et du pasteur de Cuneo, Filippo Cardon.

Les « réunions » se font en plein air à Vievola. Käthe et Frida font aussi l’école aux enfants et aux adultes, gratuitement, dans la villa.

Grandeur et décadence, le bâtiment pillé

Mathilde, l’épouse de Friedrich, meurt en 1915. La Grande Guerre gronde. En 1917, le pasteur Mader, âgé de 86 ans, est alors envoyé en résidence surveillée à Lucca en Toscane en raison de ses origines allemandes. Il y meurt la même année. La Villa Alpina est confisquée et pillée.

Après l’intervention du gouvernement allemand, 10 ans plus tard, elle est restituée aux héritiers par les autorités italiennes. Les héritiers, qui ne s’intéressent pas à cette villa, la vendent, en 1927, pour quelques milliers de lires, à la commune de Tende qui décide d’y implanter sa mairie. Ainsi s’est éteinte la communauté vaudoise, installée à Tende au siècle dernier dans la Villa Alpina. Celle-ci accueille maintenant la mairie**, centre administratif de la commune et de l’organisation territoriale, et symbole de la République et de la laïcité.

*Les villages de Tende et de La Brigue ne sont devenus français qu’en 1947 après référendum.
**L’inauguration de la réhabilitation de la mairie, pour répondre aux normes de sécurité et d’éco énergie, a eu lieu en juin 2023.

Ce mouvement religieux contestataire est né au XIIe siècle et a été fondé par Pierre Valdo – ou Valdès. Aucun rapport donc avec le canton suisse de Vaud. Ce mouvement vaudois fait la promotion de la « pauvreté évangélique » en opposition aux richesses du clergé catholique. La prédication, effectuée par des laïcs est aussi ouverte aux femmes.

Ce néo-protestantisme italien a traversé les siècles malgré l’Inquisition, les persécutions et les massacres. Le plus meurtrier fut celui de Mérindol, dans le Luberon, en 1540, où une large communauté s’était installée. À la fin du XVIIIe, elle reste confinée dans les vallées vaudoises du Piémont en une sorte de ghetto avec 6 000 personnes. Au XIXe siècle, les communautés vaudoises reçoivent une impulsion revivaliste de France, Suisse, Angleterre, qui modifie leur spiritualité et leur théologie. Elles se tournent alors vers l’Italie.

À Tende, la communauté s’installe avec les ouvriers venus du Piémont et embauchés dans les mines et la construction du tunnel ferroviaire. Vievola, Granile, Morignole, Berghe, les accueillent. Pietro Degiovanni*, maître d’école à Tende, prête ses locaux pour les cultes, et le prêche se fait, caché, dans la grotte de Maïna car l’évangélisation est encore difficile. Le pasteur Vittorio Klett « peine à convertir les tendasques, impitoyables envers ceux qui ne sont pas du pays »

En 1979, la Table vaudoise fusionnera avec l’église méthodiste. Aujourd’hui, elle compte environ 45 000 fidèles, en France, dans quelques vallées alpines, dans le Piémont et en Amérique latine. Il y aurait 126 temples en Italie et 4 en Suisse.

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