Le passé, c’est le passé. Bertrand Hauet, le nouveau président de la communauté de communes de Cœur d’Yvelines, maire de Saint-Germain-de-la-Grange (Yvelines), entend tourner la page et ouvrir un nouveau chapitre.
Il faut dire que ces dernières années, l’ambiance n’était plus au beau fixe au sein de cette intercommunalité de 31 communes et d’environ 50 000 habitants. Les communes historiques (Beynes (7 600 habitants), Jouars-Pontchartrain (5 900 habitants), Neauphle-le-Château (3 300 habitants), Saint-Germain-de-la-Grange (2 000 habitants), Thiverval-Grignon (1 100 habitants) ou encore Villiers-Saint-Frédéric (depuis 2007, 3 200 habitants) avaient fait part de leur désir de scission dénonçant « l’immobilisme et l’inertie » de Cœur d’Yvelines en fustigeant « Une interco de gestion et non de projets. »
Alors à sa tête depuis 2014, Hervé Planchenault, le maire de Montfort l’Amaury (qui n’était pas candidat à sa succession cette année), évoquait son mode de fonctionnement avec pour objectif la défense de la ruralité.
Sa vision était que Cœur d’Yvelines se devait être un outil au service des communes pour leur permettre de rester maîtres de leur territoire et éviter une urbanisation galopante. Certaines communes de l’interco étant assujetties à la loi SRU et d’autres non.
Deux visions différentes et un conseil communautaire, renouvelé suite aux élections municipales, qui a finalement propulsé, l’ancien premier vice-président en charge des finances depuis les débuts de Cœur d’Yvelines, en président de l’interco.
« Je ne veux pas être dans les postures mais dans l’action »
Aujourd’hui, Bertrand Hauet souhaite aller de l’avant.
« Je ne veux pas être dans les postures mais dans l’action. Comme ça avait été le cas en 2004 lorsque, à sept communes, nous avions été précurseurs en créant une intercommunalité avant même que la loi ne l’exige. »
« On avait déroulé beaucoup de projets avec pour objectif l’intérêt général et l’amélioration du quotidien des habitants du territoire : déchetterie, aire d’accueil des gens du voyage, maison médicale… C’est ce que nous voulons faire avec tous les élus qui partagent cette envie, que leur commune soit grande ou petite, qu’elle fasse partie des historiques ou non », insiste cet ancien ingénieur en recherche et développement.

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Une scission qui n’est plus à l’ordre du jour
Le divorce n’est donc plus à l’ordre du jour : « Nous allons changer l’interco de l’intérieur. » Bertrand Hauet entend redonner du dynamisme à Cœur d’Yvelines accompagné de nouveaux élus « qui apportent leur fraîcheur et leur jeunesse » et de l’expérience des autres.
Sur le fond, le nouveau président compte toujours être en soutien aux communes par le biais des fonds de concours, comme cela était le cas auparavant. « Cela se concrétisera aussi par une aide administrative, logistique et juridique pour alléger la charge des petites équipes municipales. »
Au niveau de l’aménagement du territoire, « terminées les études qui ne débouchent sur rien ».
« On va aller dans l’action. Il faut garder un équilibre entre les habitants et le développement économique. »
Un développement qui s’appuie sur deux jambes : l’agriculture et les entreprises locales et les commerces.
Peu de grosses entreprises sur le territoire
À part Renault, à Villiers, et Storengy, à Beynes, le territoire compte peu de grosses entreprises. « Ce n’est pas notre cible. L’idée c’est de tout faire pour garder sur nos zones d’activités nos artisans et leur offrir un espace de développement. »
Et comme tout est imbriqué, alors que 80 % des habitants travaillent à l’extérieur de Cœur d’Yvelines, Bertrand Hauet souhaite une mixité de logements pour pouvoir accueillir les actifs qui travaillent sur le territoire et qui ont du mal à se loger. « On ne doit pas être un rassemblement de villes-dortoirs, il faut de la vie, de l’animation. »
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« Le chiffon rouge » de l’urbanisation
Mais le président Bertrand Hauet tient à faire une mise au point : « Certains agitent le chiffon rouge d’un risque d’urbanisation galopante qui serait une volonté de nos communes proches de Saint-Quentin. Il n’en est rien ! On a créé une interco avec 10 ans d’avance justement pour rester à taille humaine et préserver nos espaces naturels et agricoles. »
« De fait, certaines communes ont des obligations de logements sociaux liés à la loi SRU. Mais je rappelle qu’aucune loi ne permet de se décharger de cette obligation sur d’autres communes. De plus, alors que nous, sans aucune aide, nous répondons à nos obligations, on accueille des habitants de toute l’interco qui ont du mal à se loger et travailler Cœur d’Yvelines. »
Autre pilier, l’agriculture. Sous cette mandature, le président et son équipe comptent accompagner le dossier de Grignon.
