, Seine-et-Marne : qui étaient les 36 fusillés de la Plaine de Chanfroy, morts pour la France

Seine-et-Marne : qui étaient les 36 fusillés de la Plaine de Chanfroy, morts pour la France

, Seine-et-Marne : qui étaient les 36 fusillés de la Plaine de Chanfroy, morts pour la France

Alors que l’on vient de célébrer le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Laurence Ayrault, habitante d‘Arbonne-la-Forêt (Seine-et-Marne) et ancienne présidente de l’association de la Revue d’Histoire de Fontainebleau et de sa Région, nous a confié la genèse de l’ouvrage paru en ce mois d’août 2025, Les 36 fusillés de Chanfroy.  » Je suis passée tellement de fois devant cette plaque, souviens-toi, qu’un jour je me suis dit que je devais aller à la recherche de l’histoire de chacun de ces 36 fusillés. Se souvenir oui, mais de qui, de quoi ? Parce que finalement on a 35 noms, plus un inconnu, et pas plus d’informations. « 

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Elle a naturellement commencé il y a 18 mois, par les archives détenues par la Mairie d’Arbonne-la-Forêt, où elle a pu consulter des articles de journaux et bien sûr l’état civil avec l’enregistrement des dates de décès de toutes les victimes. Un document qui l’a marquée ? Le rapport de police fait après la découverte des corps. « Ce rapport contient des photos dont certaines sont assez traumatisantes, qui donnent une idée de ce qu’ont enduré les victimes », détaille-t-elle.

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C’est le 21 juillet et le 17 août 1944 qu’ont été emmenés les 36 prisonniers résistants de la prison de Fontainebleau, vers une destination inconnue d’où ils ne sont jamais revenus, et ce n’est que le 7 décembre 1944 que des soldats américains découvrent « le charnier d’Arbonne », dans la plaine de Chanfroy. Seulement envoyés pour récupérer du sable dans la sablière de la plaine. En creusant, ils sont tombés sur une chaussure, puis des jambes un corps et ensuite d’autres, enfouis dans deux fosses espacées d’une centaine de mètres, 36 corps au total.

« Toutes les autorités ont été mobilisées, des appels aux familles ont été lancés dans la presse, avec la description des vêtements trouvés, de la dentition, de la couleur des cheveux, de boucles de ceinturons, pour essayer de trouver qui étaient ces personnes », poursuit Laurence Ayrault. Les plus connus ont été assez rapidement identifiés, comme le lieutenant-colonel Yves Masiée et le capitaine Jacques Desbois. D’autres n’ont été reconnues qu’en décembre 1945, et les trois derniers en février 1946. Un résistant est toutefois resté totalement inconnu.

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Une investigation menée par l’autrice

Tous ces éléments ont été faciles à trouver car déjà connus et relatés par des articles de journaux, mais le travail d’investigation de Laurence Ayrault lui a permis d’aller bien plus loin dans la connaissance de ces résistants, notamment grâce à l’archiviste de la Médiathèque de Fontainebleau, mais également au sein des archives départementales de Seine-et-Marne où elle a pu consulter les comptes-rendus des procès de certains délateurs, source précieuse. « J’ai aussi consulté des dossiers (une quarantaine !) au Service Historique de la Défense où sont conservés les dossiers des résistants, et également prirent contact avec certaines familles », nous explique Laurence.

De fil en aiguille l’autrice découvre de plus en plus de renseignements sur ces résistants âgés de 16 à 56 ans, célibataires ou pères de famille, originaires de Seine-et-Marne et de Paris, carriers, cultivateurs, ouvriers, épiciers, poètes, écrivains ou militaires de carrière, et entre dans l’intimité de l’histoire de ces hommes aux destins singuliers et tragiques.

Ses investigations ont permis d’écrire un livre consacré aux 36 fusillés, et d’organiser une exposition hommage à ces hommes morts pour la France, dans toute la dimension humaine. Trois films y seront également projetés. Cette exposition se tiendra à la salle de fête René Lefèvre du 20 août au 10 septembre 2025, à Arbonne-la-Forêt, tous les jours de 14h00 à 18h00.

Ce dimanche 24 août à 11h00 s’es tenu le 81e hommage rendu aux fusillés de la plaine de Chanfroy, en présence d’Anthony Vautier, maire d’Arbonne-la-Forêt, du conseil municipal et de la section locale des Anciens combattants. Une cérémonie qui a précédé le vernissage de l’exposition, visible jusqu’au 10 septembre.

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