
Pour un certain nombre d’habitants de Melun (Seine-et-Marne) et des environs, Marc Jacquet, c’est avant tout le nom d’un équipement public, et non des moindres. Quand on allait à l’hôpital, c’était à Marc Jacquet.
Si le nouvel hôpital (qui n’est d’ailleurs plus si nouveau que ça…) ne porte plus son nom, Marc Jacquet n’en demeure pas moins une figure importante dans l’histoire de la ville-préfecture. L’ancien ministre du général de Gaulle, devenu élu local, puis tour à tour maire de Barbizon puis de Melun, a laissé des traces en Seine-et-Marne.
On revient sur son parcours dans ce quatrième volet de notre série consacrée aux maires marquants de Seine-et-Marne.
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Les débuts
Marc Jacquet, à l’origine, n’a pas d’attache avec la Seine-et-Marne. C’est d’ailleurs à quelques centaines de kilomètres d’ici qu’il naît, le 17 février 1913, en Meurthe-et-Moselle. À l’époque, son village, Mercy-le-Bas, perdu dans la Lorraine, ne compte que 470 âmes.
Ses parents tiennent une quincaillerie. La guerre éclate, son père est mobilisé. S’il revient du front, il décède néanmoins en 1926. Marc Jacquet a à peine 13 ans. Peu après, face aux difficultés, sa mère embarque la famille à Paris. Marc Jacquet y terminera sa scolarité, passionné par la littérature. « Il avait une grande culture historique. C’était un homme incroyable, avec une voix impressionnante », dit de lui Henri Mellier, qui était son directeur de cabinet à la mairie de Melun, qui parle aussi d’un « grand humaniste et d’un grand gastronome, fan de rugby ».
À l’éclatement de la guerre, il est mobilisé. Il est lieutenant, et suit la débâcle de la France. Après l’armistice signé entre Philippe Pétain et l’Allemagne nazie, il s’engage en résistance. Son pseudo ? Vauthier.
En 1941, il arrive à Alger, poursuit son combat pour la France libre. En 1944, il réalise même de nombreux voyages entre l’Afrique du Nord et Londres, avant de revenir sur le sol français, à la fin de l’été 1944, et participer à sa libération.
Longue carrière
« Après avoir servi dans tous les domaines le général de Gaulle, c’est certainement Melun qui m’a le plus passionné », aurait dit Marc Jacquet à l’un de ses collaborateurs.
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Cette petite phrase, on peut la voir comme un honneur pour la ville-préfecture, quand on connaît le parcours qu’a connu Marc Jacquet. Après avoir tenté sa chance aux élections, dans le Calvados, Marc Jacquet devient secrétaire d’État aux Relations avec les États associés entre 1953 et 1954. En Seine-et-Marne, il est aussi plusieurs fois député, Conseiller général de Seine-et-Marne et sénateur.
Mais son poste le plus prestigieux, il l’exerce entre décembre 1962 et janvier 1966, sous le gouvernement Pompidou II, en tant que ministre des Travaux publics et des transports. L’époque est aux grands travaux, le président de la République, Charles de Gaulle, veut une France forte et moderne. À la tête de son ministère, Marc Jacquet fait des inaugurations. Beaucoup d’inaugurations. « Celui que l’on surnomme familièrement »Monsieur Tronçons » inaugure portion d’autoroute après portion d’autoroute », écrivent Jacques Tribotté et Michel Kamianecki dans Marc-Jacquet, ministre du Général de Gaulle.
C’est lui, le 29 mars 1963, qui coupe le ruban de la section de l’autoroute A6 entre Fontainebleau et Paris. C’est aussi lui qui lance le chantier de construction du tunnel sous le Mont-Blanc, qu’il suit attentivement, et sera inauguré en 1980. Il veille aussi au développement d’un projet novateur, l’avion supersonique Concorde.
Janvier 1966. Un nouveau gouvernement est formé, et Marc Jacquet est de retour à Barbizon, dont il est maire depuis 1953. Il en restera maire jusqu’en 1971. « C’est le maire qui a le plus marqué l’histoire de Barbizon depuis sa création, en 1905 », souligne Gérard Taponat, l’actuel maire du village des peintres. L’héritage qu’il laisse au village est riche. « Il a acheté la mairie, il agrandit la chapelle, et il a aussi construit l’espace culturel (inauguré par le chanteur Sacha Distel, N.D.LR.) qui porte aujourd’hui son nom. Tous nos grands équipements actuels datent de son époque », développe-t-il.
Arrivée à Melun
Après toutes ces étapes, on vient le chercher pour prendre la tête d’une liste à Melun. Objectif : conquérir la ville, jusqu’alors aux mains de Jean Petit. « La situation de la ville était difficile, et on appelle Marc Jacquet au secours. À cette époque, Melun ne vivait pas si mal, mais il y avait des difficultés. Il faut bien se dire qu’il y avait encore un pont provisoire, et la Ville touchait encore des dommages de guerre », se souvient Henri Mellier.
Au long de ses douze années à la tête de la commune, il lancera plusieurs chantiers d’envergure, qui permettront à la ville de tenir son rang. Construction du pont Notre-Dame, de la toute nouvelle salle des fêtes, de la halle couverte du marché Gaillardon, création des clubs du troisième âge, travail sur le logement et les espaces verts… Cela n’est qu’une simple énumération, loin d’être exhaustive, des différentes réalisations de Marc Jacquet dans sa ville de Melun. « Il était aussi précurseur : il avait déjà des idées pour le parc Faucigny-Lucinge, et il avait, dès 1977, un adjoint à l’environnement, en la personne de Gérard Millet », reprend Henri Mellier. C’est aussi lui qui bataille pour que Melun quitte la ville nouvelle de Melun-Sénart.
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Mais il est un chantier dont il est indissociable : celui de l’hôpital. « En 1974, l’hospice était en ruine. Marc Jacquet avait fait jouer ses relations pour permettre la construction d’un nouvel hôpital à Melun. Il s’était battu pour l’avoir et l’améliorer. Il disait que tout ce qu’il souhaitait, c’est qu’il porte son nom. Ce qui a été fait », reprend Henri Mellier.
Maladie
On le savait malade depuis plusieurs mois. D’ailleurs, au cours de sa dernière campagne électorale, pour les municipales 1983, il est très affaibli. « Tout le monde savait qu’il était mourant. Il avait un cancer, ce n’était pas simple. Il avait eu le coup de génie de contacter Pierre Lespiat pour lui proposer la moitié des places sur la liste, et il l’a emporté au premier tour », se souvient Henri Mellier.
Il parvient à être réélu à la tête de la Ville de Melun, mais son état préoccupe. D’ailleurs, à la Une de l’édition du lundi 18 avril 1983, La Rép’ titre « Melun : Marc Jacquet, graves inquiétudes ». « On apprenait ces jours derniers son admission à l’hôpital Saint-Louis, à Paris », indiquaient nos confrères d’alors. On ne le savait pas encore, mais au moment où le journal était imprimé, Marc Jacquet vivait ses derniers instants. C’est ce même 18 avril 1983 qu’il rend son dernier souffle, à peine plus de 9 ans après Georges Pompidou.
Après un hommage digne des personnalités les plus éminentes à Melun (voir par ailleurs), Marc Jacquet a été inhumé, conformément à sa volonté, à Vire (Calvados). Sur sa tombe, il ne souhaite qu’une épitaphe : « Il fut ministre du général de Gaulle ».
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