, Seine-Saint-Denis. Le Journal de Saint-Denis disparaît, une page d’histoire se tourne à Saint-Denis

Seine-Saint-Denis. Le Journal de Saint-Denis disparaît, une page d’histoire se tourne à Saint-Denis

, Seine-Saint-Denis. Le Journal de Saint-Denis disparaît, une page d’histoire se tourne à Saint-Denis

C’est officiellement la fin de la parution du Journal de Saint-Denis (JSD). La dernière édition du journal local de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) paraîtra mercredi 27 janvier 2021. Une page d’histoire se tourne, avec douleur pour certains journalistes.

À lire aussi

La JSD était une institution depuis 1986 et encore plus depuis 1992 lorsqu’il est devenu un hebdomadaire distribué gratuitement dans les boîtes aux lettres des habitants de Saint-Denis.

Suppression de la subvention de 770 000 €

Mais l’annonce de la municipalité le 17 décembre 2020 en plein conseil municipal a fait l’effet d’une bombe. Le nouveau maire de Saint-Denis, Mathieu Hanotin (PS), a annoncé ne pas renouveler la subvention au JSD. Une coupe budgétaire qui signifie bel et bien la fin du journal.

Derrière le JSD, l’association Communiquer à Saint-Denis. Pour 2020, une subvention de 770 000 € était allouée par la Ville afin d’assurer le fonctionnement du journal. En mars de la même année, le JSD reconnaissait que « l’association Communiquer à Saint-Denis (…) est l’une des plus généreusement subventionnées par la Ville de Saint-Denis ».

Cette année, la convention triennale qui relie la Ville de Saint-Denis et l’association arrive à échéance. Finalement, alors que les rumeurs d’une baisse du budget couraient depuis plusieurs semaines, le maire a tout simplement décidé de ne pas la renouveler.

Vidéos : en ce moment sur Actu

« Nous avions annoncé que la subvention serait diminuée pour l’année 2021, quoiqu’il arrive. Il y a eu une accumulation. Laisser une année de plus c’était une mort à petit feu qui n’était pas possible », détaille Katy Bontinck, adjointe à la mairie de Saint-Denis.

« Le maire a profité de la crise interne »

Selon Aziz Oguz, journaliste au JSD et membre du Syndicat national des journalistes (SNJ), la crise interne que vivait le journal depuis plusieurs mois n’a pas aidé. En effet, la démission du directeur du journal Yann Lalande quelques semaines avant a rendu la situation instable. 

« Mathieu Hanotin a profité de la crise. Le délai pour trouver un nouveau directeur était très court… À ce moment là, on cherche mais on ne pense pas à la fin du journal. »

Aziz Oguz Journaliste au JSD

Selon la mairie de Saint-Denis, « tout a été fait pour tenter d’aider à résoudre la crise interne. Le maire a même activé ses réseaux. Tout a échoué, les personnes intéressées ne trouvaient pas le projet viable », confie l’adjointe.

Avant le conseil municipal au cours duquel l’annonce a eu lieu, la rédaction du JSD n’avait aucune information concernant la suppression de la subvention. « J’étais au conseil municipal, je ne pensais pas qu’ils allaient le faire. On l’a tous appris à ce moment-là », détaille Aziz Oguz.

À lire aussi

D’un point de vue éditorial, le JSD était totalement indépendant de la mairie de Saint-Denis. Le journal traitait de l’actualité locale de la commune, des initiatives, des faits-divers, des belles histoires… « Les relations étaient assainies avec la Ville mais on gênait sur le volet politique, on ne faisait pas la communication des élus. Chaque journaliste avait sa personnalité et son point de vue », affirme le journaliste.

« C’est un coup de massue »

Fin décembre, la rédaction du JSD et l’association ont réfléchi pour trouver une solution de survie au journal. Malheureusement, sans la subvention de la Ville, l’avenir du journal était compromis.

« Sans la subvention, on ne pouvait pas survivre. Il aurait fallu réduire les parutions, licencier pour ne garder que deux journalistes… Mais ce ne serait plus le même travail. C’est un coup de massue ».