« Nous avons la chance d’avoir des terres agricoles qui nous permettent de repousser l’urbanisation et d’avoir Grignon. Nous allons soutenir, aux côtés de Grignon 2000, le projet de plateforme d’entreprises publiques privées pour attirer de la recherche et développement qui pourra trouver des applications sur la ferme expérimentale. »
La mobilité « avec des solutions innovantes et globales, » la petite enfance ou encore les finances « pour des projets et des services aux habitants », font partie de la feuille de route du nouveau président.
Une élection à deux voix près
Le 15 avril 2026, Cœur d’Yvelines a donc changé de président. Étaient candidats le maire de Gambais, Raphaël Nivoit et le maire de Saint-Germain-de la Grange, l’une des communes historiques de Cœur d’Yvelines, Bertrand Hauet.
Si suite à une année compliquée, les deux ont joué la carte de l’apaisement et la volonté d’une gouvernance collective, le verdict est tombé : 29 voix pour Bertrand Hauet contre 27 pour Raphaël Nivoit, visiblement déçu.
« Le résultat est mathématique. La répartition des voix pose problème car ce n’est pas le reflet de notre territoire fait de petites communes rurales que je défends. ». Élu 8e vice-président et résolument tourné vers l’avenir, il ajoute « vouloir participer à la réflexion sur le territoire notamment à travers l’agrandissement du Parc de la Haute vallée de Chevreuse. »
Au final, les communes historiques et périurbaines qui voulaient faire scission (Beynes, Jouars-Pontchartrain, Thiverval-Grignon, Villiers-Saint-Frédéric…) se retrouvent aujourd’hui dans les premiers postes devant les petites communes rurales.
Grandes perdantes, les communes de Thoiry ou de Montfort l’Amaury (membres de Cœur d’Yvelines depuis 2014) et Neauphle-le-Château absentes de cette gouvernance pour les six prochaines années. De même, Denise Planchon, maire de Neauphle-le-Vieux et Dominique Nicco, maire de Bazoches-sur-Guyonne, n’ont pas été réélus. En revanche, de nouvelles communes font leur entrée dans l’intercommunalité : Le Tremblay-sur-Mauldre, Les Mesnuls, Gambais, Galluis, Autouillet et La Queue-lez-Yvelines.
Les vice-présidents : 1. Sylvie Béguier (Beynes) 2. Thomas Mengelle-Touya (Jouars-Pontchartrain) 3. Nadine Gohard (Thiverval-Grignon) 4. Xavier Murat (Villiers-Saint-Frédéric) 5. Françoise Chancel (Le Tremblay-sur-Mauldre) 6. Michel Roux (Les Mesnuls) 7. Régine François (Goupillières) 8. Raphaël Nivoit (Gambais) 9. Xavier Adam (Galluis) 10. Timothée Sitko (Autouillet) 11. Gérard Patin (La Queue-lez-Yvelines)
Isabelle Bauloz-Legrand
Un autre mode de gouvernance
Sur la forme, Bertrand Hauet veut là aussi imprimer sa patte. « Nous allons mettre en place des groupes de travail et des commissions qui se réuniront régulièrement. Tout sera fait dans la transparence avec des comptes rendus réguliers et des décisions argumentées en nous appuyant sur des dossiers solides. »
Sa première action en tant que président a été de se rendre sur les sites gérés par l’intercommunalité pour rencontrer le personnel. « Il faut qu’on soit tous embarqués dans un même élan. Je reste persuadé que si tout le monde se met à travailler autour de projets concrets, alors la dynamique prendra et c’en sera terminé des postures. »
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