Trônant au cœur de 3 500 ha de forêt domaniale, l’endroit est beau. À Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) le Pavillon royal de la Muette est ouvert aux événements depuis juin 2024. Mais sa restauration complète vient de s’achever.
« On vient de terminer celle des caves, où sont le réchauffoir et la rôtissoire », précise Florence Jonchère, directrice du Pavillon royal de la Muette, ce mardi 27 mai.
Un lieu chargé d’histoire
En 1767, Louis XV commande ce relais de chasse à son premier architecte Ange-Jacques Gabriel. « Il a été construit sur les ruines d’un pavillon de chasse de François 1er », indique Florence Jonchère.
De cette ancienne construction, subsiste un puits à l’entrée et les fondations. Achevé en 1775, le résultat présente des similitudes avec le Petit Trianon de Versailles, dont l’architecte avait assuré la construction.

Entre ces murs, passeront entre autres Louis XVI, puis Napoléon Ier et Napoléon III. En 1885, le dernier empereur des Français y invite la reine Victoria pour une chasse à courre. Par la suite, le lieu sert de résidence de week-end à des présidents du conseil de la IIIe République. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande l’occupe. Après la Libération, il tombe dans l’oubli.
Une restauration à six millions d’euros
Mis en vente en 2014, il est acheté par un haut fonctionnaire. « Il s’est dit qu’avec le bénéfice des visites, il allait pouvoir entamer des restaurations. Mais au bout de cinq ans, il a arrêté », explique Florence Jonchère.
En 2019, le lieu est racheté par deux promoteurs immobiliers, Benoit d’Halluin et Emmanuel Basse, pour 1,6 million d’euros.
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Pour lui offrir une seconde jeunesse, plus de six millions d’euros ont été nécessaires, dont environ 1,4 million d’euros d’aides de l’État.
« Le pavillon était dans un état de délabrement très avancé, il était sur le point de s’écrouler. »
La restauration a été réalisée par des compagnons du Tour de France. La charpente, par exemple, a été refaite par Le Bras frères, connu pour avoir participé à la reconstruction de Notre-Dame.
Aujourd’hui, le lieu est ouvert à la location pour des événements privés, comme des mariages ou des anniversaires, des entreprises ou des shootings photo pour des marques de luxe. Pour cette saison jusqu’à fin septembre, il va en accueillir une quinzaine. Le tarif ? Il dépend du type d’événement et de la saisonnalité.

Des visites complètes
Sur place, le terrain d’1,27 ha est coiffé par un pavillon de 712 m2 entouré par 7 855 m2 de jardin. Au rez-de-chaussée, trois salons et leurs boiseries accueillent les visiteurs : le « Débotté du roi », une pièce de 70 m² avec sa cheminée d’époque en marbre rose du Minervois, le « salon des officiers », et la « plus belle pièce du lieu » : le « salon octogonal » avec ses 75 m2 et 7,80 m de hauteur sous plafond, son lustre et son parquet.
À l’étage, se trouvent huit chambres, dont celle de Napoléon et de son épouse, Marie-Louise d’Autriche. Sur le toit, il est possible de se rendre sur le belvédère et de dominer la forêt. La cave est également intéressante avec son réchauffoir, sa rôtissoire, des toilettes pour le public et un office traiteur.

Pour raconter l’histoire du lieu et de sa restauration, une cinquantaine de panneaux vont être affichés sur ses grilles à partir de fin juin. Enfin, pour les amateurs, il est possible d’accéder à ce lieu. Les offices de tourisme de Saint-Germain-en-Laye et Maisons-Laffitte organisent des visites payantes. Les deux structures ont indiqué que ces excursions « sont très demandées » et plusieurs d’entre elles sont déjà complètes.
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