C’était il y a 100 ans jour pour jour. Le 23 juin 1925, le château médiéval de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) obtenait son classement aux monuments historiques. Une opération qui a permis de sauver ce vestige du XIIe siècle, d’une disparition certaine. « Nous n’en sommes pas passés loin », récapitule Martine Piechaczyk, la présidente de l’association Les amis du vieux-château de Brie-Comte-Robert, qui exploite le site depuis 1982, pour une étude scientifique. « Pendant de longues années, ses propriétaires n’ont eu de cesse de le dépouiller », reprend la présidente de l’association.
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En décrépitude
Construit vers 1160, le château qui a notamment vu passer François Ier, a fini par tomber dans l’oubli. Il ne figure pas dans le premier inventaire des monuments historiques dressé par Prosper Mérimée, dans le courant du XIXe siècle. « À l’époque, tout ce qui faisait référence à l’époque médiévale n’intéressait pas les chercheurs. Voilà pourquoi le château n’a pas bénéficié du classement plus tôt », décrypte Martine Piechaczyk. Passant de main en main au cours des siècles, il est finalement acheté en 1879 par Benoît-Michel Gillet, un banquier parisien. Ce dernier fit abattre la tour principale du château, la tour Saint-Jean, afin de construire une vaste maison. « Ses héritiers ont fait disparaître progressivement ce qui restait du château, confie la présidente de l’association. Au début des années 1920, ils ont même essayé de mettre le château en vente sur plusieurs lots. Mais cela n’a pas pris, car les potentiels propriétaires auraient eu à leur charge l’entretien et le nettoyage des douves ».

Devant ce curieux spectacle, la Ville, dirigée par le maire Paul Savary, finit par négocier le rachat du domaine à la famille Gillet. L’acte est officialisé en 1923. Redevenu patrimoine communal, l’édifice fut nettoyé, planté d’une roseraie notamment, et devint un lieu de promenade. « C’est à ce moment-là que la municipalité a demandé le classement du site au titre des Monuments historiques, poursuit Martine Piechaczyk. Il sera classé deux ans plus tard le 23 juin 1925 ».
Protégé dans les statuts, le château ne le sera pas totalement dans les faits. « La municipalité s’est servie de quelques pierres pour refaire le mur du cimetière, entre autres. C’était le tarif pour la plupart du patrimoine issu de l’époque médiévale », regrette-t-elle.
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Des chantiers de restauration
Mais ça, c’était avant l’action conduite en 1982, par le maire de l’époque, André Aubert. « Il a entrepris le curage des douves et le décaissement des lices. Un chantier archéologique a débuté dans la foulée grâce à des bénévoles », se souvient-elle. C’est comme ça que l’association Les amis du vieux-château de Brie-Comte-Robert est née.

Depuis plus de 40 ans, les bénévoles de l’association – près de 90 personnes – répertorient et restaurent les vestiges retrouvés sur site. « Nous avons initié le centre d’interprétation du patrimoine, qui a été érigé dans la cour intérieure du château. Nous avons également lancé différents chantiers de restauration », liste Martine Piechaczyk. Chaque année, il est possible de participer à des stages d’archéologie, de taille de pierre ou de maçonnerie. « On reçoit des jeunes en formation dans ces métiers, mais aussi des personnes qui n’ont aucune notion de maçonnerie. C’est vraiment ouvert à tous ». Depuis trois ans, l’association accueille d’ailleurs des stagiaires venus d’Ukraine, de la ville d’Horodok, avec laquelle la commune de Brie-Comte-Robert est jumelée.
À l’œuvre depuis plus de quarante ans, l’association rêverait de reconstituer une coursive qui permettrait de rejoindre deux tours. Cette passerelle permettrait aux visiteurs d’admirer le logis. « On aimerait aussi reconstituer la fameuse tour St-Jean, la plus haute du château. On est un peu fêlés, sourit-elle. Au moins, on ne manque pas de projets ! ».
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L’association organisera un temps fort en septembre prochain, lors des Journées du patrimoine. Ce sera l’occasion de souffler les cent bougies du classement aux monuments historiques du château.
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