Cet été, C’Chartres Archéologie organise des visites guidées de l’église Saint-Martin-au-Val, objet d’une dernière campagne de fouilles cette année.
C’est par une « petite observation de la façade » que commence la visite guidée de l’église Saint-Martin-au-Val orchestrée par Clémence Foltzer, médiatrice culturelle de C’Chartres Archéologie. Une façade « de style roman, reconnaissable à ses arcs complètement arrondis et ses fenêtres assez étroites ». De style, mais pas d’époque romane (entre le Xe et le XIIe siècles, NDLR), précise notre guide du jour. Car cette façade et l’église de manière générale datent plutôt du XIXe siècle.
Les surprises ne s’arrêtent pas là et la visite menée par Clémence révélera un minutieux travail d’enquête et de reconstitution, effectué grâce à des indices, des textes, mais surtout des campagnes de fouilles successives, dont la première a eu lieu dès le XIXe siècle.
Un trou béant
En pénétrant dans l’édifice, on arrive dans un espace entièrement dépouillé de tout mobilier, au milieu duquel un trou béant se prolonge jusqu’aux marches conduisant à l’autel. Au fond du trou, une dizaine de sarcophages en pierre, ouverts, plus ou moins déterrés, vidés de leur contenu. Autour, des escabeaux, brouettes, tas de sable, outils, et blocs de pierre posés sur des palettes sont autant de témoins de la dernière campagne de fouilles qui s’est achevée la semaine dernière.
S’appuyant sur ces sarcophages, mais aussi sur des photographies et plans dessinés, Clémence Foltzer retrace, en parallèle, l’historique des fouilles et l’histoire du site et de ses occupants.
« On a retrouvé les traces d’une basilique du VIe siècle »
Clémence Foltzer, médiatrice culturelle de C’Chartres Archéologie (Questions sur les miracles)
On y apprend notamment que la première campagne de fouilles, au XIXe siècle, a permis, « grâce à la présence de sarcophages » mais aussi de « morceaux de murs », de confirmer l’existence d’une église plus ancienne. « On a retrouvé les traces d’une basilique du VIe siècle », confirme la médiatrice culturelle.
La campagne de fouilles suivante n’interviendra qu’en 2013, et se poursuivra jusqu’en 2018. Puis, en 2024, la demande faite par C’Chartres Archéologie pour agrandir l’emprise des fouilles est acceptée. C’est la dernière campagne, qui vient de s’achever. Ce sera la dernière.
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Ces fouilles successives ont permis de reconstituer les plans de plusieurs églises, celles des VIe et XIe siècles, mais aussi celle du XVIIe siècle, reconstruite après la Guerre de cent ans, les guerres de religions et deux sièges, à Chartres, qui ont « grandement endommagé l’église ».
La visite se termine dans la crypte qui, même si sa construction date du XIe siècle, comporte des matériaux plus anciens. « Tout est en calcaire, sauf quelques colonnes en marbre, plutôt anciennes. Elles ont été réemployées, mais on ne sait pas où ils sont allés les chercher », confesse la guide. Ici, quelques sarcophages, scellés, conserveront leurs secrets, la crypte étant située en dehors de la zone de fouilles.
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Ces visites estivales seront parmi les dernières sous cette forme – avec, peut-être, d’autres à l’automne -, puisqu’en fin d’année, toute l’emprise devrait être rebouchée en préservant éventuellement une lucarne d’observation permanente des sarcophages, qui resteront enterrés. Puis, après trente ans de fermeture, le site rouvrira au culte et au public. Si rien n’est encore décidé, il « y aura de la valorisation pour montrer tout le travail fait », conclut Clémence Folzer.
Myriam Arnaud
Pratique. Cloître des Abbayes Saint-Brice, 2, rue Georges-Brassens. Prochaines visites les dimanches 4 et 18 août, mercredi 21 août et samedi 24 août, de 16?h?30 à 17?h?30. Tarifs : 8 €, 4 € au tarif réduit et pour les groupes, gratuit pour les moins de 6 ans. Nombre de places limité, réservation obligatoire sur boutique.chartres-tourisme.com ou au 02.37.18.26.24.
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