, Caroline Laguerre transforme cette ville du Val-d’Oise en créant une place onirique

Caroline Laguerre transforme cette ville du Val-d’Oise en créant une place onirique

Caroline Laguerre vit à Paris. Cette femme de 35 ans est artiste illustratrice et multiplie les projets. C’est sur la façade d’une pharmacie inoccupée, place de l’Hôtel de ville, à Pontoise (Val-d’Oise), qu’elle a réalisé une fresque numérique dans le cadre de la cinquième édition du festival le P’tit Reg’Art.

« J’ai une formation de graphiste. Mais, depuis que je suis enfant, je dessine et je me suis toujours intéressée à l’image », confie Caroline Laguerre.

Passionnée par le cinéma, c’est par là qu’elle entre dans le monde de l’image.

À la sortie de ses études, la jeune femme débute par un travail alimentaire dans la mode.

« Je ne faisais pas d’illustration comme aujourd’hui », précise-t-elle.

Je suis partie dans la mode et l’illustration

Caroline Laguerre, artiste du festival Le P’tit Reg’Art

Petit à petit, elle se lance dans des projets de peintures murales dans l’espace public qui deviennent une porte d’entrée vers le milieu du dessin et de l’illustration.

Aujourd’hui, elle collabore avec la presse, notamment des magazines, réalise des commandes pour des institutions et des marques, et dessine des fresques dans l’espace public.

Au départ, Caroline Laguerre ne savait pas vraiment comment se lancer. La mairie du XIIe arrondissement de Paris soutenait et finançait des projets.

Deux fois par an, des commissions culture se réunissaient afin de déterminer s’ils étaient retenus ou non.

L’artiste a proposé le sien, avec un budget détaillé, qui a finalement pu voir le jour grâce à cette initiative locale.

« Petit à petit j’ai commencé à travailler avec des clients privés pour des peintures murales. Puis, ensuite, je suis partie dans la mode et l’illustration », raconte-t-elle en retraçant son parcours.

Aujourd’hui, la jeune femme combine les deux : des peintures murales dans l’espace public et des projets d’illustration numérique ou bien à la gouache pour des clients divers et variés.

Des illustrations éditoriales

Ses projets d‘illustrations éditoriales démarrent par un travail de démarchage.

Les réseaux sociaux ont aussi été une véritable porte d’entrée, réussissant à se créer une petite communauté « avec ses pairs », souligne cette dernière.

« J’aime travailler sur des projets qui m’apportent quelque chose », affirme-t-elle avec enthousiasme.

Dans le milieu de la presse, elle plonge régulièrement dans l’inconnu, dans des sujets qu’elle ne maîtrise et ne connaît pas.

« Je dois faire ressortir des lignes directrices et c’est ce qui me plaît et ce qui ressort de mon travail pour Pontoise ».

Mise en avant du patrimoine

« Tout à coup je m’immerge dans un milieu, un environnement, une ville, un patrimoine », s’émerveille l’illustratrice.

Lorsque Caroline Laguerre a décidé de participer à cet événement pontoisien elle n’avait qu’un objectif : mettre en avant le patrimoine architectural et culturel de la Ville en le mêlant à une vision fantasmée.

Avant de se lancer, elle s’est documentée pour en connaître l’histoire et la culture.

« J’ai essayé de mettre dans ce dessin tout ce que j’avais appris et tout ce que j’avais aimé », raconte-t-elle.

Avant tout, son idée était de créer une place qui n’existe pas, dans laquelle on retrouverait tous les bâtiments caractéristiques et significatifs de Pontoise.

« C’est comme si je faisais une place où j’y mettais la Tour Eiffel et l’arc de Triomphe en même temps », décrit la jeune femme.

Mon œuvre, c’est un peu comme une sorte d’où est Charlie

Caroline Laguerre, artiste illustratrice parisienne

Au sein de son œuvre, plusieurs éléments pontoisiens y ont été cachés : « j’ai mis un pommier. C’est une référence à la Belle de Pontoise, une variété de pommes née là-bas. Il y a aussi le chou et le hareng ».

Ça ne s’arrête pas là. L’artiste y a également dissimulé un tableau, appelé « la charcutière », du célèbre Camille Pissarro, qu’elle l’a simplifié avec son propre style.

« Mon œuvre, c’est un peu comme une sorte d’où est Charlie », s’amuse-t-elle.

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L’artiste travaille sur son œuvre pontoisienne. ©Caroline Laguerre

Un dessin 100 % numérique

Plus simplement, Caroline Laguerre a souhaité représenter la vie pontoisienne dans un environnement « onirique », dit-elle.

La végétation, très présente, pourrait même être qualifiée « d’Amazonienne. On est sur de la végétation très fournie pour instaurer une ambiance chaleureuse, végétale et fleurie », précise-t-elle.

Le tout est encadré par un motif en frise, un rappel aux vitraux de la cathédrale Saint-Maclou.

Il s’agit ici d’une vitrophanie, c’est-à-dire un autocollant posé sur une vitre et qui peut être vue par transparence.

C’est un dessin 100 % numérique, réalisé sur tablette, et imprimé en 5m30 x 2m60.

« Je dessine avec un stylet comme je pourrais dessiner sur papier. D’où le fait que l’on ressente le crayonné », explique l’artiste.

Dans son quotidien, l’artiste illustratrice utilise plusieurs techniques, mais ne travaille qu’avec une palette de couleurs très restreinte.

« Ici, j’ai travaillé avec du jaune, du vert, du rouge, du blanc et du noir. Je suis partie du vert de la pharmacie et les autres couleurs ont découlé », déclare-t-elle.

S’imposer des contraintes, c’est ce qu’elle aime et ce qui lui permet de développer sa créativité.

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