C’est une aventure exotique comme seul le XIXesiècle pouvait en offrir. Une aventure récemment mise en lumière par le travail du conseil municipal des jeunes de la ville de Chenoise-Cucharmoy (Seine-et-Marne), auteur d’une vidéo retraçant l’histoire – parfois insolite ! – de la commune.
Les plus anciens s’en souviennent peut-être, mais le château de Chenoise a longtemps été surmonté d’une girouette à la forme particulière.
Située au-dessus du pavillon d’entrée de la ferme-château, cette girouette représente une girafe menée par un homme. L’animal, offert au roi Charles X, a effectivement fait une étape à Chenoise en 1827, en remontant vers Paris. La girouette commémore cet événement.
« Escortée par la gendarmerie »
Zarafa, voici son nom. Popularisée en 2012 lors de la sortie au cinéma du conte pour enfants éponyme, la plus célèbre des girafes françaises fut offerte au roi Charles X par Méhémet Ali Pacha, gouverneur d’Égypte en 1826, en cadeau diplomatique. Originaire du Soudan (Afrique), elle a rejoint Paris et la ménagerie du Jardin des plantes à pied, après être arrivée en France dans un bateau taillé sur mesure.
S’il n’existe pas d’archive relatant le passage de l’animal à Chenoise, les documents retraçant son périple à travers la France nous éclairent. Dans Le Courrier de l’Unesco, daté de mars 1986, l’historien Georges Poisson (1924-2022), alors conservateur en chef du Musée d’Île-de-France (Hauts-de-Seine), raconte cette grande aventure :
Le 13 octobre 1826, le bateau jetait l’ancre à Marseille […] Une telle immigrante de marque ne pouvait que loger à la préfecture, et on lui installa dans la cour de l’hôtel un enclos et une baraque de la hauteur nécessaire […] La girafe y passerait l’hiver, son transfert à Paris ne pouvant être effectué qu’à la belle saison.
La France prise de « girafomanie »
Dans la cité phocéenne, Zarafa déambule dans les rues, escortée par la gendarmerie, pour le plus grand bonheur des habitants. Mais arrivé au printemps, la question de son voyage vers Paris se pose : « Comme la girafe avait pris l’habitude de la marche, il fut décidé d’envoyer l’animal à Paris… à pied, par petites étapes. »
Le convoi est mené par un ancien de la Campagne d’Égypte, le savant Geoffroy Saint-Hilaire, « peut-être le seul homme en France à avoir approché une girafe », note Georges Poisson.

Vêtu « d’une toile cirée doublée, un imperméable à capuchon, frappé des armes du roi de France et du pacha d’Égypte », l’animal, son cortège et son escorte militaire s’élancent vers la capitale le 20 mai 1827 pour 880 km, effectués en 41 jours.
Avant d’arriver à Paris le 30 juin, Zarafa traverse des dizaines de villes « revigorée par l’accueil enthousiaste des populations et des autorités locales », le tout « à la moyenne honorable de 27 km par jour » !
Et c’est à l’approche de la capitale, où le roi Charles X, Stendhal et la duchesse de Berry s’empresseront de lui rendre visite, qu’elle dut faire une halte bien méritée dans la cour du château de Chenoise.
Si le village seine-et-marnais immortalisa le passage de Zarafa en confectionnant une girouette à son effigie, la « girafomanie » fut nationale.
En 1827, il n’y avait pas moins d’une trentaine d’auberges, de boutiques ou de relais de poste qui l’avaient adopté pour enseigne. Aujourd’hui encore, on en rencontre à Château-Thierry ou à Maisse, dans l’Essonne.
Partout, les objets à son image fleurissent. Parmi les céramistes de l’époque, la faïencerie de Montereau-Fault-Yonne produit « plats et assiettes où l’animal présente son profil caractéristique ».
Girafe empaillée, girouette oubliée
Au total, 600 000 Parisiens se rendront au Jardin des plantes pour admirer Zarafa entre juillet et décembre 1827. Elle mourra « paisiblement » début 1845 « dans sa 21e année », puis fut empaillée avant de rejoindre le musée de La Rochelle en 1930 où elle demeure toujours aujourd’hui.
Entre les deux, le flou demeure, au point de laisser planer le doute sur l’identité de l’animal conservé Charente-Maritime.
« Certains pensent qu’elle a été confiée après sa mort à un musée de Verdun où la Première Guerre mondiale l’aurait considérablement abimée, d’autres qu’elle aurait été emportée dans les tranchées pour effrayer l’ennemi… », avançait 20 Minutes en 2012.

Reste que près de 200 ans après son arrivée en France, Zarafa continue d’inspirer. En mai 2023, Sébastien Mayer, un artiste anglais, a reproduit le périple de la girafe de Marseille à Paris, au cours d’une randonnée de 1 000 km effectuée avec sur le dos une marionnette géante de 3,40 m et 9 kg représentant l’animal.
Quant à la girouette de Chenoise ? « On l’a descendue un jour de tempête pour la préserver, confie Alain Bontour, le maire de la commune depuis 2020. Mais je suis incapable de vous dire où elle a été rangée… » Sacrée Zarafa, qui n’a décidément pas fini de faire parler d’elle.
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DMJ Archives : Préservation de l’histoire locale en Île-de-France
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