, Aveyron : connaissez-vous l’histoire de ces deux écoles qui ont joué un grand rôle au XVIIIe siècle

Aveyron : connaissez-vous l’histoire de ces deux écoles qui ont joué un grand rôle au XVIIIe siècle

, Aveyron : connaissez-vous l’histoire de ces deux écoles qui ont joué un grand rôle au XVIIIe siècle

A Villeneuve, l’enseignement a été n thème majeur de l’histoire du village.

Ce 2 septembre 2024, les enfants de Villeneuve seront accueillis, selon le choix de leurs parents, à l’école publique de La Bastide ou à l’école privée Notre Dame, situées à proximité l’une de l’autre, et, toutes deux, abritées par des bâtiments marqués par l’esthétique du XIXe siècle qui fit de l’école un thème majeur

Une série de lois pour l’instruction du peuple

Au XIXe siècle, une grande partie des Villeneuvois, comme des autres Français, ne sait ni lire ni écrire. Sur les registres paroissiaux ou les actes notariés, on trace une croix en guise de signature quand on est analphabète.

Les régimes politiques successifs ont cherché à remédier à l’illettrisme populaire en promulguant des lois marquées par leur vision politique. De 1828 à 1848, la loi Guizot oblige les communes de 500 h à ouvrir des écoles, gratuites pour les garçons indigents. En 1850, la loi Falloux contraint les communes de 800 h à ouvrir une école pour les filles et favorise l’essor des congrégations enseignantes. Enfin, en 1882, la loi Jules Ferry décrète l’instruction primaire obligatoire, laïque et gratuite, pour tous les enfants jusqu’à 13 ans.

La situation scolaire avant 1882

À Villeneuve, depuis le XVIIème, le « régent » enseigne aux garçons qui fréquentent son école « à lire, à écrire, à calculer et les premiers éléments de la langue latine ainsi que ceux de la morale chrétienne ». Puis, la congrégation des Frères des Écoles Chrétiennes ouvre son école, place du Garrigou. Ces écoles sont un vivier de vocations pour le séminaire et pour les congrégations religieuses.

La Congrégation des Filles du Travail, établie à Villeneuve par l’évêque, en 1733 , avait pour mission de « s’appliquer à l’instruction et à l’éducation des jeunes filles… à leur apprendre à lire et à écrire, à gagner leur vie par des métiers convenables à leur sexe. » Sans oublier le catéchisme, bien sûr. En 1875, « l’association religieuse des sœurs de Notre Dame… est autorisée comme communauté enseignante » et c’est elle désormais qui tient l’école qui occupe déjà les bâtiments du Couvent, boulevard de la Dîme. À Septfonds, les filles vont à l’école du Couvent, près du cimetière.

Mais tous les enfants ne sont pas scolarisés et ceux qui le sont ne sont pas toujours assidus. Les besoins en main-d’œuvre familiale priment dans ce monde rural où la survie dépend des récoltes.

L’école de Jules Ferry

Le républicain Jules Ferry appartient au camp de ceux qui supportent mal l’emprise du clergé catholique sur l’enseignement. En 1880, Paul Bert, député radical et disciple de Claude Bernard, propose de remplacer à l’école l’enseignement religieux par l’éducation civique, d’enseigner des « vérités scientifiques et démontrables » et de développer chez l’enfant « la religion de la Patrie ». La loi de 1881 supprime le catéchisme dans l’école de la République. La loi de 1882, crée l’école laïque, obligatoire et gratuite.

À Villeneuve, il faudra attendre 1903 pour que l’école de la République intègre le bel immeuble en bordure de la D922.

Pour les enfants des hameaux ruraux, on construit des écoles de campagne, comme celle du Rey qui jouxte curieusement le presbytère.

De nouveaux « notables »

Les Instituteurs, fonctionnaires de l’état à partir de 1886, habitent dans la maison d’École, fournie par la mairie. Ils sont désormais des gens qui comptent dans la vie locale. Souvent d’origine modeste, ils affronteront sur le terrain le nouveau clergé, lui aussi désormais plus souvent recruté dans les familles de petits paysans. Ces adversaires ont un point commun : ils sont le fruit d’une certaine progression sociale des classes populaires, grâce à la connaissance, une valeur qui s’impose en cette fin du XIXème s.

Le compromis des Villeneuvois

Les Villeneuvois choisirent, comme bien souvent à travers l’histoire locale, le compromis : pendant des décennies, les garçons iront à l’école publique et les filles à l’école des religieuses.

Cependant, à Villeneuve comme ailleurs, le conflit s’envenimera au début du XXe siècle.

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