
C’est bientôt parti pour le chantier de rénovation de la cathédrale de Pontoise (Val-d’Oise).
La première phase de travaux sera lancée en février 2026.
Cathédrale historique
Cette étape marque le début d’un programme pluriannuel destiné à consolider durablement l’édifice classé et en état de vétusté avancé.
Une première intervention qui doit s’étaler sur quatorze mois et s’élève à 1,9 M€. La rénovation tout entière de l’édifice est évaluée à 16 M€.
La décision d’engager la restauration a été accélérée après des dégâts causés par une importante infiltration d’eau à la suite d’un orage survenu en 2023.
L’incident a mis en évidence la fragilisation progressive des toitures et la nécessité d’intervenir sans tarder pour garantir la sécurité de l’édifice.
« Il faut reprendre les couvertures du transept nord », explique Robert Dupaquier, adjoint en charge de l’urbanisme et du patrimoine.
Clocher et caniveau nord pour commencer
La restauration débutera par la remise en état du clocher et du caniveau nord. Érigé au-dessus du portail nord, le clocher se caractérise par une architecture composite. « Les quatre premiers niveaux, de plan carré, relèvent du gothique et abritent le beffroi. Chaque étage présente deux lancettes en arc brisé munies d’abat-sons, tandis qu’une tourelle d’accès flanque l’angle nord-est. Le dernier niveau adopte une forme octogonale typique de la Renaissance du XVIe siècle. L’ensemble constitue un repère majeur dans le paysage pontoisien », détaille-t-on en mairie de Pontoise.
La première phase de travaux comprend également la restauration du caniveau nord, élément essentiel au bon écoulement des eaux pluviales et à la protection des maçonneries. Son état, altéré par le temps et les infiltrations, justifie une intervention simultanée au chantier du clocher afin de sécuriser durablement cette zone sensible.
Nettoyage au laser
Cette tranche mobilisera des techniques spécifiques au bâti patrimonial. Le nettoyage sera réalisé par laser et par compresses, une méthode utilisée notamment sur des chantiers d’envergure comme Notre-Dame de Paris, permettant d’éliminer les dépôts sans altérer la pierre. « Les maçons interviendront sur les décors sculptés, avec la restitution d’un piédroit en pierre de Saint-Leu, et procéderont au ragréage des zones fragilisées. Les couvertures en ardoise seront reprises selon les techniques traditionnelles, posées au clou. Les châssis d’abat-sons feront l’objet d’une révision complète, et des protections antivolatiles seront installées pour limiter l’encrassement futur. » La croix et le coq bénéficieront aussi d’une restauration, comprenant nettoyage, traitement anticorrosion et dorure.
Cette intervention s’inscrit dans un projet global de restauration de la cathédrale, dont la construction remonte à 1140 et dont l’architecture reflète l’évolution de plusieurs styles : roman, gothique flamboyant et Renaissance.
Classée Monument historique depuis 1840, Saint-Maclou abrite également des vitraux de maîtres verriers, près de quarante tableaux, ainsi que des décors sculptés remarquables, autant d’éléments nécessitant une attention particulière dans les phases ultérieures du chantier.
En fait, toute la toiture à gauche du clocher lorsqu’on se trouve face à l’église. L’état de la cathédrale se révèle au fur et à mesure des inspections effectuées par les techniciens chargés de la maîtrise d’œuvre.
Au fil de leurs visites, les architectes du patrimoine ajoutent des travaux à entreprendre. « Il y a des désordres structurels pas visibles qui se révèlent lorsque l’on intervient sur le monument. Ce sont les aléas de chantier sur un monument qui remonte au XIIe siècle », prévient Robert Dupaquier.
Chefs-d’œuvre
Pour ce qui est des éléments d’ornementation (tableaux, sculptures, meubles), leur restauration se fera en fonction de l’avancement des travaux.
Sous le clocher, un élément remarquable va faire l’objet d’une attention particulière. La chapelle dite de La Passion sera reprise. L’ensemble sculpté représentant une mise au tombeau du Christ sera restauré.
« Il y aura aussi la rénovation de l’orgue qui s’effectuera après la restauration de la façade occidentale et de la voûte surplombant l’instrument », annonce Pauline Prévot, cheffe de projet Ville d’art et d’histoire à Pontoise.
Opération mécénat
Pour amorcer le programme de restauration, une campagne de collecte de fonds a été lancée avec la Fondation du Patrimoine. Elle a atteint les 70 000 sur les 100 000 € visés. Parallèlement à cette démarche, la Ville s’est également lancée dans une opération de mécénat. Une première rencontre a déjà eu lieu et leur contribution est ciblée sur des parties de l’édifice.
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