
Ce n’est pas une première en Île-de-France. Le samedi 21 juin, le tribunal administratif de Melun (Seine-et-Marne) a pris une décision contre la commune de Mitry-Mory.
Comme à Antony ou à Gennevilliers, l’instance judiciaire a obligé la mairie a enlevé le drapeau palestinien qui était hissé sur le parvis de l’édifice municipal.
Le tribunal estime que le geste de laisser flotter le drapeau porte « gravement atteinte, notamment, au principe de neutralité des services publics ».
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« Ce n’est pas la première fois que nous hissons un drapeau étranger »
Dans un communiqué de presse, le tribunal administratif de Melun explique que « le préfet de Seine-et-Marne a demandé à la maire de Mitry-Mory de retirer ce drapeau mais n’a pas obtenu de réponse. Il a alors saisi le tribunal administratif ».
La maire, Charlotte Blandiot-Faride, conteste. « Ce n’est pas parce qu’on n’a pas la réponse que l’on souhaite que ce n’est pas une réponse, explique-t-elle à La Marne. Je lui ai adressé dans la journée un courrier détaillé pour justifier la décision de la ville. »
L’édile continue en précisant que « ce n’est pas la première fois que nous hissions des drapeaux étrangers. Ça arrive lors des manifestations commémoratives, quand on reçoit nos villes jumelles ou dans des moments douloureux comme lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. »
Pour le tribunal, ce drapeau hissé à la mairie, accompagné de la publication d’un communiqué de presse intitulé « L’urgence est à la reconnaissance de l’État de Palestine », sur le site de la Ville, « manifestait la revendication d’une opinion politique ». Le juge des référés estime « qu’une atteinte grave avait ainsi été portée au principe de neutralité des services publics ».
Une décision que la mairie a respecté, en retirant le drapeau du parvis. Cependant, la maire ne la comprend pas, et notamment la vitesse avec laquelle la décision a été prise. « Quand on est 20 mois après ce que toutes les organisations internationales appellent un génocide, déférer une ville devant un tribunal pour un drapeau hissé, ça me paraît ubuesque. Je me questionne sur le deux poids deux mesures et sur la mesure suspensive d’extrême urgence qui a été prise en 48 heures ».
« Le tribunal se prononcera ultérieurement, par un jugement »au fond », sur le recours distinct du préfet tendant à l’annulation de la même décision », précise l’institution judiciaire.
Un soutien de longue date
À Mitry-Mory, le soutien à cause palestinienne est quelque chose qui date. Depuis 2017, la ville est jumelée à Nahr el-Bared, camp de réfugiés palestiniens situé au Liban. De plus, Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory, est également présidente de l’Association pour le jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF).
En mai 2024, l’édile avait publié un communiqué de presse, demandant à la France de reconnaître l’État Palestinien. « Ce mardi 28 mai (2024, N.D.L.R.), l’Irlande, l’Espagne et la Norvège reconnaissent officiellement l’État de Palestine, avec Jérusalem-Est comme capitale. À quand la France ? Depuis 76 ans, les droits fondamentaux des Palestiniens sont piétinés. Les accords d’Oslo, jusqu’alors non appliqués, ont laissé, en toute impunité, les gouvernements israéliens coloniser, annexer, terroriser et institutionnaliser un régime d’apartheid et à géométrie variable à tous les Palestiniens », avait-elle notamment écrit.
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Un peu plus d’un an plus tard, la maire réitère sa demande dans son communiqué paru le 17 juin.
En effet, Emmanuel Macron avait prévu d’aborder le sujet de cette reconnaissance lors d’une conférence qui devait se tenir à New York du 17 au 20 juin. Peu avant, le président de la République a annoncé le report de celle-ci, suite aux nouvelles avancées du conflit entre Israël et l’Iran.
L’ouverture d’un nouveau front par Israël ne doit pas empêcher la reconnaissance de l’État de Palestine.
Une décision que ne soutient pas la mairie de Mitry-Mory. « Ce report constitue en lui-même un symbole fort : celui de la négation de l’urgence à prendre des mesures strictes, franches et assumées afin de construire une paix durable au Proche-Orient. L’ouverture d’un nouveau front par Israël ne doit pas empêcher la reconnaissance de l’État de Palestine. N’attendons pas qu’il y ait la paix pour reconnaître, car reconnaître contribuera à la paix. »
C’est dans ce cadre que la maire a décidé de hisser le drapeau palestinien devant la mairie. « La France doit être au rendez-vous. Le droit international doit être appliqué et Benyamin Netanyahou arrêté. Nous exigeons la tenue de cette conférence au plus vite. Il en joue de la survie d’un peuple et de son territoire. Il relève du devoir de la Communauté internationale de fermement s’opposer à la politique génocidaire menée par le gouvernement d’extrême droite israélien et de garantir le droit à la vie des Palestiniens. »
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