, Val-d’Oise. Malgré la contestation, le terrain de rugby sera vendu à la société Urban soccer

Val-d’Oise. Malgré la contestation, le terrain de rugby sera vendu à la société Urban soccer

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Le dernier conseil municipal de Taverny (Val-d’Oise) s’est penché sur le projet d’Urban soccer.

Il s’agit d’un projet de complexe sportif indoor, de loisirs et de restauration, visant à proposer du foot en salle (soccer), du padel (dérivé du tennis), mais aussi un mur d’escalade, entre autres.

Le projet prévoit la construction de bâtiments sur ce qu’on appelle le terrain de rugby qui est situé derrière le lycée Jacques-Prévert.

Ce vaste espace engazonné en accès libre est utilisé par les habitants et visiteurs comme un espace de promenade.

Pétition en ligne

L’opposition a lancé une pétition en ligne contre ce projet. Les élus ont d’abord voté l’approbation d’une convention de Projet urbain partenarial (Pup) entre la commune et la société Urban village puis la cession du terrain.

L’opposition de Taverny (Changeons d’Ère à Taverny) avait appelé à une manifestation devant la mairie, qui a rassemblé quelques dizaines de personnes.

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« Votre manif a fait un bide et votre pique-nique aussi »

« Votre manif a fait un bide et votre pique-nique aussi », a lancé Florence Portelli, maire (Lr) de la commune, faisant référence à un happening organisé sur place le week-end précédent.

La conseillère municipale (Ps) Yolande Baeta a également exprimé son opposition au projet Pup, qui implique selon elle une

« privatisation de l’espace public, ce qui restreint l’accès des citoyens à un lieu qui devrait être accessible à tous. La Ville assume le rôle de banquier en finançant les travaux de Urban soccer qui ne paiera intégralement qu’après leur réalisation. Cela pose un risque financier (…) Urban soccer bénéficiera d’une exonération de la taxe d’aménagement pendant dix ans soit 500 000 € ».

L’adjoint au maire Gilles Gassenbach a expliqué qu’il s’agit d’un montage financier entre la Ville et Urban village. Dans le cadre du Pup, Urban village pré-financera les travaux aménagement d’une piste cyclable ainsi que l’agrandissement du parc de Pontalis, pour un montant de 600 000 €.

« Ce qui permettra à la Ville de ne pas débourser un sou pour réaliser ces équipements publics. Et bien évidemment il y a des contreparties, c’est l’exonération à concurrence du même montant, et même un peu moins, de la taxe d’aménagement. L’intérêt pour la commune est de ne pas sortir le moindre centime pour financer ces équipements ». 

Une histoire de lombrics…

« Il n’y a pas que des lombrics sur cette pelouse », a lancé Thomas Cottinet, élu (Les Écologistes) d’opposition, rebondissant à une remarque de Gilles Gassenbach, adjoint au maire.

« La manifestation de ce soir n’était pas un bide »

« Et la manifestation de ce soir, qui n’était pas un bide, l’a montré. C’est le dernier grand espace vert en accès libre de Taverny et des environs. C’est extrêmement important pour une partie de la population, peut-être pas celle que vous voulez écouter. On a lancé une pétition et on a atteint en quelques jours plus de 1 000 signatures. Il y en a aussi, c’est vrai, de Beauchamp, Franconville et Saint-Leu, parce que cet espace est très utilisé par une grande partie de la population de l’agglomération. Il est inexact de dire que ce n’est pas un espace utilisé. C’est un espace de liberté où on peut improviser des pratiques, profiter en famille ou pas. Il y a pas mal de clubs de sport qui y viennent et y organisent des entraînements. C’est un espace vert. »

« Il ne faut plus supprimer massivement les espaces verts, comme vous le faîtes depuis dix ans »

« En 2024, dans des zones denses, urbanisées comme les nôtres, il ne faut plus supprimer massivement les espaces verts, comme vous le faîtes depuis dix ans. Ils permettent de rafraîchir quand il y a la canicule, maintenir la biodiversité et là, en l’occurence, une pratique sportive ou de loisirs libre. Vous faites le choix de céder cela à une entreprise privée. C’est notre patrimoine. Il nous appartient à tous. Cette activité privée est déjà présente à à peine 3 km, à Beauchamp où une entreprise fait exactement la même chose avec les mêmes terrains. Comme la plupart des entreprises qui font du foot en salle elle s’est installée dans une zone industrielle et non pas proche des riverains. On vous demande d’écouter ce que dit la population. Ce projet pose un problème, il faut renoncer à cette cession ».

« La population ? Quinze personnes dehors et vingt au pique-nique ? » coupe Florence Portelli.

Thomas Cottinet conteste le chiffre : « On était soixante ». « Soyez pas mytho, on a les photos, c’était ridicule », ajoute la maire. « On comparera nos photos », répond l’opposant.

« Soyez pas mytho, on a les photos, c’était ridicule »

« Même si vous étiez soixante, ce n’est pas la population de Taverny, s’agace Florence Portelli. Je rappelle que vous étiez contre la deuxième sortie d’Auchan, contre la piscine olympique, qui fait la joie des Tabernaciens. Vous êtes contre tout et là visiblement, vous êtes même contre un festival où on croule sous les demandes (Ndlr, allusion à la question sur qui payera la remise en état du terrain dit de rugby, qui sera utilisé pour le stationnement des festivaliers de Do you remember les 5 & 6 juillet). C’est pas un projet d’être toujours contre. Et en plus on vient d’avoir un accord avec cette entreprise (Ndlr, Urban soccer). Le lundi, mardi, jeudi, vendredi, les enfants de notre commune, des écoles, collèges et lycées, pourront avoir gratuitement accès à cet espace pour faire du padel, du foot et de l’escalade. »

 « Ce n’est pas la dernière grande pelouse, on a à côté le parc François-Mitterrand qui a la même surface »

Carole Faidherbe, première adjointe, a ajouté qu’il ne s’agit pas « de la dernière grande pelouse, on a à côté le parc François-Mitterrand qui a la même surface ». Elle s’est inscrite en faux sur l’idée que ce terrain engazonné et coupé « à ras » renferme « de la biodiversité ».

Elle estime qu’au contraire, c’est la plantation d’arbres prévue dans le cadre du projet qui apportera de la biodiversité. Résultat final : 7 contre, 28 pour.

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