
André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) depuis 46 ans et figure incontournable de la politique francilienne, est décédé dans la nuit du dimanche au lundi 2 juin 2026, à l’âge de 85 ans.
André Santini, figure politique des Hauts-de-Seine et maire d’Issy-les-Moulineaux depuis 1980, s’est éteint dans la nuit de dimanche à lundi à l’âge de 85 ans nous apprend Le Parisien. Celui que l’on surnommait l’« indéboulonnable » venait tout juste d’être réélu pour un neuvième mandat en mars 2026, malgré une santé très fragilisée. Son décès marque la fin d’une ère pour cette commune de 70 000 habitants, située en bordure de Seine, à quelques minutes de Paris.
Qui était André Santini, le maire d’Issy-les-Moulineaux ?
Né le 20 octobre 1940 à Paris dans le 14e arrondissement, d’origine corse, André Santini a grandi à Courbevoie avant de rejoindre Issy-les-Moulineaux en 1977, sur les conseils de Charles Pasqua. Adjoint du maire Raymond Menand, il prend la tête de la ville à la mort de ce dernier en 1980 et ne la quittera plus. Pendant près d’un demi-siècle, il va littéralement transformer le visage d’Issy-les-Moulineaux : réhabilitation des friches industrielles en bords de Seine, développement d’un pôle numérique et technologique ayant attiré des entreprises comme Capgemini, Microsoft, Orange ou Warner Bros. Ce volontarisme lui vaut le qualificatif de maire « bâtisseur » et « visionnaire », dans la lignée de certains grands élus locaux franciliens.
Un homme de mots autant que d’actes
Au-delà de son bilan municipal, André Santini s’est imposé comme une personnalité haute en couleur de la vie politique nationale. Député de la 10e circonscription des Hauts-de-Seine pendant plus de 20 ans, il était régulièrement élu « député le plus drôle » par la presse parlementaire, pour ses joutes verbales et ses bons mots devenus légendaires dans la salle des Quatre colonnes de l’Assemblée nationale. Ministre sous Jacques Chirac de 1986 à 1988 (secrétaire d’État aux rapatriés, puis délégué à la communication), il est ensuite nommé secrétaire d’État chargé de la fonction publique sous le gouvernement Fillon en 2007, poste qu’il occupe jusqu’en 2009. Grand amateur de cigares, il avait fondé en 1991 le « Club des parlementaires amateurs de havane » et en assumait la présidence à vie, consacrant selon ses propres dires jusqu’à 1 000 euros mensuels à cette passion.
Une fin de carrière sous le signe de la résistance
En mars 2026, hospitalisé depuis octobre 2025 à l’hôpital Corentin-Celton après une chute et des problèmes cardiaques, André Santini se présente tout de même aux municipales pour un neuvième mandat. Visiblement amaigri lors de sa seule apparition publique, il remporte le scrutin au second tour avec 47,9 % des voix — une première dans son parcours municipal. Ce dernier mandat, conquis de haute lutte, aura été de courte durée. Son état de santé s’est fortement dégradé dans les semaines suivantes, jusqu’à son décès ce lundi matin.
Une carrière marquée par des controverses
Son bilan ne se résume pas à ses réussites urbanistiques. André Santini a été condamné à plusieurs reprises pour injures publiques envers des adversaires politiques. Impliqué dans l’affaire Hamon (détournement de fonds liés à une collection d’art contemporain), il avait finalement été relaxé en appel en 2018 après quinze ans de procédure. Plus récemment, deux plaintes pour agression sexuelle et harcèlement moral, ainsi qu’une plainte pour outrage sexiste, avaient été déposées contre lui, des procédures toujours en cours au moment de son décès.
La ville d’Issy-les-Moulineaux perd avec lui un édile qui l’avait façonnée à son image : ambitieuse, parfois brutale, souvent surprenante. Une page se tourne dans les Hauts-de-Seine.
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