Aziz Oguz Journaliste au JSD

Début janvier, la rédaction est « sciée » et l’association Communiquer à Saint-Denis demande un délai à Mathieu Hanotin. Refusé. « On savait que c’était fini. L’équipe n’a plus d’énergie. »

« Les habitants ont trouvé hallucinant que le JSD soit sous perfusion de la Ville »

« Trois semaines de plus n’allaient pas changer la donne », lâche Katy Bontinck. « On comprend que c’est une décision brutale mais à un moment il fallait dire la vérité. Les habitants demandent des comptes sur les subventions et ils ont trouvé ça hallucinant que le JSD soit à 80 % sous perfusion de la Ville ».

De son côté, la Ville veut repenser la communication en remettant au goût du jour le magazine municipal et veut lancer un projet pour d’autres formes de médias locaux (web radio, web télé…). « Nous allons renforcer notre communication institutionnelle. Il va y avoir des postes et c’est ouvert pour ceux qui le souhaitent », propose l’adjointe.

Une édition collector pour « faire le deuil »

Le JSD, distribué à 50 000 exemplaires, était devenu une institution à Saint-Denis, considéré comme « le journal des habitants ». Pour la dernière édition, qui paraîtra mercredi 27 janvier 2021, les six journalistes ont décidé de se retrousser les manches et de sortir une édition spéciale « collector » de 28 pages avec des témoignages d’habitants, de journalistes, d’élus, de responsables d’associations… 

« Nous avons reçu des centaines de témoignages. C’est un héritage, une histoire. Le maire a détruit tout cet héritage, ça va le suivre comme une marque indélébile ».

Aziz Oguz Journaliste au JSD

Pour les journalistes, ce dernier numéro est un « travail de deuil ». « On a voulu bien le faire, on était très motivé. Pour certain, c’est une partie de notre vie et on a voulu montrer dignement ce qu’il a détruit », confie-t-il amèrement.

Après ce numéro, une procédure de licenciement sera lancée. Les six journalistes seront donc au chômage et le JSD fermera ses portes. « On perd notre travail et le JSD disparaît. Je suis triste et en colère de voir ça. C’est tuer le JSD », conclut Aziz Oguz.

Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.

Source

DMJ Archives : Préservation de l’histoire locale à travers les archives web

DMJarchives.org représente une véritable institution dans le domaine de la préservation de l’histoire locale en Île-de-France, notamment à travers les archives web.

Engagement envers la préservation

Engagé dans la sauvegarde de la richesse culturelle et patrimoniale de la région IDF, DMJ Archives offre un accès inestimable à une vaste gamme de documents historiques numériques.

Grâce à son partenariat avec l’Association des Maires Franciliens, cette plateforme s’érige en gardien vigilant de la mémoire collective numérique, permettant à chacun d’explorer les trésors d’archives web de l’Île-de-France.

Exploration des archives

Organisées par territoire, les archives internet disponibles sur DMJarchives.org permettent une immersion approfondie dans l’histoire de chaque ville et commune francilienne.

De la reconstitution minutieuse des sites internet locaux à la mise à disposition de documents variés, cette plateforme offre une mine d’informations pour les chercheurs, étudiants et passionnés d’histoire.

Un lien avec le passé

En embrassant les technologies numériques, DMJ Archives transcende les barrières temporelles, offrant à tous la possibilité de se connecter avec le riche passé de l’Île-de-France.

En explorant les archives web sur DMJarchives.org, chaque visiteur est invité à devenir un acteur de la préservation de l’histoire locale, contribuant ainsi à préserver et à transmettre ce précieux héritage pour les générations futures.

Conclusion approfondie

Dans un monde en constante évolution, DMJarchives.org demeure un phare de stabilité, un témoin fidèle du passé numérique de l’Île-de-France.

En explorant cette mémoire collective numérique, nous sommes invités à nous immerger dans les récits et les souvenirs qui ont façonné notre région, à en apprendre davantage sur notre héritage commun et à mieux comprendre notre place dans l’histoire locale.

Pour découvrir plus sur l’histoire de l’Île-de-France à travers les archives web, rendez-vous sur DMJ Archives.