
C’est un sujet qui, au moment de son annonce, avait suscité un vif débat sur les réseaux sociaux, pour ne pas dire la discorde, à coup de vidéos, entre le maire d’Herblay-sur-Seine, Philippe Rouleau (Lr) et le Gnsa local (Groupe national de surveillance des arbres) inquiet de voir un espace naturel abimé par la présence du public et des travaux d’aménagement.
« Le projet n’est pas de transformer l’espace boisé en un parc urbain », prévient la municipalité, qui vient de commencer l’opération, financée avec le soutien de l’État, de la Région Île-de-France et du Département, visant à « valoriser et rendre accessible le bois des Naquettes, tout en préservant son état naturel ».
« Le bois profitera aux habitants »
Grand comme cinq terrains de football (3,5 hectares), le bois des Naquettes, le gymnase des Bayonnes, entre le quartier du même nom et celui des Naquettes, dénombre plus de 500 arbres et « se résume actuellement à un espace en friche, isolé et laissé à l’abandon par les anciens propriétaires », explique la mairie.
Devenu propriété de la commune, le bois a été nettoyé le mois dernier. Plus de 40 tonnes de déchets, engendrés par des années de dépôts sauvages et de squats, ont été évacués soit l’équivalent de 80 camions.
Après cette phase de dépollution, la prochaine étape, au début de l’année prochaine, sera de « rafraîchir » le bois puis, au printemps, de créer des chemins de promenade, avant une ouverture avant l’été. « Le projet est guidé par un objectif d’équilibre entre la préservation de la biodiversité et les bienfaits humains.
Aujourd’hui inaccessible, le bois profitera aux habitants, et cela, sans le dénaturer », explique la mairie, qui souligne que le développement de zones naturelles de fraîcheur est nécessaire pour faire face aux enjeux climatiques. « Le bois des Naquettes offrira un espace de quiétude agréable pour les résidents et, plus largement, pour tous les Herblaysiens ».
La Ville souligne que ce petit bois situé à proximité des habitations, laissait place à « un constat désolant : à quelques pas de la voie de circulation, au milieu des arbres, des dépôts sauvages jonchaient le sol. Carcasses de véhicules, métaux lourds et tessons de bouteilles d’alcool formaient une décharge à ciel ouvert. Une catastrophe écologique et une zone dangereuse pour les habitants du quartier, en particulier pour les enfants ».
Avant qu’elle n’en soit propriétaire, la Ville avait procédé à des rappels à la loi aux propriétaires pour les exhorter à entretenir les parcelles. « Ils sont restés sans suite », regrette la municipalité qui a fini par s’engager dans l’acquisition de ces soixante-six parcelles privées. « Un processus long et la condition sine qua non pour engager toute action de nettoyage du site dans le respect de la législation ».
Il sera laissé « dans son état naturel »
Avec ses chemins de promenade, le site, qui sera « laissé dans son état naturel », sera réservé aux piétons. Du mobilier urbain aux différentes entrées viendra empêcher l’accès aux véhicules motorisés. « Les sentiers seront perméables, afin d’assurer l’absorption des eaux pluviales, et dessinés dans le respect de l’implantation des arbres », insiste la Ville. »Le tracé du cheminement sera guidé par le boisement primitif, pour tenir compte de l’implantation des grands arbres ».
L’intervention, assure la municipalité, sera donc « réduite à son strict minimum ».
L’élagage de branches ou d’arbres morts menaçant de tomber sera réalisé l’hiver prochain, « dans le respect du cycle saisonnier. Le bois mort sera laissé sur le site pour favoriser la biodiversité. L’évolution naturelle du bois est privilégiée, en favorisant sa régénération grâce aux actions de nettoyage.
Des clairières vont apparaître et avec celles-ci des poches de lumière, propices au renouvellement du bois, combinées à la germination des graines apportées par le vent et les animaux disséminateurs. » Un inventaire de la faune et de la flore est d’ailleurs en cours de réalisation pour observer et suivre l’évolution du site.
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