À qui appartient la colline où Van Gogh a peint son ultime toile? La question divise un village du Val-d’Oise

Vincent Van Gogh a 37 ans lorsqu’il peint son tout dernier tableau, Racines d’arbres. Quelques heures après, ce 27 juillet 1890, il tente de se suicider d’une balle dans le cœur. Il succombe à ses blessures deux jours plus tard, dans son lit. Depuis plus de 130 ans, cette ultime toile n’a cessé de susciter des interrogations sur ce qu’elle représente, bien sûr, mais aussi sur le lieu et les circonstances de sa réalisation.

Depuis l’été 2020, une partie du mystère a été levée. Grâce à une carte postale et à d’anciennes photos de l’époque, Wouter van der Veen, un expert franco-néerlandais de l’Institut Van Gogh, a réussi à déterminer l’emplacement précis des racines peintes par l’artiste.

Le site se trouve sur le flanc d’une colline au bord de la rue Daubigny, à Auvers-sur-Oise, une commune du Val-d’Oise, en Île-de-France. L’enchevêtrement de racines d’arbres peint par Van Gogh représenterait, selon les spécialistes, une allégorie de la lutte entre la vie et la mort, qui «marque un dernier acte artistique chargé de sens», indique le magazine américain Smithsonian.

Mais depuis cette découverte importante pour le monde de l’art, une bataille juridique oppose le couple propriétaire du terrain, Jean-François et Hélène Serlinger, à la maire d’Auvers-sur-Oise, Isabelle Mézières.

Une querelle juridique loin d’être terminée

L’édile souhaiterait rendre le site public, tandis que les Serlinger, qui ont acheté le terrain en 2013, défendent leur droit à la propriété privée. Le débat porte précisément sur la question de savoir si les fameuses racines font partie du jardin de Jean-François et Hélène Serlinger ou de la rue Daubigny, propriété de la ville.

Un jugement de 2023 a déterminé que les racines appartiennent à la propriété privée, mais Isabelle Mézières ne l’a pas entendu de cette oreille (évidemment, quand on parle de Van Gogh). «Après un appel interjeté par la maire Isabelle Mézières, un autre tribunal a confirmé la décision précédente le mois dernier», explique l’article du Smithsonian.

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«Le talus contenant les racines d’arbres peintes par Vincent Van Gogh ne constitue pas un accessoire de la voie publique», a jugé le 18 mars une cour d’appel basée à Versailles. Le couple a affirmé au quotidien britannique The Independent être très heureux de cette décision.

Information importante: depuis 2020, le couple gère le site vangoghroots.com et organise des visites guidées payantes du site, l’ajoutant au réseau de sites liés au peintre néerlandais qui parsèment Auvers-sur-Oise, comme la pièce où il est mort. Pour Isabelle Mézières, l’histoire est loin d’être terminée. «Ces racines sont un bien commun, pas un objet commercial», a-t-elle écrit dans un post publié sur Facebook, suggérant ainsi que la Ville n’a pas dit son dernier mot.

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